LES VREGENS

Une histoire vraie

with one comment

Je vous l’ai sûrement déjà dit, ici, dans la France profonde et campagnarde, les « auto-entrepreneurs » sont légion.

Car comment faire pour gagner sa croûte autrement, quand du boulot salarié, il n’y en a pas, ou si peu ?

Comment faire dans le coin, quand de grosses boites comme Ford (gentiment bénéficiaires de « subventions publiques » (vos sous, bande de nazes) et dont les bénéfices sont en hausse (141 milliards de dollars en 2016) vire d’un seul coup d’un seul 900 personnes ?

Alors, voilà.

C’est l’histoire d’un jeune gars qui aujourd’hui me livre les colis de bouffe pour mes chats et pour la chienne. Comme ses collègues, il bosse comme un dingue, de plus en plus pour de moins en moins.

Avant ça, il y a pas longtemps, il était « auto-entrepreneur ». Dans le bâtiment.

Et avec son père, lui aussi « auto-entrepreneur », il se partageaient parfois le boulot (et l’outillage) sur certains chantiers importants. Il payait ses impôts et autres taxes normalement, et de son coté, son père payait les siennes.

La seule taxe à laquelle l’un et l’autre pouvaient échapper (et le client aussi, du reste) c’était la fameuse TVA, qui, vous l’ignorez peut-être, n’est pas applicable aux auto-entrepreneurs.

Sauf que.

1 ) Même s’il n’est pas interdit de « s’associer » quand on est auto-entrepreneur, il existe quand même des règles, évidemment. Certes un peu absconses, mais quand même. Le régime d’auto-entrepreneur avait paraît-il pour but de « simplifier » le bouzin, réduire la paperasse, permettre aux « petits » de se consacrer à un vrai travail, et pas à la gestion, la réalité est quelque peu différente, et comme tout le monde n’a pas un avocat fiscaliste dans ses relations, capable de nager dans ce pataquesse fiscalo-administratif sans s’y noyer …

2) Et puis, les artisans avaient d’ailleurs râlé dès le début contre cette « concurrence déloyale ».

Les grands groupes n’étaient pas en reste, même s’ils employaient et emploient toujours allègrement les mêmes auto-entrepreneurs dans toutes sortes de sous-traitances, ce qui leur permet de se débarrasser à bon compte de leurs « charges sociales ». Y’a pas de petits profits.

Certains ministricules non plus :

« Ce régime a conduit à créer dans certains secteurs une concurrence déloyale avec les professionnels, qui sont soumis à des règles sociales et fiscales et des normes différentes. » (Sylvia Pinel, ministre « socialiste » en 2012)

C’est cette brave dame qui fin 2012, avait décrété un rehaussement des cotisations sociales pour les auto-entrepreneurs , puis début 2013, entrepris une nouvelle réforme visant à limiter à deux années d’activité le statut d’auto-entrepreneur, ainsi qu’à en abaisser le plafond (ces mesures privant de fait des éventuels avantages que pouvait présenter le statut d’auto-entrepreneur) et de sanctionner lourdement ceux qui n’avaient pas réussi à atteindre un objectif satisfaisant pour muter en régime classique …

Salauds de loosers. Déjà, les « riens » se profilaient à l’horizon « socialiste ».

Bref, le gouvernement était un peu emmerdé.

D’un coté il souhaitait se débarrasser d’un certain contingent de chômeurs (ça faisait tache dans le bilan du gouvernement « socialiste »), tous devenus par miracle des « auto-entrepreneurs .

Et de l’autre, se passer de la TVA juste pour « favoriser » quelques pauvres, hein, c’était pas le but non plus. Il fallait bien trouver le pognon quelque part, pour payer les pactes de stabilité et autres CICE, bref, les petits cadeaux aux grosses entreprises, censés « créer de l’emploi » (rires).

Et en vertu du vieux proverbe :

ça y est, le fisc a trouvé la parade : c’est l’existence, volontaire ou non, d’une « société de fait ». Ah bon, vous savez pas ce que c’est ? Rassurez-vous, moi non plus (et mon jeune ami et son père encore moins) jusqu’à ce que je cherche sur le ouèbe.

Et donc, pour s’être « associés », même seulement pour quelques chantiers, nos deux compères, ces « abominables fraudeurs », ont été contraints de payer la TVA en retard …

Alors évidemment, comment ne pas penser à ces généreuses subventions publiques aux grosses boites (avec votre pognon, bande de nazes) qui non seulement ne créent pas le moindre job, mais jettent les gens à la moindre occasion d’aller gagner plus ailleurs pour nos amis les actionnaires ?

Comment ne pas penser à tous ces exilés fiscaux et autres fraudeurs qu’on célèbre pourtant dans les cabinets ministériels ? Le dernier en date étant un dénommé Serge Dassault, condamné certes, mais « resté sénateur »…?

Comment ne pas penser aux « petits arrangements » avec les fraudeurs repentis, du moment qu’ils sont riches ?

Et pis tiens, pour ceux que cela ferait rire, voilà une petite liste des enfoirés qui persistent et signent (pas question de contribuer à « l’effort collectif, chacun pour sa gueule, et les autres peuvent crever »), comme le dénommé Depardieu, exilé fiscal de longue date, méprisant et arrogant, mauvais acteur, devenu gros et gras et voulant l’être plus encore ?

Rien d’étonnant sous le soleil (enfin sous la pluie) : le pouvoir est indulgent pour les puissants, et dur avec les faibles. Dura lex, quant à la morale (c’est quoi ce truc ?) elle est à la poubelle.

Depuis toujours. Pas de raison de changer un système qui gagne.

 

Publicités

Une Réponse

Subscribe to comments with RSS.

  1. Oui le système est une pute, administré par des putes. Toujours le petit qui prend plein la poire.

    herve_02

    8 juin 2018 at 19 h 19 min


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :