LES VREGENS

Laurent Alexandre, dans l’air du temps macronesque

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Dans un de mes récents billets, je vous avais donné le lien sur cet article du site prototypekblog, qui au passage, contient une multitude de textes tous plus intéressants les uns que les autres.

Dans celui-là, l’auteur parle d’un gars devenu depuis peu une véritable vedette au sein de notre monde macronisé. On va dire qu’il correspond pile-poil à la société que Macron et sa clique (les ceusses qui se tapent des pignoles sur le poster de Xavier Niel © Lordon, et ça m’avait bien fait rire) veulent voir advenir dans l’ancien pays des droits de l’homme et tout ça.

C’est Laurent Alexandre.

Il est énarque, a « fait HEC », est membre du Siècle, il est aussi chirurgien, il est aussi (fut)urologue. Accessoirement (rires) il est aussi copain d’Alain Madelin, fondateur du site Doctissimo (dont on connaît le sérieux, haha) et patron de presse. Outch. Un vrai ouineur. C’est simple, ce type ne dort jamais (ce qui pourrait expliquer sa psychologie, du reste) ou alors …

Et en plus, il donne des conférences (oeuf corse) à l’université d’été du Medef.

Ben voilà, on avait déjà un type qui se prend pour Jupiter, ou Macron 1er, ou Emmanuel Badinguet, eh ben on a aussi la Pythie de Delphes et Madame Soleil réunies…

Car voici les « prévisions » de M. Alexandre :

En 2050, les gens avec moins de 150 de QI ne serviront à rien.

On ne sauvera pas la démocratie si nous ne réduisons pas les écarts de QI. Des gens augmentés disposant de 180 de QI ne demanderont pas plus mon avis qu’il ne me viendrait à l’idée de donner le droit de vote aux chimpanzés.

Pour lui, les classes populaires sont dépassées par la technologie qui galope.

Il faut donc (entre autres) « moderniser » l’école. Genre mettre des tableaux blancs et des feutres Veleda (ça fait travailler l’industrie) plutôt que des tableaux noirs et des craies (ringards) comme je le racontais l’autre jour.

Sans doute pour faire plaisir (ben oui, encore!) au Merdef …

… qui a oublié de préciser que peut-être si les actionnaires et les patrons s’en mettaient un peu moins dans les fouilles, du taf, il y en aurait, et pas seulement des miettes, genre les « contrats aidés ».

Du coup, Le comptoir a sorti un article génialissime hier matin : Laurent Alexandre, prophète du QI artificiel

Extrait :

Ainsi, quand on lit, par exemple, que le QI moyen des Français est de 98, que celui de la plupart des pays d’Afrique est de 70, et que celui de la Chine est de 105, c’est entièrement faux. N’y voir aucun préjugé racial ! Pour que de tels résultats soient valides, il faudrait placer un échantillon de toute la population mondiale dans un seul lot, un seul “secteur”, lui faire disposer des mêmes éléments culturels, des mêmes conditions de passation du test, et d’une garantie très forte de bonne lecture des résultats. C’est rigoureusement impossible. Ce que révèle l’édification du QI en mesure de l’intelligence ou encore en point de comparaison entre sociétés ou civilisations, c’est surtout une position idéologique très forte. Ce qu’on promeut à travers ce genre de démarche, c’est la correspondance accrue à un certain système de valeurs, à un environnement particulier qui valorise ce genre d’intelligence pour de bonnes ou de mauvaises raisons et avec de bons ou de mauvais effets. Rien ne dit que ces systèmes sont plus “intelligents” que les autres, plus humains, plus sains. L’histoire du QI ne dit pas autre chose : cette mesure a servi à justifier toutes les inégalités sociales, voire à produire des politiques publiques discriminantes.

Et tout est là. Si vous êtes dans la merde, c’est pas la faute à la rapacité de certains, bref à l’injustice capitaliste, c’est simplement parce que vous êtes décidément (biologiquement et culturellement) trop cons. Des inférieurs.

Le dénommé Alexandre a été « un soutien à Emmanuel Macron ».

Perso, je préfère les prédictions de Lordon :

On ne tient pas éternellement une société avec BFMTV, de la flicaille et du Lexomil.

Ou celle-là :

A nous s’ouvre, cet automne, la possibilité de construire de 12 du mois en 12 du mois, avec l’ensemble des composantes en présence, le rythme de notre propre surgissement, l’accroissement de notre nombre, de notre consistance et de notre raffinement stratégique. 

Décrocher de l’agenda gouvernemental, c’est aussi laisser derrière nous une certaine conception instrumentale de la manifestation – celle qui veut que la manifestation serve à peser sur on ne sait quelle négociation entre bureaucrates, et qui la condamne, aussi déflagrant que soit son déroulé, à n’être jamais qu’une force d’appoint aux manœuvres de la gauche. C’est donc envisager la manifestation comme fin à elle-même, comme expression libre, affirmative de l’existence d’un parti autonome, destituant, ingouvernable. C’est faire appel non plus à l’affect passif d’espoir – d’espoir, par exemple, que le gouvernement revienne sur ses pas -, mais à celui, actif, de vengeance. « Vous passez vos ordonnances. Vous faites fi de tous ceux qui n’en veulent pas. Vous suivez indifféremment, brutalement, votre agenda. Très bien. Faites, faites ! Mais vous allez payer, et vous allez payer cher. Vous ne faites que commencer de voir ce dont nous sommes capables. Et ne comptez pas sur nous pour vous pardonner. Nous vous ferons tomber, et c’est notre monde, alors, qui surgira, un monde fait d’innombrables mondes. » La vengeance est le plus sûr antidote contre le ressentiment.

Les 12, une proposition de décrochage stratégique.

Ou encore celle-là, signée Patrick Condé :

Ce qui n’est pas arrivé depuis longtemps dans ce pays, ce par quoi une chance révolutionnaire est à saisir, persévère et augmente sa puissance d’agir, soit d’interrompre le continuum machinique de l’hégémonie dominante des tueurs distingués.

Le temps retrouvé

Du coup, tiens, ça me rappelle les livres du Comité invisible, si longtemps décriés par « la vraie gauche »…

Oui, l’insurrection viendra. Demain ou maintenant peut-être, et avec nos amis.

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Une Réponse

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  1. Tester du sérieux de la mesure de l’intelligence ou QI, c’est simple. Vous parachutez un super « doué » comme le zozo sus décrit dans la forêt congolaise où habitent les derniers pygmées et vous revenez le récupérer, deux semaines plus tard.
    Réciproquement, vous arrachez un bushman ou un pygmée à son milieu naturel et vous le débarquez à Charles De Gaulle.
    Imaginez les résultats et je vous laisse conclure.

    Max Angel

    23 septembre 2017 at 12 h 15 min


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