LES VREGENS

Archive for the ‘politique de la ville’ Category

L’histoire des « maisons fantômes » d’EDF

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J’ai lu hier une niouze que les parisiens ignorent (du moins, j’imagine qu’on en a pas parlé au « niveau national ») mais qui pourtant concerne tout le monde  : une histoire d’argent public, et de sa gestion calamiteuse par nos chers (au sens propre) « représentants ». Parce que ça se passe partout en France.

L’histoire commence en Gironde, et concerne tout un tas de petites communes, proches de la centrale du Blayais.

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« Marchons, marchons ! … »

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Des films, il y en a de toutes sortes, et chacun d’eux joue son rôle, s’acquitte de son projet, plus ou moins bien. Des comédies pour faire rire, des thrillers pour faire frissonner, des mélodrames pour faire pleurer, des documentaires pour informer, de la SF pour faire rêver, des chroniques politiques pour faire réfléchir ou témoigner…etc…

Quel but, quel projet assigner au film de Nabil Ben Yadir, « La Marche », qui retrace l’initiative  de quelques jeunes des Minguettes (à Vénissieux) en 1983 ? Une « marche des beurs » à travers la France, de Marseille à Paris, du 15 octobre au 3 décembre, 17 au départ, 100 000 à l’arrivée ! Une prouesse physique, une Parole revendicative symboliquement forte et pacifiste : « POUR l’égalité, CONTRE le racisme ! »… au final, un impact plus médiatique que concrètement sociopolitique. Ce qui fit s’interroger certains à l’époque : tout ça pour si peu ? Etait-ce bien utile ?

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Comprendre l’irrésistible ascension du FN… pour mieux la combattre ?

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A ce jour nous sommes encore une majorité de citoyens à ne pas considérer le Front National comme étant « un parti comme les autres », à ne pas être dupe, ni de son ADN d’extrême droite, ni des pulsions fascisantes, anti-démocratiques et anti-républicaines de ses principaux leaders et cadres, actuels comme passés. Et c’est heureux !

Mais le FN avance sur le terrain de l’opinion publique, ses « idées » et même ses propositions se banalisent, choquent de moins en moins… ça nous inquiète, ça nous agace, ça nous divise parfois, lorsqu’il s’agit de trouver la meilleure riposte, la façon la plus efficace de porter la contradiction et de faire tomber le masque de la supercherie, de la démagogie. Plusieurs s’y sont essayés, peu ont réussi à faire reculer cette machine à produire du faux-semblant.

Dans sa livraison de décembre 2013, le magazine Sciences Humaines (n°254) consacre un dossier de six pages au Front National et aux raisons de son ascension, à la rubrique « Comprendre ».

SHn.254

Le magazine présente une synthèse des principales approches, analyses et conclusions que proposent les quelques chercheurs en science politique qui ont récemment renouvelé par leurs études le débat sur le FN et son évolution : « Comment expliquer le succès d’un parti qui s’est toujours situé à la marge du système politique, mais qui entend jouer les premiers rôles dans la compétition électorale ? »

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« Grâce et dénuement » d’Alice Ferney

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« Deux français sur trois sont contre le retour de Leonarda en France« (sondage BVA/i-télé) ; « le front républicain perd la face devant le front national« (Brignolles) ; « Les Roms harcèlent les Parisiens ! (NKM) » ; « seule une minorité [des Roms] cherche à s’intégrer » … leur « mode de vie » est en « confrontation » avec celui des populations locales. »(Manuel Valls)

***

Si, comme moi, les oreilles vous sifflent à force d’entendre le tam-tam médiatique qui désespère, ce roman d’Alice Ferney, édité chez Actes Sud en 1997, vous est vivement conseillé ! En situant son récit au cœur d’une communauté gitane, sans rien nous épargner de l’âpreté, de la dureté, de l’étrangeté parfois, de l’entêtement communautaire aussi de ces gens que l’on dit « du voyage » (même lorsqu’ils se sédentarisent par la force des choses), cette auteure, à l’écriture somptueuse et subtile, parvient à créer une espérance qui redonne foi en l’humain.

Grâce et dénuement

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« La Vie domestique »

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Troisième film d’Isabelle Czajka. Le 1er c’était « L’année suivante »,la colère et l’errance d’une ado de 17 ans ; ensuite, ce fut « D’amour et d’eau fraîche », la difficile insertion dans le monde du travail d’une Bac+5 de 23 ans.

A chaque fois, les compliments pleuvent :

lannéesuivante

« Très beau film sur l’adolescence et sur le deuil sur fond de société de consommation omniprésente et oppressante… sobre et émouvant avec une jeune comédienne époustouflante ! »(in télérama.fr le 10/02/2007 à propos de « L’année suivante »)

Damouretdeaufraîche

« La peinture fine du monde du travail et d’une société qui n’épargne pas sa jeunesse la forçant à renoncer à ses rêves : un film réussi et le beau portrait d’une fille actuelle. » (in télérama.fr le 12/09/10 à propos « D’amour et d’eau fraîche »)

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A chaque fois aussi, le regard que pose la cinéaste sur ses personnages et leur milieu de vie est sans concession, sans pour autant porter de jugement de valeur. Dans « La Vie domestique » ce sont quatre femmes encore jeunes, « bien propres sur elles », que la caméra nous montre tour à tour, ou ensemble, pataugeant dans une existence saturée d’ennui, frôlant la vacuité…

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J’avais envie…

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… de vous parler du grand film qu’Arnaud Desplechin a consacré à cette immense figure de l’ethnopsychiatrie, Georges Devereux. Son titre : « Jimmy P. » En sous-titre : « Psychothérapie d’un Indien des Plaines ». (titre éponyme du livre de Georges Devereux publié en 1951 aux Etats-Unis).

… et puis voilà qu’hier, j’apprends la disparition de Jean Véronis, ce génial linguiste qui a su si bien faire parler les discours des humains en faisant parler les  ordinateurs  de ce que disaient, sans avoir tout à fait conscience de le dire, ces mêmes humains.

Véronis

Aujourd’hui, c’est la mort d’Albert Jacquard qui me frappe en plein cœur. 87 ans, certes, mais tout de même ! l’homme a beaucoup fait, pour la science de la génétique, pour la transformation de l’Ecole, pour la condition des mal-logés, des sans-abris, des sans-papiers… de tous les « sans » de la Terre !… et il reste tant à faire, doit-il penser désormais. Lire le reste de cette entrée »

« Les Lisières »

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« La seule chose qui m’intriguait, c’était de comprendre les raisons mêmes de cette distance. »

 Sur le bandeau qui accompagne la couverture du dernier roman d’Olivier Adam il y a cette phrase, sans doute choisie avec soin par l’éditeur, qui exprime à elle seule ce qu’on peut supposer être le pourquoi de ce roman .

 Mais lorsqu’on arrive au terme du récit, ces mêmes mots, lus dans le contexte de la page 449 (le livre en comprend au total 454), prennent encore plus de force. Paul/Olivier vient de perdre sa mère et il s’étonne de ne pas avoir pleuré, à l’image de son père, resté stoïque et apparemment froid lui aussi :

 « … Je ne valais pas mieux que lui. Ma mère était morte et aucune déflagration ne s’était produite en moi. Je n’avais pas versé de larmes. Comme si tout ce que signifiait cet évènement n’avait pas encore fait son chemin en moi. Comme si mon cerveau n’avait toujours pas réalisé. J’essayais parfois de me convaincre qu’il s’agissait là d’une sorte d’anesthésie générale due au choc, mais en fait je savais qu’il n’en était rien. Que la distance  qui s’était creusée, au fil des années, entre mes parents et moi était impossible à combler. Je n’avais d’ailleurs jamais souhaité le faire. Je m’y étais résolu, habitué. La seule chose qui m’intriguait, c’était de comprendre les raisons mêmes de cette distance. Non pas pour la réduire, mais pour l’expliciter… »

 

Le « Paul Steiner », à la fois narrateur et principal protagoniste de ce récit, ressemble évidemment beaucoup à l’auteur. A tel point que l’on a parfois du mal à distinguer si l’on est dans une fiction, ou si Olivier Adam s’est abandonné à l’autofiction. En tout cas, il est possible que certaines pages très acides et très désabusées sur le monde et les moeurs parisiennes de l’édition éloignent encore pour un temps cet écrivain de certains prix littéraires ! Lire le reste de cette entrée »

Written by Juléjim

27 octobre 2012 at 17 h 14 min

Quels dédales !

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Written by florence

5 février 2012 at 15 h 03 min

Louise Wimmer

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Si vous avez envie d’avoir une vie de merde,  la recette est assez simple (plus encore si vous êtes une femme !):

1- vous quittez le domicile conjugal, en plantant mari et enfant(s).

2- vous stockez tout ce qui vous appartient (vêtements, bijoux, meubles, babioles…) dans un box ou un garage.

3- vous gardez votre voiture, qui vous servira éventuellement d’abri pour y dormir en attendant de trouver un appart. Prévoyez d’être très patient, endurant, voire résilient…

4- vous collectionnez petit boulots sur petit boulots, sous-payés, en horaires décalés, le genre « épanouissant » donc,  style « ménage de chambres d’hôtels » ou « technicienne de surface »

Voici résumé à gros traits le récit et le propos du film de Cyril Mennegun, intitulé « Louise Wimmer » patronyme du personnage principal incarné magistralement par Corinne Masiero. Lire le reste de cette entrée »

La tentation de l’émeute

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Vous l’aviez peut être regardé, ce fameux « documentaire » tourné à Vitry-sur-Seine, joliment nommé « La cité du mâle »… Il a été diffusé le mois dernier sur Arte… Vitry, c’est là, où en 2002, déjà huit ans, la petite Sohane, 17 ans, a été brûlée vive par son ancien petit ami…

C’était la soirée Théma « Femmes : pourquoi tant de haine ? »… Où finalement, on s’est aperçu qu’en France, il n’y a que ces salopards d’immigrés qui sont violents avec leurs bonnes femmes…

Daniel Leconte, le réalisateur de ce machin, est aussi celui qui a pondu « C’est dur d’être aimé par des cons », le doc (en 2008) sur Charlie Hebdo et les caricatures de Mahomet. Un de ses thèmes de prédilection, quoi, les démocraties occidentales attaquées par les islamistes fanatiques, qui feraient rien qu’à venir violer nos femmes, et faire la loi dans nos cités, bordel ! On croirait du Riposte Laïque dans le texte.

C’est pas trop dur, Philippe, d’être aimé par les sarkozystes ? (Article franchement drôle de Sébastien Fontenelle sur Bakchich)

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