LES VREGENS

Archive for the ‘Culture’ Category

« Venge nous de la mine », Liévin 1974

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Je viens de terminer la lecture du dernier livre de Sorj Chalandon, Le jour d’avant.

Il y rend hommage aux 42 mineurs morts à la fosse 3 bis, dite Saint-Amé,  de la Compagnie des mines de Lens, le 27 décembre 1974.

A l’époque jeune journaliste de Libération, il avait couvert l’affaire, comme il couvrira la grève des mineurs anglais au début des années 80. « J’ai vécu avec ces gueules noires, on allait bouffer des potages le soir. Dans ce livre, je veux rendre hommage à l’armée des gens simples. »

Dans Le jour d’avant, même s’ils ne sont pas nommément cités (c’est un roman, et non un reportage) les visages des mineurs de Liévin apparaissent pourtant en filigrane.

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Written by Gavroche

3 septembre 2017 at 15 h 08 min

La solution (finale) à la crise

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Je crois vous avoir souvent raconté être fan de séries. Et notamment de science-fiction.

J’avais regardé l’an dernier la série Trepalium sur Arte : dans un futur proche, la population est séparée en deux par un mur, avec d’un côté, la « Zone », avec 80 % de chômeurs misérables et de l’autre, la « Ville » où vivent les 20 % d’actifs, pas franchement joyeux non plus, d’ailleurs, même s’ils mangent à leur faim.

Et aussi, une petite série brésilienne, Les 3 %, l’histoire d’un monde où vivent d’un côté les riches et de l’autre les pauvres. Pour pouvoir accéder au « paradis », les participants d’un « concours » n’auront qu’une seule chance, et se départageront autour d’épreuves où tout est permis pour évincer « l’adversaire », c’est à dire d’autres comme eux. Mais seulement 3% d’entre eux vont réussir. Peut-être.

Évidemment, ça faisait penser à plein d’autres films plus anciens, Hunger games, Bienvenue à Gattaca, ou Soleil vert. Et plus récemment, Elysium.

Tout ça, c’est de la science-fiction, me direz-vous. Oui, mais. Parfois, comme on dit, « la réalité dépasse la fiction ». En tous cas, pourrait bien nous arriver sous peu un monde comme celui de 1984, du Talon de fer et de Trepalium réunis.

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Iz

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Pour ceux qui l’ignoreraient, je suis une grande sentimentale.

Et j’adore la série « Urgences ».

Si, si.

Elle me tire assez régulièrement des larmes. Parce qu’elle raconte des histoires de vrais gens.

Mon personnage préféré, bien plus que Doug Ross (George Clooney) c’est le Dr Mark Green, joué par un acteur à peu près inconnu,  Anthony Edwards.

Anthony Edwards dans Urgences

L’épisode le plus émouvant, c’est celui où il meurt, d’une tumeur cérébrale, sur une plage, à Hawaï.

Pourquoi je vous raconte ça ?

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Written by Gavroche

18 décembre 2016 at 9 h 34 min

A mes amis

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Salauds de pauvres !

L’autre matin, une amie, une qui me ressemble, une que j’aime, m’a téléphoné. Je ronronnais tranquille devant mon écran à écrire une bafouille inintéressante, et son appel m’a littéralement réveillée. Moi qui croyais être tellement démotivée que rien ne pouvait plus m’atteindre, ben le truc, ça m’a même sacrément mis en rogne.

Elle a reçu récemment un papelard des « services sociaux » du coin, qui aurait reçu un « signalement » (l’autre mot pour « dénonciation ») concernant ses gosses, et qui donc, la convoque, elle et son mari, pour « lui prodiguer des conseils » (passque faut pas déconner, si on laisse les ploucs élever leurs enfants tous seuls, et pis quoi encore) et autres joyeusetés concernant leur éducation et tout ça.

M’a fait penser aux enfants volés chez les britiches, tiens. Simplement parce qu’ils étaient des gosses de pauvres.

A revoir en replay

Bientôt, les pauvres, là-bas, on les stérilisera, d’entrée. Et ça pourrait bien venir par chez nous, la preuve. Toujours ça d’allocs en moins à leur filer, aux « assistés ».

Alors, certes, mon amie est pauvre.

Elle bosse pourtant beaucoup (mais alors vraiment beaucoup, du genre de 7 heures du mat jusqu’au soir 23 h, voire davantage si nécessaire) et son mari aussi. Voilà pour la légende des « pauvres-qui-sont-tous-des-feignants-même-que-c’est-leur-faute ». Ils ont une ferme en bio dans le coin, ils s’occupent de leur terre, soignent leurs bêtes, payent des crédits de fous, vivent dans un mobil-home parce la priorité, c’est la ferme, pour la maison, ils verront plus tard, et ils ont deux petits.

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Résister, toujours …

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La Révolution leur criait : – Volontaires,

Mourez pour délivrer tous les peuples vos frères !

– Contents, ils disaient oui.

– Allez, mes vieux soldats, mes généraux imberbes !

Et l’on voyait marcher ces va-nu-pieds superbes

Sur le monde ébloui !

Victor Hugo, Les soldats de l’an II

Ces derniers jours, j’ai regardé le début de la septième saison de Le village français.

C’est une série que j’ai suivie depuis le début, et que je trouve vraiment remarquable. Au-delà des querelles d’historiens, elle montre une réalité en demi-teinte de la France de cette époque.

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Ni « tous résistants », ni « tous collabos ».

Quelques individus, les purs, ceux qui dès 1940, s’engagèrent dans la résistance, et notamment les communistes, mais aussi quelques membres de l’Action Française, et peu après, quelques gaullistes. L’union sacrée face à l’occupant nazi.

De vrais collaborateurs, français, qui firent non seulement de juteuses affaires avec « les boches », mais plus encore, dénoncèrent, torturèrent, et envoyèrent à la mort des milliers de gens (juifs et opposants) sans le moindre remords.

Mais la série montre surtout une grande majorité de gens ballottés par les événements, qui essayaient seulement de survivre, de faire « le mieux possible », quitte à faire des « concessions » sur l’inacceptable et à fermer les yeux.

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Written by Gavroche

7 novembre 2016 at 12 h 30 min

Regarder la télé, ça réveille !

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Regarder les jités devient une véritable épreuve, mais ça a une vertu : ça réveille !

Hier, sur la 3, outre les traditionnels marronniers, les vacances de la Toussaint pour les nuls, les chrysanthèmes, leur vie, leur histoire, le retour des horloges comtoises (cocorico, vive l’artisanat français) on a eu droit au faux suspense de l’élection américaine, comme si maman Hillary valait mieux que papa Trump…

Bref.

Florilège énervant, hier soir :

« Forcené » vs police « républicaine » et courageuse et formidable qu’on doit encourager à manifester, même à visage masqué (moi qui croyais que c’était interdit?), faut les comprendre, merde !

L’histoire : un père de famille bourré se dispute avec son voisin.

Cinq policiers arrivent, le gars brandit une machette, finalement la laisse tomber et pointe une arme (révélée factice par la suite) sur les policiers, lesquels, « qui se sentent tous en danger », tirent tous les cinq en même temps, dont un avec un fusil d’assaut.

On se demande bien comment il a fait pour pointer son pistolet d’alarme sur les cinq poulets autour de lui, mais passons. Un surdoué de la gâchette, sûrement. Un terroriste en puissance, qui sait.

Bilan : un mort, et bien entendu, c’est de « la légitime défense » . Il n’y a pas de témoins, c’est pratique. Et vu que le mort était un pauvre type, les cinq seront acquittés, ça ne fait pas un pli.

Moralité : ne soyez jamais bourré, ne vous énervez pas, en France, ça vaut la peine de mort.

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Written by Gavroche

30 octobre 2016 at 10 h 29 min

Monsieur D.

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L’autre jour, mon internet était en panne. Du coup, mon téléphone aussi.

Coup de chance, ici, on est pas en « zone blanche » ou « grise ».

Alors, avec mon vieux téléphone portable (je suis allergique aux aïephones et autres bidules tellement « modernes » que c’est tout juste s’ils ne vous font pas le café, un téléphone c’est fait pour … téléphoner, merde!) j’ai appelé la « hotline ».

M’a toujours fait penser aux Bidochon, comme truc.

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Après quelques minutes d’attente (dix minutes, quand même, à 0,34 euros la minute, elle coute un bras, Line) j’ai pu parler à un être humain.

Monsieur D.

Un accent africain à couper au couteau. Évidemment. De la musique dans la voix, pas comme tous les ceusses qui nous causent à la télé, qui n’en ont aucun, eux, d’accent.

Il a tout vérifié, la ligne, tout ça, bref, il a résolu mon problème en trois coups de cuillère à pot, avec gentillesse, efficacité, et tout et tout. Ça marche même mieux qu’avant, dis-donc.

On a fini par se causer gentiment, par rigoler ensemble, en nous appelant par notre petit nom, moi, Monsieur D. et lui, Madame G.

Il avait promis de me rappeler le lendemain, pour pas que je dépense mes sous avec Madame Hot Line, et il l’a fait.

Alors voilà, je me suis fait un copain au-delà de la Méditerranée, et ça m’a fait vachement plaisir. Ça m’est arrivé aussi un jour, en causant avec un gars qui habitait à Barcelone. Ben ouais, j’ai des copains dans tous les pays du monde, sur la terre qui est un astre.

Et sinon, j’ai lu un bouquin admirable, qui parle de plein de Monsieur D, qui viennent de là-bas, en Afrique. Qui viennent avec leurs femmes et leurs gosses. Qui viennent mourir comme des chiens aux portes de la belle Europe, cette vieille salope égoïste qui prétend représenter « les valeurs de l’humanité ». Ce livre parle d’un type banal, comme moi, comme nous tous, qui soudain, ouvre les yeux.

Ça s’appelle L’opticien de Lampedusa.

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Vous pouvez toujours écouter son auteur, Emma Jane Kirby, qui en parle sur France Inter.

L’autre invité, c’est Gianfranco Rosi, qui vient de faire un film, Fuocoammare, par-delà Lampedusa.

Le lien est là : L’heure bleue, 5 octobre 2016

Moi, les Monsieur D., je les aime, ils sont plus proches de moi, de nous, que tous ces propres-sur-eux qui prétendent nous gouverner. J’ai ouvert les yeux il y a longtemps.

 

 

 

Written by Gavroche

8 octobre 2016 at 12 h 35 min