LES VREGENS

Archive for the ‘Maghreb’ Category

« Marchons, marchons ! … »

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Des films, il y en a de toutes sortes, et chacun d’eux joue son rôle, s’acquitte de son projet, plus ou moins bien. Des comédies pour faire rire, des thrillers pour faire frissonner, des mélodrames pour faire pleurer, des documentaires pour informer, de la SF pour faire rêver, des chroniques politiques pour faire réfléchir ou témoigner…etc…

Quel but, quel projet assigner au film de Nabil Ben Yadir, « La Marche », qui retrace l’initiative  de quelques jeunes des Minguettes (à Vénissieux) en 1983 ? Une « marche des beurs » à travers la France, de Marseille à Paris, du 15 octobre au 3 décembre, 17 au départ, 100 000 à l’arrivée ! Une prouesse physique, une Parole revendicative symboliquement forte et pacifiste : « POUR l’égalité, CONTRE le racisme ! »… au final, un impact plus médiatique que concrètement sociopolitique. Ce qui fit s’interroger certains à l’époque : tout ça pour si peu ? Etait-ce bien utile ?

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Pourquoi ce livre-là ?

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En général, j’ai au moins une vague idée de la raison pour laquelle tel ou tel livre me passe entre les mains. Et c’est aussi divers et varié que mes raisons de lire, mes désirs et mes besoins de lectures. Le livre que je viens de terminer fait exception. Il s’agit de « La matrice » (titre original « The mint ») de Thomas Edward Lawrence, auteur peu prolixe, plus connu (pour ne pas dire célèbre) sous le nom de « Lawrence d’Arabie« .

Avec l’édition d’une correspondance épistolaire assez fournie mais plutôt confidentielle, son ouvrage majeur est une autobiographie : « Les Sept Piliers de la sagesse », très prisée dans les milieux militaires, semble-t-il.

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Written by Juléjim

2 septembre 2012 at 17 h 52 min

Retour en terre d’espérance, avec Pierre Rabhi

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Le dernier livre de Pierre Rabhi ne paie pas de mine, à première vue, une couverture sans illustration, un titre en lettres blanches sur fond vert, et le nom de l’auteur, d’un vert plus clair. 142 pages, 15 €, chez Actes Sud. Pierre Rabhi dit ce qu’il fait tout en faisant ce qu’il dit. Son livre est sobre, alors que son objet, complexe, pourrait entraîner de multiples digressions et développements annexes ; il pourrait aussi être sombre, tant les constats sur lesquels s’appuie l’auteur pour présenter sa démarche et sa philosophie ne portent guère à l’optimisme. Pourtant, sa lecture réconforte et réchauffe. Un bonheur de lecture. Comme une promesse, une espérance « vers la sobriété heureuse ». Lire le reste de cette entrée »

Written by Juléjim

26 juin 2011 at 10 h 15 min

La guerre en Libye, la guerre alibi…

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« Les peuples n’aiment guère les missionnaires bottés. » disait Robespierre…


Alors ça y est, le Conseil de Sécurité de l’ONU ayant donné sa bénédiction, Sarkozy l’a annoncé hier après-midi, on va « intervenir » en Libye … C’est notre nouveau ministre des Affaires Etrangères, j’ai nommé BHL, qui doit être content… BHL, qui sur son blog écrit en exergue : « L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre ». Prémonitoire. Et révélateur de la personnalité du monsieur.

On est bien d’accord, même s’il est loin d’être le seul, Khadafi est un fou sanguinaire, et les cadavres s’amoncellent. Il a d’ailleurs tenu le 22 février dernier, un discours totalement délirant, rappelant au passage comment il avait viré les amerlocains et les britiches, et nationalisé le pétrole … Quand même. Ce qui lui avait valu l’admiration de son peuple. Mais c’était il y a trente ans.

En tous cas, tous ces gens qui « s’indignent » aujourd’hui, à commencer par le nabot qui nous gouverne, ont la mémoire très courte : il y a peu, c’étaient les mêmes qui se « réconciliaient » avec le tyran, moyennant quelques dollars sonnants et trébuchants pour indemniser les victimes des attentats, quelques participations fructueuses dans le capital des multinationales, quelques achats de matériel militaire, pour balancer des bombes sur la gueule des mêmes que l’occident prétend défendre aujourd’hui.

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Written by Gavroche

20 mars 2011 at 17 h 18 min

La révolution de jasmin, un article signé… Mona

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La révolution du Jasmin  …

J’ai regardé le jasmin d’hiver,  jaune dans le jardin.
Et je me suis souvenue …

Juillet 1961,  Bizerte.
J’étais cette jeune femme* décrétée bizarre dans le microcosme militaire, celle qui ne prenait la parole dans les dîners en ville, que lorsque le mépris pour les autochtones s’affichait avec tant d’inculture crasse. Qui leur rappelait un peu d’Histoire : «  vous étiez encore dans des grottes quand eux etc… »
Ostracisée , cela ne m’importait en aucune façon, mes compagnons les livres et leurs auteurs  dans une bibliothèque à ma disposition et un super bouquiniste en ville, remplissaient ma vie silencieuse .

Malgré les demandes de l’Etat Tunisien, de Bourguiba pas encore devenu un vieux despote, le France restait à Bizerte, méprisante, arrogante .

La colère montait :  en 1958 , il y avait eu l’attaque de Sakiet Sidi Youcef, petit village à la frontière algérienne accusé d’abriter des « terroristes » algériens.  L’armée française s’était permis d’aller bombarder toute une population, dans un massacre inconcevable .

A cette date , juillet 1961, nous habitions un immeuble sur le bord du canal menant de la Méditerranée au Lac de Bizerte.  Militaires à tous les étages.  Le matin du … juillet, les maris étaient partis comme d’habitude,  en bus,  à la Base aérienne,  au Radar sur le Memzel Kebir .

Dans la boutique à l’odeur spéciale des vieux livres :  « Rentrez vite chez vous « , me dit le bouquiniste, « le radar a été attaqué. »
J’habite au 4ème étage,  sous les terrasses,  belles terrasses méditerranéennes,  un endroit où je suis la seule à  m’installer,  avec mes livres.  Même pas de joyeuses cordes à linge non mais.

Dans l’escalier,  je croise quelques femmes chargées d’enfants,  de paquets,  et je comprends qu’elles s’installent toutes ensemble au rez-de-chaussée.

M’en fous,  j’aurais décliné l’offre,  qui n’est pas venue de toute façon.

Ce que j’appris plus tard,  que je vous raconte sans vérifier (ce sera plus drôle de confronter ces souvenirs aux compte-rendus officiels par la suite ) :

– Sans qu’à AUCUN MOMENT les services secrets n’aient été alertés,  dans la nuit,  une armée de militaires tunisiens est venue par le train,  depuis la frontière algérienne. ( j’ai entendu :  des Algériens sont venus ) .
Des tranchées avaient été creusées tout autour de la Base Aérienne,  probablement pas en une seule nuit ! , et les attaquants avaient commencé à tirer,  au matin,  pour signifier aux militaires français qu’ils étaient leurs prisonniers .
Sont arrivés les parachutistes français,  et le porte-avion Clémenceau  (tout jeune tout propre) qui s’est garé  (accosté , je sais)  sous MES fenêtres.  Spectacle !
Avions tirant des roquettes,  en rase-mottes (traduire au ras des terrasses),  ils avaient fait un massacre dans les tranchées creusées en ligne droite.  Des centaines de morts tunisiens,  aucun français.  Sauf une crise cardiaque d’un gros capitaine et un gamin de militaire d’une balle perdue (un gamin de 18 ans , devant sa mère).

La bataille a duré plusieurs jours.  (une semaine dans ma mémoire).
Je me croyais transparente  ( je le crois encore parfois,  spectatrice de la vie sauf quand une injustice pointe son nez ) ( non je n’ai pas chaaangé !!! ) .
Pour mieux voir,  je suis montée sur la terrasse,  pour tomber  nez à nez avec un para éberlué «  rentrez chez vous ! » (ouais ça va non ! pensé-je très poliment )
Ils passaient d’un immeuble à l’autre , poursuivant des militaires vêtus différemment (tunisiens  , vous suivez ? ) et les armes crépitaient .
Je ne pensais pas à la mort,  pas à celles des soldats poursuivis,  encore moins à la mienne,  accroupie dans un angle me permettant une vue panoramique .

Un groupe plus nombreux,  des regards noirs,  et j’ai su que je devais redescendre.

L’appartement (un studio plutôt) avait été traversé par une roquette,  deux gros trous à hauteur d’homme.
J’ai frappé à la porte du rez-de-chaussée et bafouillé je ne sais quoi.  Elles m’ont indiqué une chaise libre et continué à consommer leur repas.  J’avais faim,  il y avait une bonne journée que j’avais fait cuire le dernier grain de riz.  Au revoir mesdames, merci,  je suis sûre de l’avoir dit .

Un peu d’argent récupéré dans mon nid d’aigle et je suis allée ouvrir  la porte de l’immeuble,  sur l’avenue.  Les tirs avaient cessé depuis quelques heures, et une épicerie était tapie dans le coin, décidée à m’y rendre .

Sur le trottoir d’en face,  un corps,  un militaire tunisien.  Mon cœur bat,  je n’éprouve que tristesse impuissante.

« Madame ! »,  un très vieux monsieur en gandhoura me parle  : « Bonjour  monsieur », «  s’il-vous-plaît » et il me tend une fleur de jasmin.

J’ai les larmes aux yeux au seul mot de jasmin,  jamais je ne regarde mon jasmin jaune sans penser au vieux monsieur, à son geste,  supplique de paix  adressée à une gamine ignorée des siens,  et mon cœur se serre encore et encore.

…..
La révolution du jasmin,  ce ne sont pas les Tunisiens qui lui ont collé ce nom,  mais une facilité de journalistes paresseux.  La dignité,  vous connaissez ?

* J’avais 18 ans , mariée depuis deux ans par la grâce d’une mère embarrassée d’enfants .
Ma fille magique est née 13 mois plus tard , à Bizerte . Suivront deux fils géniaux , trois merveilleux spécimens qui m’étonnent encore chaque jour .

Written by Gavroche

21 janvier 2011 at 18 h 04 min

« Où j’ai laissé mon âme » Jérôme Ferrari Actes Sud

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Rappelez-vous,  j’avais évoqué ce livre il y a quelques semaines, à lire absolument sur le conseil de ma libraire. Et bien je viens d’en achever la lecture (154 pages écrites gros 17€ quand même !), je vais donc tenter rapidement de vous en donner le goût et l’envie.

C’est pas mal d’aborder ce roman après avoir vu le film de Xavier Beauvois, même si ça n’a rien d’indispensable. Mais je trouve que c’est juste un plus dans la concordance du thème, du temps et de l’espace. Dans les deux cas, le récit se passe en Algérie, il y a la guerre, des militaires d’une armée qui se veut légitime et des combattants qui, parce qu’ils se battent avec les armes du terrorisme, sont considérés comme illégitimes. Dans les deux cas, les différents protagonistes ont à faire avec leurs convictions, leur foi, leur dignité,  le salut de leur âme… Lire le reste de cette entrée »

Written by Juléjim

24 septembre 2010 at 21 h 31 min

Publié dans Littérature, Maghreb

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« Des hommes et des dieux », à propos et autour d’eux.

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Je m’attendais à être ému aux larmes, et je n’ai pas pleuré. J’en déduis que le propos de Xavier Beauvois a plus titillé la part rationnelle de mon esprit que l’émotionnelle. Et c’est tant mieux, sans doute. Il est vrai aussi que je connaissais la fin. Tragique,  mais magnifiquement traitée sur le plan cinématographique.

Si cette histoire m’a fait gamberger c’est d’abord qu’en voyant ces religieux vivre cette vie faite de recueillement, de partage et de don, je me suis revu moi, à huit ans, enfant de chœur, puis à dix ans, louveteau, enfin à douze, communiant en aube blanche… je fréquentais alors régulièrement les Sœurs et les Frères. Ils disaient à ma mère que j’avais une âme transparente et moi je m’imaginais vaguement faire mes études… au séminaire d’Angers. Durant cette courte période c’est, je suppose,  le sens que j’attribuais au verbe « croire », et puis les circonstances de la vie m’ont conduit à devoir avant tout croire en moi, ne serait-ce que pour devenir quelqu’un, parmi les autres. Un peu comme tout le monde j’imagine. Lire le reste de cette entrée »

Written by Juléjim

22 septembre 2010 at 21 h 21 min

Publié dans Cinéma, Maghreb

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L’héritage impossible

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C’est l’histoire d’un mec qui rencontre une femme ; Lui, est célibataire, la trentaine avancée, Elle, est mariée, deux enfants, son couple vacille depuis la naissance de la petite dernière. Elle et Lui se plaisent, un amour naît, le lien rend l’attachement irrésistible et fort. Elle rompt avec son mari, quitte le domicile conjugal. Elle veut vivre avec Lui, Lui veut vivre avec Elle. Tout va très vite, trop vite peut-être. Au début, ça se passe bien, pas longtemps, car bientôt son mari déprime, et lorsqu’il réalise qu’Elle ne reviendra plus, il craque nerveusement et psychologiquement. Accès de fureur, automutilation, hospitalisation, cure de sommeil, antidépresseurs…

Le calme revient, précaire, improbable. Pour quelques mois seulement. Un répit avant le drame. Un jour, A. est retrouvé par l’un de ses frères, pendu dans le sous-sol de son pavillon. Lire le reste de cette entrée »

Written by Juléjim

2 septembre 2010 at 18 h 56 min

Publié dans Maghreb, Société

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