LES VREGENS

Adios amigos !

with 9 comments

Pas vraiment de quoi pavoiser quand on regarde l’état du monde autour de soi… Les Macron et leurs sbires ont gagné. Leur « projeeeeeeeeeeeet » est en train de se réaliser, et sans doute au-delà de leurs espérances.

Car l’indifférence règne. Tout est superficiel et léger (on se moque gentiment de la vaisselle ou de la piscine de Macron tout en rêvant du loto et de la vie des stars) … en apparence.

Tout est superficiel, mais au fond, terrible. Le fric a remplacé l’humain.

Quelques uns de mes lecteurs ont des blogs qui parlent de tout et de rien, et surtout pas de ce qui fâche. Au début, ça m’interpellait. Plus maintenant. Maintenant je les comprends : autant oublier ce que devient notre commune humanité. Ce que devient le monde et notre terre-mère. Autant rêver en admirant ce qui reste de beau sur terre.

D’autres ont abandonné, comme l’ami Riccardo. Besoin de regarder ailleurs, de se recentrer sur ce qui est important, peut-être. Sentiment de s’agiter pour rien, ou si peu. De se faire plaisir, à bon compte.

Alors, à la télé, dans les journaux, sur internet, on voit des reportages sur la Grèce qui va « sortir de la crise », sur quelques winners qui ont réussi à surnager, fut-ce sur le dos des plus « modestes », on glose sur « la croissance » qui repart : vous voyez bien que « ça marche, l’austérité »… ! Sans jamais dire à quel prix : trahison politique et surtout misère généralisée, suicides, exils. Un mensonge de plus.

On voit des reportages sur « les migrants ». D’hypocrites indignations ici et là. On trépigne, on rage. Et puis rien. Et puis, les commentaires : « c’est pire ailleurs », « ils ont qu’à rester chez eux », « ont est chez nous ». « On ne peut pas accueillir toute la misère du monde ». Géométrie variable selon l’« utilité » : Mamadou Gassama est un héros (mais il sera quand même pompier, et pas pianiste ou patron du CAC 40 ou … ministre?) ; les migrants de l’Aquarius sont reçus devant les caméras du monde entier (combien obtiendront une vie meilleure et dans combien de temps ?) et les autres, les pas utiles, les pas visibles, meurent dans la Méditerranée ou dans les Alpes. Inconnus silencieux, définitivement. Le racisme, le vrai, le pur et dur, il n’est pas mort.

Mépris partout, et surtout au « sommet de l’État », égoïsme érigé en vertu, fin de la solidarité, du don, du cadeau, du gratuit.

Mais c’est tellement « rassurant » (et tellement facile aussi) de s’attaquer aux faibles, aux autres, aux différents, aux riens, aux inutiles ou aux « privilégiés »  : aux handicapés, aux gamins, aux cheminots, aux vieux, aux pauvres, aux chômeurs, aux musulmans, aux migrants … Aux riens. On se dit que « ce ne sera pas pour cette fois » en ce qui nous concerne. On est au-dessus de tout ça, ça ne nous concerne pas. On est un tout petit plus que rien. Pour le moment.

Tellement facile de tourner la tête. De détourner le regard. On culpabilise (oh, un tout petit peu) et on oublie. On pense au repas de ce soir, au boulot qui nous attend, au trajet, aux vacances rêvées, à n’importe quoi pour oublier. Que les autres se démerdent. Et de toute façon, hein, on a besoin d’ordre. On a besoin d’un chef.

Tout se paye, même le coup de main, même l’amitié, même l’amour, même la famille. On s’appelle de loin en loin : « tu vas bien, fait beau chez toi, et la santé ? » … et on oublie. Moi la première, hein.

Normal. Et humain, sans doute.

Alors voilà, après huit ans, sans regrets, sans tristesse, je prends aujourd’hui ma retraite, j’ermite, je me carapate, je m’esbigne, je me tire, je me casse, je décanille, je m’esquive, je trisse, je m’arrache, je jette l’éponge, je vogue sous d’autres cieux, j’abandonne le navire, et ce billet sera le dernier …

Je vais rêver de voyages lointains, dans les îles, au soleil, et avec les gens. De cuisine exotique. De jardins magiques, d’ailleurs. Je vais lire (ou relire) tous mes livres, écrire aussi sans doute, mais autre chose. Écouter de la musique sans penser à rien, tiens de l’opéra, parce que ça me remue les tripes, et du Bach, et Archive, et plein d’autres. Je vais regarder des films et des séries, me revoir les classiques. Changer d’air et de crémerie. Me promener dans la campagne, regarder les oiseaux dans le ciel, caresser mes animaux, récolter mes légumes et les plantes sauvages, faire des bouquets de fleurs des champs, installer des nichoirs et des abris pour les hérissons, râler après les chasseurs s’ils s’approchent. Aimer la vie.

Et comme le disait Yves Paccalet, « l’humanité disparaîtra, bon débarras »…

Merci de m’avoir lue et bonne route à tous.

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Written by Gavroche

23 juin 2018 à 12 h 28 min

Publié dans Non classé

9 Réponses

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  1. Oh non !… Comme tu vas manquer…

    Mais je te comprends – perso je suis sur FB depuis … 2012 ! (!!!)
    Au départ tout simplement (mais ça n’était pas si simple, je ne voulais pas être là…) pour pouvoir diffuser efficacement un chien que j’avais trouvé et dû confier (pas ok chats…) à un refuge qui n’existait que sur FB… adopté un an plus tard, mais entre temps j’avais découvert par une amie la misère des chiens roumains condamnés à une mort horrible ou à une survie cauchemardesque…
    Encore 20 chiens (plus que 20, sur les centaines qui ont survécu dans cette fourrière et qu’on a pu sortir vivants) à placer, et ensuite je pars (ça devrait prendre encore quelques mois…)

    Au fil du temps, j’ai découvert d’autres « causes », d’autres moyens d’utiliser FB, j’ai pu penser un moment ouvrir les yeux de quelques-uns sur la misère humaine, notre misère commune (j’ai près de mille huit cents « suiveurs et contacts »)… et puis non, tout le monde s’en fout, profondément… L’humain est ainsi, à présent…

    Mais comme tu vas me manquer, Gavroche.
    Adios amiga !

    lilivanille

    23 juin 2018 at 12 h 50 min

  2. Je suis dans le même désarroi compagne!!! je quitte les réseaux pour me diriger vers les réseaux alternatifs. Cultives ton jardin,voyages,tu as raison…depuis 2003,je me suis désengagé. L’humain m’effraie par son indifférence. Il reste quelques « anarchistes » pour des luttes vaines.Bises à toi et belles rencontres futures dans l’alternatif.

    VITRINART

    23 juin 2018 at 14 h 00 min

  3. Dommage,… moi qui suis un sale con égoïste et asocial, j’aimais pourtant bien votre prose et votre vision de la vie. Bon vent !

    Maïcool

    23 juin 2018 at 14 h 19 min

  4. Mais c’est tellement « rassurant » (et tellement facile aussi) de s’attacher aux faibles, aux autres, aux différents, aux riens, aux inutiles ou aux « privilégiés » : aux handicapés, aux gamins, aux cheminots, aux vieux, aux pauvres, aux chômeurs, aux musulmans, aux migrants …
    J’ai bien dit, « s’attacher »… travailler « avec »… vivre avec…
    ;o)
    Ce qui relit, remet les pieds sur terre !
    Hier dans une manif hebdo pour Gaza (nous sommes une douzaine, mais opiniâtres, contre l’oubli…), nous nous disions qu’à force d’en faire « trop », d’être « trop », dans leur arrogance, nos chefs d’États de plus en plus fous, créaient une lucidité froide, qui quoi qu’on en pense, quoi qu’on en désespère parfois, monte, monte inexorablement, dans ce qu’on appelle « l’opinion publique »…

    A+ et bise
    Annie
    PS : n’efface pas le blog, il est bourré de références et d’occurrences passionnantes , que je n’ai pas fini d’explorer ! (merci d’avance)

    lasorne

    23 juin 2018 at 14 h 53 min

  5. I never forget you…….day to day. You helped me through a difficult time in my life, probably without knowing it & I will forever appreciate. x

    Phil Oldham

    23 juin 2018 at 16 h 33 min

  6. Messieurs-dames, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle.
    La bonne : y pleut pas dehors. La mauvaise : je ferme.

    Ah non merde ! Toi aussi ?
    Mais qui va encore ouvrir sa gueule devant la folie de Macron et son monde ? Heureusement qu’on va continuer à se téléphoner pour se remonter le moral les jours sans.

    Un partageux

    26 juin 2018 at 11 h 25 min

  7. Silencieuse jusqu’à présent, je ne peux pas taire mon infini regret de voir disparaître une si belle, si généreuse, si dérangeante plume

    Myriam Fransen

    26 juin 2018 at 12 h 11 min

  8. Au revoir Gavroche et tous mes vœux de bonheur pour la suite. Je t’ai suivie avec beaucoup de plaisir, et même si je n’étais pas toujours d’accord avec toi, j’ai apprécié ta liberté, tes cris du cœur et tes colères. Merci à toi du fond du cœur.

    Peter

    26 juin 2018 at 15 h 05 min

  9. « J’écris pour me parcourir. Peindre, composer, écrire : me parcourir.
    Là est l’aventure d’être en vie. » (un certain Plume: Henri Michaux, Passages )
    Beaucoup de passages utiles à beaucoup de passeurs sur ce blog, la route continue…

    Robert Spire

    27 juin 2018 at 14 h 56 min


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