LES VREGENS

Gauchistes !

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Je me souviens de 1968. J’étais petite, je suis entrée en sixième en septembre, au Lycée Nord, à Marseille. Celui de Gabrielle Russier …

Ma mère (ben oui, les chiens font pas des chats) était une militante communiste à l’époque. C’est à ce moment là qu’elle en est partie (exclue, si je me souviens bien) pour cause de fréquentation trop assidue de ce que les communistes de l’époque appelaient « les gauchistes ».

Je me souviens aussi des réunions à la maison avec plein de ces « jeunes » (ils l’étaient tous) des discussions autour d’un café, qui se finissaient tard dans la nuit. Dans notre HLM de la banlieue Nord.

Je me souviens du « Comité Vietnam », organisé par ma mère, et du stand au milieu de la cité.Seule, avec l’appui des gauchistes, justement. Et en total désaccord avec « le Parti », qui avait d’autres priorités que la guerre du Vietnam. Il fallait suivre « la ligne ».

C’est l’article de Ludivine Bantigny dans le dernier numéro de Siné Mensuel qui a fait remonter ces souvenirs.

Basé sur son livre, qui vient de sortir au Seuil :

 

l’article a pour titre « Quelques pavés sur les idées reçues à propos de mai 68 » :

Quelques pavés :

« Mai 68 » ne commence pas à Paris :

« Mai 68 » n’est pas un simple mouvement étudiant :

On a occulté pendant des années, la grève générale, le mouvement social, les occupations d’usines, de bureaux, de magasins, de ports, de gares, de lycées, d’universités…

« Mai 68 » a fait des morts :

Par exemple, le 12 juin, Pierre Beylot et Henri Blanchet, deux ouvriers de Peugeot Sochaux, meurent lors des affrontements avec les CRS, dont l’un d’une balle dans la tête. Que fait la CGT, elle appelle à un débrayage d’une heure…

Il s’agit de préparer les élections, et de les gagner. Il ne faut pas que la grève reparte.

La CGT et le PC ont eu un rôle ambigu :

Car la ligne du parti communiste, c’était la voie française au socialisme. Et ça ne sera pas une révolution, ce ne sera pas Pékin ou La Havane, mais la voie française. Le programme commun de la gauche, déjà.

Il faut dire que lors des élections législatives de 67, la gauche a failli l’emporter.

Et du coup, tout ce qui peut troubler cette stratégie est dangereux.

Quant aux « gauchistes » (c’est le vocable qui revient tout le temps, dit Ludivine Bantigny, et c’est vrai) sont soit naïfs, soit romantiques, soit manipulés, voire pire.

Certains dirigeants du PC laissent entendre qu’ils seraient, pour certains, des flics, en tous cas qu’ils feraient le jeu du pouvoir en voulant créer une situation de guerre civile. La direction de la CGT, elle, met en avant des revendications matérielles, notamment des augmentations de salaire. Au-delà, le reste n’est que littérature.

Georges Séguy, qui dirigeait alors la CGT, déclare dans ses mémoires que De Gaulle lui avait expliqué : au fond, on a au moins un intérêt en commun, faire cesser cette grève, et ensuite, on verra qui remporte les élections.

Cruellement d’actualité… Car en lisant ce texte, je me dis que rien n’a changé.

Les directions syndicales réclament toujours « du pouvoir d’achat ». Les dirigeants politiques préparent toujours les élections.

Les « gauchistes », eux, rêvent d’un autre monde. Et même, parfois, ils commencent à le construire.

Ludivine Bantigny parle de son livre :

Nota : Les citations de l’article de Siné Mensuel sont en italique.

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Une Réponse

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  1. M’en vais l’acheter !
    J’avais tout juste 20 ans. Je venais d’entrer à la fac de Nanterre, en socio… parce que c’était « tronc commun » les deux premières années philo/psycho/socio – et que ma mère s’était dit que ça me ferai un p’tit choix…
    C’était loin la fac de notre HLM de Poissy, obtenu parce que ma mère bossait chez Simca… « comptométrice » (ça n’existe plus !) – elle avait commencé à la chaîne, à 14 ans… elle voulait que je soit instit (jusqu’ici dans la famille, il y avait juste eu une Demoiselle des Postes, instit, c’était bien…) Mais je voulais goûter aux zétudes ! ah, j’ai pas été déçue, me suis installée à Paris dès les premiers jours de mai… proche des anars déjà…
    J’ai découvert la vie, pendant ces deux mois.
    Grosse déprime après… Les chars dans Prague, les élections… et puis, pas trop de sous pour continuer la fac, et plus envie !
    Je suis devenue instit. Eh oui !

    lilivanille

    6 mai 2018 at 19 h 10 min


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