LES VREGENS

Archive for the ‘Europe’ Category

Encore des bouches inutiles

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Guerre aux pauvres

J’ai encore failli tomber de ma chaise hier soir. Comme quoi, l’annonce d’une nouvelle saloperie parvient toujours à nous « étonner », même quand on s’y attend.

Doncques, la cour de « justice » européenne vient de  « condamner le tourisme social » .

Alors, le « tourisme social », tout au moins pour un être humain normalement constitué, ce devrait être, par exemple, offrir aux gamins « défavorisés » des banlieues quelques jours de vacances à la mer.

Ben non. Pour les « têtes pensantes » qui prétendent nous gouverner, qu’elles soient de droite ou « de gauche », c’est pas ça du tout.

C’est le rom, le portugais, le bougnoule, le pauvre quoi, qui des fois viendrait par chez nous bouffer notre pain, et en plus, le salopard, sans en foutre une rame.

Désormais, les pauvres d’entre les pauvres crèveront de faim, de maladie, dans l’indifférence générale. Ce sera légal.

Cette décision européenne intervient le jour même de la commémoration du 11 novembre. Cette boucherie, qui a pourtant vu mourir les ancêtres de ces mêmes pauvres.  Une manière sans doute de leur dire merci.

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Les dividendes des actionnaires ne devraient pas être touchés par la nouvelle réforme. Chez nous, ils ont même  battu tous les records. 

Bernard Arnault, qui ne sait pas quoi foutre de son pognon, pourra toujours construire un autre machin « culturel » et exposer des croûtes très très moches mais très très chères.

Et en 2017, pas la peine d’aller voter La Pen, elle est déjà aux manettes.

« Deux jours, une nuit » : Marion et « les frères »

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J’ai beaucoup aimé le dernier film des Dardenne « Deux jours, une nuit ». J’ai trouvé le couple formé par Sandra/Marion Cotillard et Manu/Fabrizio Rongione absolument formidable, si humainement exemplaires et émouvants l’un et l’autre. Pourtant, je n’avais pas envie d’en faire un billet… Je me disais qu’après tout ni la réputation des frères Dardenne, ni la renommée désormais internationale de Marion Cotillard n’avaient besoin de mon modeste soutien ou de publicité promotionnelle.

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Et puis… il y a eu ces 25% d’électeurs qui ont choisi le front national pour ne pas les représenter, tout en les « représentant » (cherchez l’erreur !), au parlement européen. Il y a eu en même temps tous ceux, beaucoup trop, qui ont choisi le parti de s’abstenir, et parmi eux, des amis que j’aime et respecte… Lire le reste de cette entrée »

Written by Juléjim

4 juin 2014 at 15 h 54 min

Paroles, paroles

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Le réalisme, c’est le bon sens des salauds.
Georges Bernanos

Le véritable esprit de 1789 consiste à penser, non pas qu’une chose est juste parce que le peuple la veut, mais qu’à certaines conditions le vouloir du peuple a plus de chances qu’aucun autre vouloir d’être conforme à la justice.
Simone Weil

 

Curieusement, dans notre monde, malgré le sentiment d’injustice voire la colère de la majorité des gens, malgré la surabondance d’infos, même dans les médias dominants, sur les méfaits du capitalisme mondialisé, sur la corruption généralisée de nos gouvernants,  malgré la révélation des « affaires », rien ni personne ne bouge.

Vous me direz, à la différence des états totalitaires, où on a juste le droit de la fermer, nous au moins, dans nos démocraties libérales, on a le droit de râler, de critiquer, d’exprimer notre ras-le-bol, de manifester, et d’ailleurs on ne s’en prive pas.

On a le droit d’exprimer notre désaccord, à condition qu’il soit « citoyen ».

Et si on le fait, c’est garanti sur facture, même dans les médias dominants, on va parler ad nauseam de notre « grogne », qui sera exhibée et largement commentée par les chiens de garde du pouvoir.

Il faut dire que chez nous, la « liberté d’expression » est sacrée, même celle des militants du FN et même celle des racistes de tout poil, y compris parmi les élus, y compris ceux « de gauche ». Et de ressortir la phrase de Voltaire que tout le monde connaît.

Et ne vous avisez pas de penser ne serait-ce qu’un instant à la limiter, cette fameuse liberté d’expression, vous seriez instantanément qualifié d’abominable « crypto-facho »…

Ne dites pas non plus que si cette « grogne » se transforme en actes, cela vous paraît justifié. Vous seriez alors considéré comme un vil populiste.

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Non, je n’irai pas voter (suite)

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D’aucuns, pas vraiment ici, mais surtout ailleurs ailleurs, m’ont reproché mon indifférence pour le carnaval électoral, voire ma grogne. L’un deux, que j’apprécie particulièrement par ailleurs, m’a fort opportunément rappelé tous ceux qui ont donné leur sang pour la conquête de la démocratie et pour la prise en compte de chaque voix du citoyen.

Alors, dans un remarquable billet, l’auteur, Salem Sid Ahmed, écrit avec humour : Il faut se mobiliser, parce que le droit de vote n’existe pas partout, et parce que c’est gratuit.

Certes. Ce sont d’excellentes raisons.

Mais outre la gratuité de l’acte électoral (je rappelle qu’en français, le mot gratuit peut aussi signifier vain ou injustifié) la démocratie a t-elle jamais vraiment été conquise ? Le vote de chaque citoyen est-il vraiment pris en compte ?

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Conformément à la licence creative commons, je précise que cette image a été créée par Madame Monolecte… Non mais.

Ayons à ce sujet un souvenir ému de la ratification du Traité de Lisbonne, par voie parlementaire, le 8 février 2008. Voilà comment nos « représentants » ont considéré la démocratie et le vote de chaque citoyen.

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Written by Gavroche

20 mai 2014 at 10 h 50 min

Non, je n’irai pas voter !

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Depuis le passage en force du Traité de Lisbonne en 2008, où nos bons « représentants » se sont gentiment assis sur le suffrage universel, j’ai de sérieux doutes. Et même une certitude : nous ne sommes plus en démocratie. Nos « élus », une fois installés, n’ont aucun respect pour nous. Ils se fichent de notre avis, et leurs belles promesses ne s’usent que le temps de leur campagne. La « fracture sociale » qu’il faudrait réduire, « le monde sans visage de la finance » qu’il faudrait combattre… Tu parles, Charles.

Je regardais le jité de la 2 l’autre soir, et j’ai vu la clique « socialiste » sortir de l’Élysée, Cambadélis en tête. On aurait dit la bande d’Al Capone, ou les Blues Brothers, en beaucoup moins marrants…

 

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Comment ces gens-là pourraient-ils se soucier vraiment de la vie des gens de la France d’en bas, quand on sait qu’ils ne cherchent qu’à conserver leur place, et quand par hasard ils la perdent, les copains-coquins leur trouvent une coquette indemnité de mission ou un boulot pépère dans un ministère… Bien la peine de claironner partout (et surtout dans la Pravda le jité du larbin Pujadas) que ces salopards de fonctionnaires font rien qu’à vivre sur le dos des vrais-Français-qui-eux-bossent-vraiment …

Un fossé, donc, entre « les élus » et les pauvres cloches qui avalent encore les belles promesses électeurs.

Quant au Parlement européen … A quoi sert-il ? Quand on sait que c’est au Conseil européen des chefs d’État et de gouvernement, à la Banque Centrale Européenne et à la Commission européenne que se prennent toutes les décisions ?

Le Parlement européen est là pour faire joli, pour nous faire croire en une démocratie qui n’existe pas. Ou pour caser des députés malheureux dans leur propre pays. Faut bien manger, et les indemnités sont sympas…

A la limite, c’est un peu comme si on nous demandait d’aller voter aux z’États-Unis. Quoique. J’imagine qu’avec le traité qu’on concocte dans notre dos (vous vouliez pas qu’en plus, on nous demande notre avis?) les amerlocains ont sans doute plus de pouvoir sur notre vie future que nos « représentants » en Europe…

Alors voilà, j’irai pas voter dimanche. Qu’on y aille ou non, ce sera toujours la Banque centrale et la Commission européennes qui décideront de notre vie, et pas le Parlement. Le plus rigolo, c’est que malgré l’Europe, malgré la prétendue union, chacun continue de prêcher pour sa paroisse, et de défendre ses propres intérêts : par exemple, la France est seule au Mali pour sauver les mines d’uranium d’Areva les populations opprimées …

Je n’irai pas voter dimanche, parce que le carnaval, ça va un peu. Parce que même les partis « anti-Europe », genre le Fhaine, ben si, ils présentent des candidats … Si c’est pas une preuve…

Et puis dimanche, j’ai bronzage, jardinage et pique-nique au programme. Alors …

Written by Gavroche

16 mai 2014 at 9 h 45 min

Pourquoi, finalement, la récente votation suisse est une bonne chose

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Pourquoi, finalement, je suis contente de la votation suisse

Comme vous le savez sans doute, les suisses ont « mal voté ».

Un peu comme tous les manifestants du printemps dernier en France qui étaient tous des fachos, des intégristes, etc, les Suisses sont donc réacs et racistes. Ils veulent rester entre Suisses de souche.

Selon les bien-pensants, tout au moins.

Le Nouvel Obs, par exemple, ainsi que les « socialistes » et les patrons suisses.

Le Courrier, lui, est un chouïa plus nuancé :

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Selon ce journal, si les travailleurs sont sensibles au sirènes udéistes, il rappelle quand même que le patronat suisse et les partis bourgeois ont refusé des mesures d’accompagnement dignes de ce nom aux travailleurs. Qu’il s’agisse de protection contre les licenciements, de lutte contre le dumping salarial, voire de défense des droits syndicaux élémentaires.

Et plus loin :

[…] il serait erroné de considérer le vote de dimanche comme irrationnel ou obéissant uniquement à des tendances réactionnaires. Le fait est que les Suisses ont aussi refusé une initiative anti-avortement et approuvé un développement du rail. Impossible d’accuser la seule xénophobie, même si elle a évidemment aussi pesé.

C’est aussi une Suisse qui souffre, qui peine à finir le mois et qui craint pour son avenir qui a donné un signal. Entendons-la sous peine de nous retrouver avec des projets encore plus inquiétants et facteurs de repli que cette initiative de l’UDC.

Alors évidemment, toute cela me rappelle furieusement la position du patronat français après les déclarations anti-immigration de la clique sarkozyste. Laurence Parisot déclarait dans Le Monde, en avril 2011, qu’il ne fallait pas faire de l’immigration légale liée au travail « un problème ». Selon elle, la France doit rester « un pays ouvert », et face à la montée du populisme, « le plus grand danger, ce serait de se refermer », tout en se livrant à un vibrant plaidoyer en faveur d’une plus grande intégration européenne.

Lien

Dans Le Capital, Marx parlait de « l’armée industrielle de réserve ». On constate qu’aujourd’hui, le maintien d’une immigration, si possible illégale, est devenu, avec la mondialisation, une véritable question de vie ou de mort. Une main d’œuvre taillable et corvéable à merci, et une arme imparable du chantage patronal sur le désormais célèbre « coût du travail ».

Bien sûr, cela m’a aussi rappelé la ratification du Traité de Lisbonne, en 2008, et à Versailles, s’il vous plaît, voilà pour le symbole. Nos représentants, droite et gauche réunies pour cette cause nationale euh… non, européenne, ont suivi comme un seul homme. Et au passage, se sont gentiment assis sur le référendum de 2005. Et sur la démocratie.

Pourquoi ?

Tout simplement parce qu’en France, « le peuple » est très con. Il ne sait pas ce qui est bon pour lui. Il est raciste et bas de plafond. D’ailleurs, s’il a voté non, ce n’est pas parce qu’il était opposé à cette Europe libérale que l’on a tenté de lui vendre par médias interposés, c’est seulement parce qu’en France, on n’aime toujours pas les boches …

Du coup, tiens, ça m’a aussi fait penser aux livres de Michéa. Ce gars-là est lumineux.

Dans Le Complexe d’Orphée, page 26, il écrit :

Les représentants héroïques « d’une minorité éclairée » ou « d’un parti de l’intelligence », œuvrant dans le sens de l’histoire (c’est à dire dans celui de la mondialisation) et profondément convaincus que les insupportables penchants populistes des classes inférieures – cet univers grouillant et « nauséabond » de Beaufs, de Groseille et de Bidochon – constituent le seul danger susceptible de menacer les équilibres délicats subtils de la société ouverte (et par la même occasion, les privilèges si légitimes de cette minorité éclairée.)

[…] La plupart des intellectuels de gauche en sont désormais venus à penser que « la révolution n’est pas un mouvement des masses auquel ils souhaiteraient s’associer, mais un ensemble de réformes que nous, les gens intelligents, allons imposer aux classes populaires. »

Et à propos d’identité nationale, ou de frontières :

Dans La double pensée, page 16, il écrit :

Lorsqu’un intellectuel contemporain soutient, d’ouvrage en ouvrage, que les notions de « frontières d’État », et « d’identité nationale » sont intrinsèquement fascistes, et qu’en conséquence, le peuple tibétain et le peuple palestinien devraient se voir enfin reconnues des frontières d’État précises et conformes à leur identité nationale, nous avons clairement affaire à un cas de double-pensée.

Chez nous, comme partout en Europe, les « socialistes » ont abandonné les classes populaires à leur misère.  En 2017, et certainement même avant, nul doute qu’ils se prendront une grande claque. Comme les « socialistes » et les patrons suisses.

En conclusion, on dira donc qu’en Suisse, le peuple est moins con qu’ailleurs. Ou qu’en tous cas, ses dirigeants respectent sa décision.

Hold up

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C’était il y a quelques mois. A Chypre, pour renflouer les banques en faillite, les comptes bancaires des épargnants avaient été « confisqués ». Une première, mais pas la dernière…

Parce que du coup, ça a donné des idées à nos politiques (je devrais dire aux comptables qui nous gouvernent). Très discrètement, dans le silence médiatique (faut pas affoler les pigeons qui ont parfois mis des années pour mettre leurs éconocroques à l’abri, qu’ils croient), une directive européenne a été votée dans la nuit du 11 au 12 décembre 2013, elle entrera en vigueur au 1er janvier 2016.

Bon, vous me direz, à Chypre, seuls les riches qui avaient plus de 100 000 euros ont été purement et simplement volés. Pas grand risque donc pour la plupart d’entre les pauvres.

Sauf que. À Chypre, notre bonne vieille Europe et le FMI avaient aussi mis au pot : dix petits milliards d’aides. Mais imaginez, en Espagne, en Italie, ou en France, combien de milliards d’argent public il faudrait pour renflouer les banques ?

D’autant que nos dirigeants ont été prudents : cette directive interdit purement et simplement ce type d’aide, pour obliger le pays concerné à se démerder tout seul. Voilà pour la solidarité.

Et donc, tous les comptes seront concernés, le vôtre, et le mien…

Mais c’est pas tout. Le FMI aussi prépare un hold up à grande échelle. Dans son récent et (volontairement) indigeste rapport sur les « finances publiques », il propose une taxe de 10% sur l’épargne … de tout le monde.

Censément pour diminuer la dette des États, dont les banques (encore elles, évidemment) détiennent la plus grande part.

Et bien sûr, rien n’est prévu pour changer le fonctionnement délétère de cette usine à gaz. Au contraire. Les banques ont même obtenu la semaine dernière d’assouplir leur « ratio d’effet de levier » qui entrera en vigueur en janvier 2018. Ce ratio était jusqu’à présent de 3 %. En clair, pour les béotiens (dont je suis, faut pas croire) cela veut dire qu’une banque peut prendre 33 euros d’engagements pour 1 euro de liquidité… Or, si ces engagements (bons d’Etat, crédit aux entreprises et aux particuliers, portefeuille d’actions, produits dérivés, et actifs pourris) perdent 3% de leur valeur, les fonds propres de la banque sont engloutis et la banque se retrouve en faillite. On rappelle que Lehman Brothers avait un levier de 1/30 au moment de sa disparition …

Eh bien 3% c’est encore trop pour les grandes banques européennes et elles viennent d’obtenir des assouplissements de cette règle.

Les banques n’ont pas de quoi s’inquiéter, puisque de toute manière, vous et moi, et tout le monde, paiera, tôt ou tard.

La cerise sur le gâteau, pour être sûr que vous fermerez votre gueule, et que vous n’aurez pas le temps de vous sauver à Caracas, la procédure va être considérablement accélérée. Sabine Lautenschläger, la vice-présidente de la Bundesbank a déclaré récemment que la zone euro doit être capable de définir en l’espace d’un week-end un plan de refinancement et de restructuration d’une banque en difficulté.

En clair, le vendredi soir votre banque est déclarée en faillite, et le lundi matin, votre compte est siphonné de 50 %. Les vrais riches, eux, continueront à gueuler sur les impôts qui… et à placer leur fric à Singapour. Quant à vous, à part la cassette sous le matelas, je vois pas. Ou une tirelire, peut-être ? 

Source :

FMI, UE, Bâle, les comptes bancaires plus que jamais menacés

Written by Gavroche

30 janvier 2014 at 11 h 18 min

Savoir rentrer

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Comment s’arrêter? Et pourquoi faire? se demande Nick Hunt:

Bien que je ne sois pas croyant, ce voyage aura été une sorte de pèlerinage, ou en tout cas en aura eu bien des caractéristiques. Les athées aussi peuvent faire des pèlerinages, et le mien a comporté des épreuves physiques et parfois psychologiques, m’a fait retracer une route déjà parcourue, et m’a conduit en un lieu d’une profonde importance. En chemin, j’ai connu l’émerveillement et de vrais moments de transcendance qui n’auraient pas été possibles sans les épreuves. À plusieurs reprises j’ai senti la présence de Patrick Leigh Fermor, pas comme un fantôme planant au-dessus de moi, mais parce que je savais avec une certitude absolue qu’il s’était tenu exactement au même endroit, ou qu’il avait regardé exactement la même chose que moi huit décennies auparavant. Cela ne s’est pas produit dans des lieux qu’il mentionne dans ses livres, et ma certitude avait parfois quelque chose de bizarre. C’est en ce sens, parmi bien d’autres, que ce voyage a aussi été spirituel.

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Written by florence

19 août 2012 at 11 h 31 min

Publié dans Europe, voyage

Istanbul, ou les mille et une… arrivées

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Les billets de Mr Hunt se terminent. J’aime bien ceux qui tissent des variations sur des idées toutes simples: qu’est-ce qu’une route? qu’est-ce qu’un voyage? qu’est-ce qu’une frontière? Aujourd’hui: qu’est-ce qu’une arrivée?

Je me permettrai un petit commentaire personnel à la fin.

À pied, une arrivée est un processus qui se déroule très lentement. Ce n’est pas un instant précis, un passage de « là-bas » à « ici ». Au cours de ces sept mois (deux cent vingt-quatre jours, pour être précis), j’étais arrivé de nombreuses fois à Istanbul car mon esprit anticipait sur mon corps, me devançait en flottant à travers des paysages mystérieux n’existant que dans mon imagination, des villages aux noms creux que je n’avais pas encore appris à prononcer, et s’arrêtait brusquement devant des images de cartes postales : des minarets, des dômes, des étendues d’eau. Mais mon arrivée dans cette ville que je me représentais depuis tant de mois comme « la fin » s’est avérée plus complexe et plus subtile. Aucun panneau annonçant « Vous entrez dans Istanbul » ou « Bienvenue à votre destination » ou « Bravo ! Vous pouvez vous arrêter, maintenant ». Je suis arrivé autant de fois dans la réalité que je l’avais fait en rêve. Je suis toujours en train d’arriver.

la fin?…

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Written by florence

23 juillet 2012 at 23 h 41 min

Le blues de l’arrivée

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Ça sent la fin mais l’ambiance n’est pas au triomphe: Hunt publie des textes sans images.

En haut d’une falaise surplombant la Mer Noire – 15 juillet

L’appel à la prière m’a réveillé avant l’aube, dans cette petite ville turque aux murs blancs, en haut d’une falaise surplombant la Mer Noire. Il faisait toujours nuit dehors, à peine une première lueur pâle éclaircissait-elle le ciel, à l’est. Couvrant le son amplifié de la mosquée, j’ai entendu un bruit d’eau et je suis sorti, redoutant qu’il pleuve en pensant à ma prochaine journée de marche et à mes souliers pleins de trous. Ce n’était que l’eau d’une fontaine, quelque part. Mais ce bruit m’a rappelé toutes mes journées de marche sous la pluie, et cela m’a soudain rendu triste, m’a fait d’un coup réaliser que le but est tout proche et que beaucoup de choses sont derrière moi. Je me suis senti triste en repensant à la pluie de Transylvanie, aux collines verdoyantes de Roumanie, aux plaines de Hongrie et au cours des rivières que j’avais suivi là-bas, à la Slovaquie, si vite traversée, à la neige de la vallée de la Wachau, au Danube, à la pluie sur le Rhin, au départ. Jusqu’ici, la peur de ne pas réussir à finir mon voyage, de ne pas arriver à Istanbul, repoussait cette tristesse, et là je me rends compte que quand j’atteindrai ma destination, cette peur disparaîtra, et il ne restera, peut-être, que la tristesse.

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Written by florence

16 juillet 2012 at 13 h 31 min

Publié dans Europe, Littérature, voyage