LES VREGENS

On nous prend pour des boeufs

with 4 comments

Je réagis au commentaire de l’ami Max sur mon billet d’hier :

Amusant ! Ah ! Johnny !
Pas un cumulard. Il a dépensé ces derniers temps 400 à 500 000€ par mois. Il y en a qui l’ont bien trait et ils doivent se trouver fort marri de sa disparition. Un type qui flambait autant n’était pas si mauvais que cela même si, personnellement, je l’ai subi à la radio plus que je l’ai apprécié n’ayant pas un seul de ses enregistrements.
Mais, peut-être, qu’il faut savoir en rabattre. Il nous apparaît comme le type même du chanteur populaire.
Cela devrait nous inciter à mieux comprendre le peuple, non ?

Parce qu’il m’a « interpellé au niveau du vécu », comme disait l’autre.

Johnny donc, « flambait » 500 000 euros par mois. Soit à peu près 4 fois la valeur de ma maison. Et 34 ans de SMIC.

Et sur le second point : Johnny était-il un « chanteur populaire » ? En tous cas, son pognon, c’était « pour sa gueule » et pas pour celle du populo. Quoi, payer des impôts pour le bien public ? Mais ça va pas ?

Pourquoi Johnny a t-il délaissé la Suisse pour la Californie ?

Alors sans doute, n’était-il pas « si mauvais que cela »… Mais quand même.

Du coup, ça m’a fait penser à la construction médiatique du dénommé Macron. Qui si on réfléchit un peu, n’est rien d’autre qu’un pantin qui répète les leçons apprises à l’école libérale. Un larbin de haut vol (enfin presque, parce qu’à la réflexion, bof…). Ou comment construire « l’image » de ce qu’on veut vendre. Que ce soit un président ou un chanteur de variétés. Ou un journal.

Et ça m’a fait penser aussi à ce doc très intéressant que j’ai regardé sur Arte l’autre soir, « Pif, l’envers du gadget ».

Ou comment vendre son âme pour une poignée de dollars… Devenir un journal commercial avec Michael Jackson dedans (ou Dorothée) plutôt que Rahan (le fils des âges farouches) ou Dr Justice. Un journal commercial, plutôt qu’un journal porteur de valeurs. Un journal « rentable ». Vendre plus.

Citations : « Dans une société capitaliste, sans stratégie de marketing, on a du mal à faire passer ses idées. Il faut intégrer les modes de vente, pour qu’il y ait de plus en plus de gens susceptibles d’acheter… »

« Il faut produire des magazines, non pas en fonction de nos idées, mais en fonction de ce que les enfants attendent » .

Dans ce doc, il y a une scène très intéressante, un extrait du film Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil (1972), où toute la rédac est réunie, applaudissant à ces nouvelles méthodes, seul un des personnages (interprété par Jean Yanne) s’écrie :  « Vous m’écœurez ».

« Un maximum d’auditeurs, peut-être, mais pour les désintoxiquer, pas pour les abrutir » … et sort en claquant la porte.

Tous les anciens de Pif sont d’ailleurs partis. Laissant la place aux nouveaux « winners ».

Et j’ai la nostalgie de ce qu’était la télé dans mon jeune temps : certes, il y avait Guy Lux et ses jeux et variétés à la con, mais il y avait aussi Présence du passé, Jacquou le croquant, La vie des animaux, Apostrophes, La caméra explore le temps … Et la pièce de théâtre Les Perses d’Eschyle, diffusée à 20 h 30.

Aujourd’hui, tout le mépris du peuple est là : on lui sert « ce qu’il attend ». Ou plutôt ce que les patrons de presse imaginent : du temps de cerveau disponible.

En clair, le « peuple » est-il forcément condamné à consommer un brouet, une soupe sans aucun goût ? N’a t-il pas droit, tout comme « les élites » au meilleur ? Quand va t’on arrêter de croire que seul le niveau zéro de la « culture » (regardez les pages culture de France Info, c’est édifiant) a droit à l’appellation « populaire » ?

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4 Réponses

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  1. Vu le doc sur Pif, je me suis régalé. Bises à toi.

    alainbu

    15 janvier 2018 at 11 h 03 min

  2. Lorsque j’étais petit, en vacances chez mes grands parents, l’été, j’avais la chance d’avoir toute les semaines mon pif gadget. C’était toujours un plaisir : des pois sauteurs (qui sautaient pas tellement) aux lunettes d’espion pour voir sur le coté grâce à des miroirs, c’était toujours un peu de rêve. pif et hercule, rahan…

    Et puis j’ai grandi et il a disparu. Un jour il y a quelques années, j’ai revu en librairie un pif gadget. Par nostalgie je l’ai acheté. quelle déception : le gadget était un pliage en pvc pouvant servir de socle à un téléphone portable, les bd étaient devenues chiantes (ce n’est pas forcément parce que j’ai grandi, car je lis encore à l’occasion les vieux, ceux que j’ai conservé). L’esprit était mort, bienvenu au débloks débiles et à la fée caca. Ce fut le dernier. Pif est mort.

    Oui le monde change et pas dans le bon sens car il y a un tendance lourde (pas une conspiration) à ce que les élites occultent les réflexions et construisent un monde ou le consommateur ne peut pas réfléchir. Même l’art est affecté. Il suffit de regarder sur u tub les conférence de lepage. il y a même un ‘extrait’ consacré à l’art moderne, il explique parfaitement.

    Enfin sur le commercial : c’est le nerf de la guerre. Dans une consommation de masse, de produits jetables ou tout va très vite, il faut avoir éduquer le cerveau pour acheter les ‘bons’ produits, qui suivent la mode qui est fabriqué par les fabricants.

    herve_02

    15 janvier 2018 at 12 h 30 min

  3. il est temps de lire plus d’articles comme celui-là …ça nous change du « ron-ron » bien pensant, médiocre et envahissant généralisé.
    J’ajouterai que « Les Perses » n’était pas la diffusion retransmise d’un théâtre de boulevard quelconque, type « Au théâtre ce soir », peu audacieux dans le choix des pièces, c’était une création très innovante à l’époque, avec le son en FM stéréo (une première) simultané sur RadioFrance, Voulue par Albert Ollivier directeur de la RTF et ancien grand résistant, cette adaptation par Jean Prat montre bien l’ambition portée par ces pionniers de la télévision. Jean Prat qui, désespéré par le fait de n’avoir plus de travail, se suicida dans les premières années de la « gauche » au pouvoir …
    https://player.ina.fr/player/embed/CAB91018392/1/1b0bd203fbcd702f9bc9b10ac3d0fc21/460/259/1

    randal

    15 janvier 2018 at 12 h 58 min

  4. ..et Zorro ?! il passe à la tv ! (encore & tjs ! le dimanche soir)
    Assurément plus Californien que Suisse !

    – tchick-tchack-tchick ! ..son nom il le signe à la pointe de l’épée, ..renard rusé qui fait sa loi, ..vainqueur, tu l’es à chaque fois, …zorro Zorro ZORRO !!

    ti suisse

    15 janvier 2018 at 21 h 58 min


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