LES VREGENS

Le « féminisme » des politiques, y’a vraiment de quoi rire…

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Depuis une dizaine de jours, après « l’affaire » Harvey Machin, on ne cause plus que de harcèlement sexuel dans les médias. Droite et gauche, journalistes, rézosocios, tout le monde s’y met. Alors, y’a pas de raison, je donne mon sentiment, « mitou ». Même si je ne suis probablement pas dans l’air du temps.

Ben oui. Y’a pas que dans les cités pourraves ou chez les muslims que des saloperies ont lieu à l’encontre des femmes. Sauf que chez les pauvres, on appelle ça « harcèlement », et chez les autres « dérapages ».

Tiens, hier soir, reportage sur le jité de la 2 (ou de la 3, je sais plus, mais c’est les mêmes) un sujet sur ce thème, aux Etats-Unis (notre modèle à tous) : là-bas, pas question de mettre la main sur l’épaule de son voisin, des fois qu’il le prenne mal. Pas de bises entre copains, ni rien … Moi qui aime « toucher » les gens (les restes de Marseille, sûrement) et faire des câlins purement affectueux et amicaux (faut que je précise, vu l’ambiance) même à des personnes de sexe opposé, je serais mal vue là bas.

Les nanas qui racontent que « la distance réglementaire » entre les gens, c’est (minimum) soixante centimètres, que les réunions, c’est toujours très nombreux, et jamais entre un mec et une nana tous seuls … Pas question de monter seule dans un ascenseur avec un potentiel … quoi ? 

Et sinon, les gens, ils font comment pour simplement se rencontrer, se parler, se toucher, voire, ô miracle, se plaire, et ô, horreur, peut-être s’aimer ? Ben apparemment, ils font pas. Ne me regarde pas, ne me parle pas, ne me touche pas. Joli monde que celui-là, où tout le monde a peur de l’autre, et par principe.

Bon, surtout, ce qui m’agace profondément dans cette tempête médiatique, c’est :

l’impression que tout ce beau monde découvre l’Amérique :

1) comme si les mains baladeuses, les blagues lourdingues, les viols, voire les meurtres n’existaient pas avant, de la part de ces messieurs, quand ils sont assurés de l’impunité.

2) comme si les DSK, Balkany et autres n’avaient pas sévi pendant des années dans l’impunité la plus totale, et avec la complicité de leurs petits copains (et copines, je pense à la mère de Tristane Banon, par exemple, qui a carrément vendu sa fille)

la vulgarité des « balance ton porc » et autres hachetagues débiles :

1) car non, mon harceleur éventuel n’est pas « mon » porc, ce n’est d’ailleurs même pas un porc, c’est bien pire, c’est juste un type qui abuse de son pouvoir.

2) car non, je ne dirais pas « mitou », mais « moi aussi ». D’abord.

Oui, moi aussi, ça m’est arrivé. Souvent. J’ai collé quelques baffes. Au propre et au figuré (j’ai pas la langue dans ma poche, comme vous le savez). J’ai même échappé au viol, en balançant un méga coup de genou dans les roubignolles du Monsieur, et en prévenant sa femme dans la foulée…

parce qu’on mélange tout, parce que qu’y a t-il de commun entre :

1) la drague lourdingue, genre « vous avez de beaux yeux, Mademoiselleu » (ben ouais, j’ai vécu à Marseille quand j’étais jeune),

2) le pauvre minable qui exhibe son petit machin quand on passe (« range-là, mon pôvre, elle est ridicule, elle est comme un pénis, mais en plus petit », comme disait l’autre),

3) les mains aux fesses dans les « transports en commun » (dans tous les sens du terme, ou presque)

4) le harcèlement (voire pire) au boulot par un petit chef (ou un grand) qui se croit tout permis ?

Rien. Dans les trois premiers cas c’est la frustration de pauvres types qui s’exprime, dans le quatrième, c’est la loi de la jungle : je suis le plus fort, j’ai tous les droits, et je les prends.

l’hypocrisie de nos « représentants », qui causent à tort et à travers du harcèlement « de rue » (et devinez qui sont les principaux visés ?) et pas de harcèlement tout court et d’abus de pouvoir (les mêmes qui sifflent Cécile Duflot, qui a eu le tort de venir en robe à l’assemblée) :

Comment entendent-ils « lutter pour l’égalité hommes femmes », quand, sans même parler des tâches ménagères toujours majoritairement exercées par nous :

1) les femmes continuent d’être moins payées que les hommes : elles sont payées 25 à 30 % de moins que des hommes. Pour les diplômées de Sciences-Po c’est même … 28 % de moins. Voilà pour les femmes qui entrent en politique, ou les journalistes.

2) ce sont les femmes qui travaillent le plus fréquemment à temps partiel, et qui occupent les boulots les moins valorisants : femme de ménage, aide soignante, assistante à domicile, etc.

3) les femmes partent un an plus tard à la retraite, et avec 42 % de revenu en moins.

4) elles ne sont que 26 % à l’assemblée nationale…

5) il n’y a plus de ministère dédié aux droits des femmes, mais seulement un secrétariat d’état, dont le budget (le plus minable du gouvernement) vient d’ailleurs d’être amputé de 8 millions d’euros.

Comment entendent-ils « lutter contre le harcèlement », quand dans les entreprises (grâce à la « loi travaille ! » (et ferme ta gueule) » qu’ils viennent allègrement de voter :

1) le droit d’expertise consacré à l’égalité entre les femmes et les hommes (jusque là financé seulement par l’employeur) sera cofinancé par les comités d’entreprise, dont les budgets sont limités (je vous laisse deviner si l’égalité hommes-femmes sera leur priorité)

2) les employeurs ne seront plus sanctionnés en cas de non-respect de la loi Roudy, qui impose une négociation annuelle (cette négociation aura lieu désormais tous les quatre ans), et oblige l’entreprise à fournir des données aux salariés sur les inégalités professionnelles entre les femmes et les hommes.

3) les CHSCT sont supprimés, alors que la lutte contre le harcèlement était justement l’une de leurs missions

4) les licenciements sont facilités, et les indemnités prud’homales plafonnées. Or, selon le Défenseur des droits, 40 % des affaires de harcèlement se terminent mal pour la victime : blocage dans sa carrière, non-renouvellement de son contrat, voire licenciement.

5) le courrier de l’employeur décrivant en détail les motifs de licenciement est remplacé par un simple formulaire Cerfa, très simplifié, où l’employeur pourra énoncer des motifs très peu précis qu’il pourra préciser ou modifier ensuite. On pourra virer plus facilement les encombrantes victimes, mais aussi les témoins. 

Et circulez, y’a rien à voir, et continuons à blablater pour ne rien dire, histoire d’occuper le terrain médiatique, pour éviter de parler de ce qui fâche, vraiment.

l’hypocrisie du capitalisme

(un exemple, tiens, Madame Badinter, patronne de Publicis, autoproclamée « féministe ») :

celui qui placarde le corps des femmes sur les murs, pour vendre de la frusque et des produits de beauté, voire des bagnoles ou des ordinateurs. Soyez féminines, Mesdames, donnez nous envie … d’acheter. De consommer. Vous n’êtes qu’une marchandise comme une autre après tout.

Parce que le capitalisme, dont le but ultime est de faire du fric sur à peu près tout, c’est aussi la guerre de tous contre tous, et donc aussi la guerre des femmes contre les hommes (et lycée de Versailles), c’est l’application de la loi du plus fort : tu veux bosser, ma chère, sois féminine, et fais tout ce que te dit le chef …Exactement comme ton homme, qui s’il veut garder son boulot, se tait. La vraie dégueulasserie, elle est là.

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Written by Gavroche

22 octobre 2017 à 10 h 38 min

4 Réponses

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  1. Excellente approche du problème et remise à l’heure des pendules.
    C’est le grand défoulement. J’oserais dire, enfin !, mais je crains que ce ne soit qu’une « mode » qui ne va guère durer. Comme tout ce qui fait buzz dans ce « capitalisme de la séduction et du désir » qu’illustre parfaitement la publicité que tu as su si bien remettre à sa place avec Babette Badinter.
    Ne pas oublier que feue Mme Bettencourt a été la femme la plus riche de France avec sa société l’Oréal, cosmétiques en tous genres pour que les femmes soient désirables…
    Quant à la « fashion » comme on cause aujourd’hui, quel est son but ? Sa raison d’être.
    Personnellement, tout mâle que je suis, aimant aussi de temps à autre le cochon, et faisant partager ce goût à celle que j’aime et à celles que j’ai connues jadis et fait jouir, eh oui ! c’est cela aussi avoir du « savoir vivre ». C’est aimer que les corps exultent, ce qui nécessite une approche, des invitations, un partage, des manières.

    Rien à voir avec les profiteurs-violeurs, ces mecs qui ne sont que des prédateurs parce que détenteurs de pouvoirs sur les autres. Des salopards qui ne sont pas des hommes selon A. Camus « puisqu’ils ne savent pas se retenir ».
    L’hypocrisie se porte bien, avec col fermé, et distance de sécurité règlementaire.
    Mais ne sombrons pas dans la haine de l’autre, aimons-nous en nous respectant. La délicatesse, la courtoisie, et de temps à autre la gauloiserie constituent la francité et c’est valable pour les deux sexes.

    Max Angel

    22 octobre 2017 at 16 h 29 min

  2. Petite précisions mineures. Depuis 2017, il n’y a effectivement plus de ministère des Droits des femmes, remplacé par un secrétariat d’État et, ironiquement, avec une appellation un peu différente puisqu’il est «en charge de l’Égalité entre les femmes et les hommes». Exit les droits, welcome les hommes.

    Néanmoins, si ce déclassement s’est accompagné la même année d’une baisse de 25% de son budget, passant de 29,4 à quelques 20 millions, celui-ci devrait a minima retrouver son niveau antérieur dans le projet de budget 2018, à savoir 29,8 millions.

    gemp

    22 octobre 2017 at 17 h 51 min

  3. Coucou,

    je vais tendre le bâton pour me faire battre, (je vais éviter de dire « oui j’ai été méchant et je mérite une punition maîtresse », sinon je vais avoir le droit à un #lachetonporc) mais une étude insee semble montrer que la différence inexpliquée (que l’on peut attribuer à ce qu’on veut, donc paff directe à la discrimination, parce que les ovnis ça faisait pas crédible) est d’un peu moins de 7%.

    https://www.insee.fr/fr/statistiques/2128979

    D’ailleurs dans les conventions collectives et les échelles d’indices des fonctionnaires, il n’y a pas une colonne femme et une colonne homme. Il y a alors tout plein de critères qui peut expliquer la différence. L’un deux est peut être la moindre compétence à négocier un salaire. Il y a forcément des cons (statistiquement le contraire est impossible) qui paient moins les femmes parce que ce sont des femmes, mais je ne pense pas que ce soit une majorité qui permettrait d’expliquer une différence au niveau national. Mais je puis me tromper. J’ai un peu plus de 50 balais et dans aucune entreprise que j’ai fréquentée ou que ma conjointe a fréquentée (l’actuelle ou l’ancienne) nous n’avons été confronté à une situation pareille.

    Ce qui me chiffonne dans ce ‘combat’ c’est que l’on passe à coté de la chose la plus importante : Qui a décidé que les femmes _voulaient_ faire la même chose que les hommes ? Qui a décidé qu’elle _voulaient_ avoir la même vie de merde que leur compagnon (ou pas) masculin (ou pas) ? Je sais bien que le grand combat du féminisme c’est l’égalité (et pas l’équité) et que plein de mes amies sont dégoûtées que le congé parental soit réduits pour ‘forcer’ les hommes à le prendre. C’est une perte sèche pour celles qui voulaient le prendre le plus longtemps possible parce que la répartition des tâches du couple a été décidée pour que la femme soit la figure d’attachement du bébé, ce qui implique d’être présent(e). Attention, je ne dis pas qu’il faut cantonner la femme dans ce rôle, je ne dis pas que la femme qui ne veut pas n’est pas une femme, mais j’ai du mal à entendre (et admettre) que celle qui le veulent n’expriment pas un instinct maternel mais sont ’embrigadées’ par une société patriarcale sexiste et misogyne et que c’est le résultat d’une impression sociale et pas de leur volonté. Comme si l’impression sociale était réservée à la femme et que l’homme lui était celui qui décidait et qu’il était libre de ces choix. Comme si la femme était plus idiote que l’homme et se faisait imposer plus de truc que les hommes.

    Je sais qu’un combat qui devrait être mené c’est que la personne qui a choisi d’élever ses enfants (et donc n’a pas une carrière identique et n’a pas une autonomie financière) puisse, si elle désire, se séparer de son (ou sa) conjointe parce que c’est une(e) abrutis fini(e), être soutenu financièrement et ne soit pas obligé de rester juste parce qu’elle n’a pas les moyens financier de le(la) quitter. Mais malheureusement, je ne vois pas l’ombre d’un début de revendication dans ce sens. D’ailleurs l’allocation parent isolé a disparu, mangée par le rsa, alors que l’allocation était distribuée pour l’état d’être parent isolè tandis que le rsa implique la recherche d’un travail, ce qui n’est pas du tout la même chose. Vous avez entendu les féministes gueuler ? non pas du tout. concentrons nous sur les 6% de différence de salaire (donc des femmes ayant une autonomie) et laissons de coté celles qui sont coincées dans des situations de merde).

    je pourrais en disserter pendant des heures. Attention, je ne dis pas que le ‘combat’ est inutile ou débile, je dis que bizarrement les combats (qui sont médiatisés et qui avancent) n’apportent pas grand chose aux femmes…

    j’ai adoré les 3 vidéos de Yourcenar sur les femmes et le féminisme.

    herve_02

    25 octobre 2017 at 21 h 52 min

  4. […] (A lire ici : Mademoiselle vous dit merde ) et à celui, plus récent, sur le « harcèlement » (ici : le féminisme des politiques, y’a vraiment de quoi rire).  Même ceux que j’aime s’y sont mis (et je mets dans la liste un certain nombre de femmes, […]


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