LES VREGENS

Archive for the ‘Banlieues’ Category

Justice pour Théo

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Je viens de mettre une pétition en ligne, afin que justice soit rendue à Théo. Et à nous tous, par la même occasion.

Justice pour Théo

Merci d’avance à celles et ceux qui voudront bien la signer et la diffuser.

Faites chauffer vos réseaux !

Written by Gavroche

14 février 2017 at 8 h 29 min

« Marchons, marchons ! … »

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Des films, il y en a de toutes sortes, et chacun d’eux joue son rôle, s’acquitte de son projet, plus ou moins bien. Des comédies pour faire rire, des thrillers pour faire frissonner, des mélodrames pour faire pleurer, des documentaires pour informer, de la SF pour faire rêver, des chroniques politiques pour faire réfléchir ou témoigner…etc…

Quel but, quel projet assigner au film de Nabil Ben Yadir, « La Marche », qui retrace l’initiative  de quelques jeunes des Minguettes (à Vénissieux) en 1983 ? Une « marche des beurs » à travers la France, de Marseille à Paris, du 15 octobre au 3 décembre, 17 au départ, 100 000 à l’arrivée ! Une prouesse physique, une Parole revendicative symboliquement forte et pacifiste : « POUR l’égalité, CONTRE le racisme ! »… au final, un impact plus médiatique que concrètement sociopolitique. Ce qui fit s’interroger certains à l’époque : tout ça pour si peu ? Etait-ce bien utile ?

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« La Vie domestique »

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Troisième film d’Isabelle Czajka. Le 1er c’était « L’année suivante »,la colère et l’errance d’une ado de 17 ans ; ensuite, ce fut « D’amour et d’eau fraîche », la difficile insertion dans le monde du travail d’une Bac+5 de 23 ans.

A chaque fois, les compliments pleuvent :

lannéesuivante

« Très beau film sur l’adolescence et sur le deuil sur fond de société de consommation omniprésente et oppressante… sobre et émouvant avec une jeune comédienne époustouflante ! »(in télérama.fr le 10/02/2007 à propos de « L’année suivante »)

Damouretdeaufraîche

« La peinture fine du monde du travail et d’une société qui n’épargne pas sa jeunesse la forçant à renoncer à ses rêves : un film réussi et le beau portrait d’une fille actuelle. » (in télérama.fr le 12/09/10 à propos « D’amour et d’eau fraîche »)

***

A chaque fois aussi, le regard que pose la cinéaste sur ses personnages et leur milieu de vie est sans concession, sans pour autant porter de jugement de valeur. Dans « La Vie domestique » ce sont quatre femmes encore jeunes, « bien propres sur elles », que la caméra nous montre tour à tour, ou ensemble, pataugeant dans une existence saturée d’ennui, frôlant la vacuité…

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« Les Lisières »

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« La seule chose qui m’intriguait, c’était de comprendre les raisons mêmes de cette distance. »

 Sur le bandeau qui accompagne la couverture du dernier roman d’Olivier Adam il y a cette phrase, sans doute choisie avec soin par l’éditeur, qui exprime à elle seule ce qu’on peut supposer être le pourquoi de ce roman .

 Mais lorsqu’on arrive au terme du récit, ces mêmes mots, lus dans le contexte de la page 449 (le livre en comprend au total 454), prennent encore plus de force. Paul/Olivier vient de perdre sa mère et il s’étonne de ne pas avoir pleuré, à l’image de son père, resté stoïque et apparemment froid lui aussi :

 « … Je ne valais pas mieux que lui. Ma mère était morte et aucune déflagration ne s’était produite en moi. Je n’avais pas versé de larmes. Comme si tout ce que signifiait cet évènement n’avait pas encore fait son chemin en moi. Comme si mon cerveau n’avait toujours pas réalisé. J’essayais parfois de me convaincre qu’il s’agissait là d’une sorte d’anesthésie générale due au choc, mais en fait je savais qu’il n’en était rien. Que la distance  qui s’était creusée, au fil des années, entre mes parents et moi était impossible à combler. Je n’avais d’ailleurs jamais souhaité le faire. Je m’y étais résolu, habitué. La seule chose qui m’intriguait, c’était de comprendre les raisons mêmes de cette distance. Non pas pour la réduire, mais pour l’expliciter… »

 

Le « Paul Steiner », à la fois narrateur et principal protagoniste de ce récit, ressemble évidemment beaucoup à l’auteur. A tel point que l’on a parfois du mal à distinguer si l’on est dans une fiction, ou si Olivier Adam s’est abandonné à l’autofiction. En tout cas, il est possible que certaines pages très acides et très désabusées sur le monde et les moeurs parisiennes de l’édition éloignent encore pour un temps cet écrivain de certains prix littéraires ! Lire le reste de cette entrée »

Written by Juléjim

27 octobre 2012 at 17 h 14 min

Femme de la rue, « terrible recul de la liberté des femmes »…

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Vous n’avez pas pu y échapper, parce que tout le monde en a parlé.

Le 26 juillet dernier, la presque journaliste belge (elle est en dernière année d’école de journalisme) Sofie Peeters présentait, dans son documentaire « Femme de la rue », sa « découverte » : dès qu’elle sortait dans la rue, de gros machos pas futés lui faisaient des propositions inconvenantes, la draguaient de façon lourdingue, voire l’insultaient, surtout si elle avait eu l’idée saugrenue de se ballader en mini-jupe…

Et ça n’a pas raté : le doc a été projeté partout, sur le web, bien sûr, mais aussi à la télé, on en a parlé dans les jités, etc.

Son film aurait, paraît-il, « brisé un tabou » …

Dans ce doc, on entend une femme déclarer « qu’il y a trente ans, elle pouvait se promener tranquillement. »

Ah bon ? Que je sache, il y a trente ans, moi, je faisais gaffe aussi, et j’évitais de me ballader toute seule la nuit… Et il m’est arrivé, comme à nous toutes, de me sentir franchement pas rassurée… Bref, le tabou, ça fait longtemps qu’il dure…

Et tout le monde de geindre sur le « terrible recul des libertés des femmes ». Oubliant que pour nous, les plus grands risques d’agression se trouvent dans l’espace privé… et que c’est pépère qui nous tape le plus souvent sur la gueule… Et nous tue, aussi, parfois.

Lien

Et dans ce doc, devinez qui sont les méchants-machos-vilains-violeurs potentiels ? Même si Sofie Peeters dit le contraire, et précise que dans le quartier où elle s’est promenée avec sa caméra cachée, la population est avant tout pauvre et ghettoïsée, le résultat, c’est qu’on lit et on entend à peu près partout que dans 95% des cas, les remarques désagréables seraient le fait de Maghrébins.

Et évidemment, nos politiques se sont emparés du sujet… condamnant « fermement » les insultes et « harcèlements de rue » subis par nous, les femmes.

Nous, les femmes, premières à être sacrifiées sur l’autel de l’austérité. Nous qui sommes plus nombreuses à aller nous faire voir chez Pôle Emploi.

Nous qui partirons à la retraite plus tard, et avec 40 % de pognon en moins que nos collègues masculins…

Nous, les femmes, dont le salaire est toujours inférieur de 20 % à celui des hommes.

Sans que cela fasse même hausser un sourcil fatigué à nos z’élus.

Eh bien oui, le brillant travail de la jeune Sofie Peters a soudainement réveillé politiques et médias endormis : on se soucie plus volontiers du sort d’une « femme blanche », égarée dans un quartier pourrave de Belgique, où règnent en maître, comme dans tous les quartiers pourraves en Europe, le chômage, le décrochage scolaire et la discrimination. Surtout quand les coupables sont des «maghrébins à 95% », à l’évidence « pas intégrés», « frustrés », et qui sait, p’têt bien des intégristes.

Quant aux femmes qui habitent ces mêmes quartiers pourraves, rien, pas un mot dans le doc de Sofie Peeters : 60 % des femmes y sont au chômage, humiliées, méprisées, discriminées pour la couleur de leur peau ou leur foulard, cherchant en vain à trouver un boulot, à mettre leurs gosses dans une bonne école, ou tout simplement à obtenir ce qu’on appelle sans rire les « droits fondamentaux ».

Et sinon, voilà le reportage de la journaliste Linda Mondry (en réponse au reportage « Femme de la rue » de Sofie Peeters)

Femme de la rue ou le reportage qu’on mérite

Written by Gavroche

8 août 2012 at 18 h 47 min

Les rats à capuche

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Depuis quelques mois, les « peuples » arabes sont descendus dans la rue pour virer les dictateurs. Pas les partis politiques, inexistants car interdits, mais les gens. Les hommes et les femmes (eh oui, voilées, peut-être, révoltées, c’est sûr) les jeunes et les vieux. Pas organisés, pas « encadrés », juste motivés par un même ras-le-bol. Les organisations politiques ont pris clairement le train en marche. Ces révoltes étaient spontanées. Elles venaient de la rue.

Curieusement, après avoir flirté sans vergogne avec ces mêmes dictateurs pendant des décennies, même les plus droitistes de nos politiques ont salué leur renversement. Ils ont porté aux nues les « révolutionnaires», qui sont allés jusqu’à payer de leur vie pour accéder à la « démocratie ». BHL et Sarkozy en révolutionnaires, ça valait son pesant de cacahuètes.

Les occidentaux sont même allés jusqu’à envoyer leurs armées en Libye, dans une opération militaire joliment appelée « Aube de l’Odyssée ». Avec l’assentiment de tous les politiques, de gauche comme de droite. Faut dire que l’ONU avait donné sa permission (du bout des lèvres, mais quand même) avec la résolution 1973, qui reprochait à la Libye « détentions arbitraires, disparitions forcées, tortures et exécutions sommaires », toutes choses qui n’existent naturellement ni à Guantánamo, ni en Tchétchénie, ni en Chine… Ni en Israël. Ni en Syrie, ni au Yémen, ni à Bahreïn, ni en Corée du Nord.

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La rage…et le désespoir

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Pas beaucoup écrit ces dernières semaines.

Le monde comme il va, ailleurs, partout, pis ici, bof…  La crise qui jette les peuples dans la misère en occident,  et pire encore ailleurs, où les gens meurent, comme en Somalie,  ça n’incite guère à l’espoir, tout ça, comme une impression de ramer sec, mais à contre-courant…  Bref, la rage.

Et surtout, surtout, ce qui me déglingue grave, c’est l’indifférence des gens, le chacun pour soi, le repli, le « je ne vais pas bien, j’ai tout le temps mal quelque part, j’ai même pas envie de causer aux autres, ils me font peur les autres, et pis enfin, je les emmerde, les autres, j’fais c’que j’veux, et pis t’façon, ça sert à rien, je suis déjà fatigué, malade, mort (rayez la mention inutile) et voilà… ma gueule, ma gueule, ma gueule, ma santé, mes gosses, ma baraque, mon boulot que j’aime pas/plus (ou mon non-boulot)… mon mal-être, mon malaise, mon malheur, mes p’tits soucis, moi, moi, moi, toujours moi … »

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Pourquoi les jolies filles n’aiment pas les gentils garçons ?

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Stéphane a senti brutalement un grand froid l’envahir et tout son corps se glacer.

Nico venait de dire qu’il avait passé la nuit chez Céline. Nico et ses DocMartens, et son Perfecto, et son badge de PIL.

Il l’avait raccompagnée en quittant la fête de fin d’année.

Pourtant, toute la soirée, Stéphane avait cherché à danser avec elle. Il s’était promis de l’embrasser pendant un slow. Ils s’entendaient bien tout les deux.

Mais, elle avait dansé avec Nico.

Au début de la soirée, il lui avait donné la cassette de Daho qu’il avait copié pour elle. Elle avait dit merci et lui avait claqué une bise, c’est là qu’il a pensé qu’il avait vraiment sa chance.

La veille déjà, en fumant le pétard du soir avec Fred et José, il se l’était promis.  Ne pas se dégonfler, la jouer cool, ouais cool, l’inviter à danser et doucement, l’embrasser… « coooool. ». « Quoi ? » avait dit José. « Hein ? ». «  Cool quoi ? ». «  Heu … Rien … Nous.  On est cool là, non ? » « Ouais cool » avait répondu José.

Ils étaient, depuis un temps qu’ils ne comptaient plus, allongés sur la pelouse du stade qui jouxtait l’internat. La bouteille d’Evian, avec un fond de Vodka pour faire chicha, gisait entre eux. José se redressait encore de temps en temps pour tirer dessus, même si ce deuxième stick était presque complètement consumé.

Fred lui, se faisait une petite fixette sur les dessins de son nouveau sweet.

C’est Nico, comme d’hab’ qui le lui avait fourni. Le plan était simple. Fred disait à sa mère qu’il avait besoin de nouvelles fringues, elle lui filait la thune. Il passait sa commande à Nico qui allait à la ZI de la Croix Blanche les piquer. Le tarif était 50 % de remise. Fred partageait avec Nico le fric de sa mère et avec le reste, il achetait le shit.

Nico, lui, pour le fric, il chourait : les fringues chez Kiabi, et aussi des autoradios, et puis fallait pas laisser traîner son walkman dans le dortoir ou des trucs comme ça, il ramassait tout et revendait. Il raquettait aussi un peu les secondes et les première-années de BEP.

José, pour le shit, il tapait dans son compte caisse d’épargne, alimenté régulièrement par sa grand-mère. C’était un bon petit, tous les week-ends, en rentrant de l’internat, il passait voir mémé.

Stéphane n’achetait pas de shit. Il savait trop le mal qu’avait son père pour ramener de l’argent à la maison. Alors déjà, il dépensait un minium. Et l’idée de se mettre la tête à l’envers avec la sueur de son père…non, pas question. Mais, bon, il achetait les chips et les bonbons qu’allaient avec, pour pas trop taxer les potes.

Et puis, dans la fumette, ce qu’il préférait, c’était d’en être. En être, des mecs respectés du lycée, pas être dans les nullosses.

Lui, sans style, sans fric et avec les oreilles décollées, au début, ç’a pas été facile à l’internat. En fait, ça a commencé à aller, le jour où le protal à réuni les trois classes pour leur faire la morale, sur le respect dû aux profs  ceci-cela. Parce que c’était le boxon dans le cours d’anglais. Et Stéphane, sans préméditer, a balancé des trucs secs sur l’autorité et le respect qui se gagne, sur la motivation à travailler et sur l’incohérence générale du discours du proviseur qui demandait aux élèves d’être tolérants avec la prof pas douée. Ce jour là, il avait obtenu son brevet d’insolence et n’était plus emmerdé par les autres. Depuis, il était élu délégué de classe et prenait son rôle à cœur. Un prof lui avait même dit qu’avec son bagou, il devrait devenir homme politique.

Son père, lui, disait qu’il devrait faire curé « T’aimes pas trop le boulot, tu parles bien, tu sais rien faire de tes mains : tu devrais faire curé » mais c’était pour le chambrer. Dans sa famille, on n’aimait ni les flics, ni les curés et le dimanche, on lisait l’Huma. Son père voulait surtout qu’il fasse des études et ne soit pas un ouvrier comme lui, une blouse bleue, un smicard.

Il avait 100 francs, pour 15 jours, pour le train et les imprévus de la semaine.

Un imprévu, il en avait eu un la semaine d’avant.

Tous ses mercredis après-midi, il les passait au rayon livres de Auchan. Il avait lu d’abord toutes les BD et maintenant, il prenait un livre de poche ou deux et hop, dans l’après-midi, ils les avalaient.

Ce mercredi là, il avait aperçu Céline qui venait faire des courses avec sa mère. Il l’avait suivie des yeux, elle s’était arrêtée au rayon disque. Alors, il y avait traîné, l’air de rien.

« Tiens, qu’est-ce tu fous là ? » elle avait dit, en lui marchant sur le pied pour rigoler. Pour se donner une contenance, il tenait un disque de Daho. « Ah ouais, c’est bien, Daho. Tu l’achètes ? Tu pourrais me faire une copie ? Ce serait sympa ».

Il avait demandé « Tu vas à la soirée Vendredi prochain ? ». Elle ira. 

Il avait eu juste assez pour acheter le disque. Il allait faire une copie, lui donner la cassette à la soirée, et se faire aimer.

 

Written by lenombrildupeuple

29 juillet 2011 at 17 h 48 min

Le racisme, cet ennemi de si longue date …

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A l’époque où je ne savais pas encore si je ferais instit… ou chanteur de rock, je passais beaucoup de temps dans une ancienne ferme sarthoise, tout près de la commune de Malicorne. C’est là que nous répétions avec le groupe dont j’étais le chanteur, un peu guitariste et percussionniste à l’occasion. Le groupe avait une audience régionale, essentiellement dans l’ouest hexagonal, et il arrivait que des visiteurs, amateurs de musique pop’, passent quelques heures avec nous, le temps d’une répèt’. Un jour est arrivé un jeune couple d’étudiants ; ils avaient entendu et vu le groupe dans une boîte de Laval. Lire le reste de cette entrée »

Written by Juléjim

27 février 2011 at 15 h 59 min

Et si on chantait ?

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En 1976, j’étais instit dans une école élémentaire de la région parisienne. Un cours préparatoire, des enfants sympas et attachants, des parents peu envahissants, plutôt confiants et coopératifs, des collègues vieillissants et donc assez plan-plan. J’avais 27 ans, 6 ou 7 années de métier et je rêvais d’une autre école. Avec les enfants, nous chantions tous les jours et je les accompagnais à la guitare. Ils adoraient ça et moi j’avais l’impression de les ménager un peu en leur offrant ces quelques minutes de bonheur, entre deux leçons de lecture ou deux exercices de maths…

Mais ce que je ne leur ai jamais chanté ce sont les textes que j’écrivais chez moi sur des mélodies que je composais sur ma guitare. Comme par exemple, ce texte, composé sur une grille de blues, que j’avais intitulé « Le blues de l’instit ou Complainte d’un fonctionnaire qui déconnecte ».

Ça disait ceci… Lire le reste de cette entrée »

Written by Juléjim

15 février 2011 at 16 h 05 min

Publié dans Banlieues, Education, Musique

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