LES VREGENS

Archive for the ‘autres cultures’ Category

« Grâce et dénuement » d’Alice Ferney

with 3 comments

« Deux français sur trois sont contre le retour de Leonarda en France« (sondage BVA/i-télé) ; « le front républicain perd la face devant le front national« (Brignolles) ; « Les Roms harcèlent les Parisiens ! (NKM) » ; « seule une minorité [des Roms] cherche à s’intégrer » … leur « mode de vie » est en « confrontation » avec celui des populations locales. »(Manuel Valls)

***

Si, comme moi, les oreilles vous sifflent à force d’entendre le tam-tam médiatique qui désespère, ce roman d’Alice Ferney, édité chez Actes Sud en 1997, vous est vivement conseillé ! En situant son récit au cœur d’une communauté gitane, sans rien nous épargner de l’âpreté, de la dureté, de l’étrangeté parfois, de l’entêtement communautaire aussi de ces gens que l’on dit « du voyage » (même lorsqu’ils se sédentarisent par la force des choses), cette auteure, à l’écriture somptueuse et subtile, parvient à créer une espérance qui redonne foi en l’humain.

Grâce et dénuement

Lire le reste de cette entrée »

Ouvrir l’oeil, tendre l’oreille

with 3 comments

… pousser les portes (Albany)

Lire le reste de cette entrée »

Written by florence

6 novembre 2012 at 2 h 49 min

Tout consigner, toujours

with 7 comments

Joseph Mitchell est vraiment un personnage très mystérieux, à jamais caché derrière ses écrits, qui parlent à peine de lui. Enfin, qui sait ?

1908-1996


Lire le reste de cette entrée »

Written by florence

18 août 2012 at 11 h 04 min

Istanbul, ou les mille et une… arrivées

with 3 comments

Les billets de Mr Hunt se terminent. J’aime bien ceux qui tissent des variations sur des idées toutes simples: qu’est-ce qu’une route? qu’est-ce qu’un voyage? qu’est-ce qu’une frontière? Aujourd’hui: qu’est-ce qu’une arrivée?

Je me permettrai un petit commentaire personnel à la fin.

À pied, une arrivée est un processus qui se déroule très lentement. Ce n’est pas un instant précis, un passage de « là-bas » à « ici ». Au cours de ces sept mois (deux cent vingt-quatre jours, pour être précis), j’étais arrivé de nombreuses fois à Istanbul car mon esprit anticipait sur mon corps, me devançait en flottant à travers des paysages mystérieux n’existant que dans mon imagination, des villages aux noms creux que je n’avais pas encore appris à prononcer, et s’arrêtait brusquement devant des images de cartes postales : des minarets, des dômes, des étendues d’eau. Mais mon arrivée dans cette ville que je me représentais depuis tant de mois comme « la fin » s’est avérée plus complexe et plus subtile. Aucun panneau annonçant « Vous entrez dans Istanbul » ou « Bienvenue à votre destination » ou « Bravo ! Vous pouvez vous arrêter, maintenant ». Je suis arrivé autant de fois dans la réalité que je l’avais fait en rêve. Je suis toujours en train d’arriver.

la fin?…

Lire le reste de cette entrée »

Written by florence

23 juillet 2012 at 23 h 41 min

À l’est d’Éden

with 3 comments

Attention : objet piégé !

Ceci n'est pas un conte exotique

Cette couverture bariolée et naïve suggère une Inde pittoresque aux temples posés dans une nature luxuriante qu’hommes et animaux se partagent dans l’innocence presque enfantine d’un passé colonial.

Erreur : il faut plonger dans le noir et blanc du texte et accepter de s’enliser de l’autre côté du miroir.

Lire le reste de cette entrée »

Written by florence

9 août 2011 at 14 h 02 min

Histoire(s) de Gitans

with 16 comments

Je dois avoir du sang gitan

Lire le reste de cette entrée »

Drinn ne répond plus.

with 3 comments

Elle s’appelle Juliette, mais comme on est dans la vraie vie, lui ne s’appelle pas Roméo. Il s’appelle Drinn, parce que ses parents sont kosovars.

Juliette dit que c’est son amoureux.

Mais aujourd’hui, Juliette et Drinn ne peuvent plus se voir, plus se prendre la main, ni se faire des bisous. Le monde des grands les a séparés.

C’est en Septembre dernier que Juliette a rencontré Drinn.  Dès leur première rencontre, le cœur de Juliette a bondi. Drinn est beau, Drinn a les yeux rieurs.

C’est certain, aucun autre garçon de la moyenne section de maternelle n’est mieux.

Drinn arrivait du Kosovo, avec sa mère et son père, professeur d’université à Pristina, francophile acharné, qui venait à Paris passer un doctorat de sciences politiques.

A Pâques, Drinn et ses parents sont rentrés voir la famille. Avant de partir, Drinn a offert un dessin à Juliette, le dessin d’une maison,  avec des arbres, et une voiture rouge.  » T’as vu, ça déborde pas  » a dit Juliette, si fière des talents de son amoureux.

Après les vacances, Drinn n’est pas revenu à l’école. Juliette se sent seule et son coeur est plus lourd chaque matin.

L’ambassade de France, à Pristina,  n’a pas accordé de nouveaux visas à Drinn et à sa maman. « La bourse d’étude du papa ne saurait valoir  justificatif de ressources ».

Le papa de Drinn prépare un doctorat de sciences politiques dans le pays des Lumières, le papa de Drinn a pris un cours de sciences politiques appliquées.

Juliette a 5 ans et elle est triste.

Written by lenombrildupeuple

15 mai 2011 at 17 h 02 min

Kofi – Dossier Pôle emploi n°0647828H

with 12 comments

— Eh Bokassa, quand tu auras fini avec le nettoyage de la salle, tu iras à la cave  me chercher une bouteille de Morgon. Et tu fais attention, hein, si tu la casses, je te botte le cul quelque chose de bien … Tu m’entends minus ?

Oui, oui, bien sûr, qu’il l’entend, toute la journée il l’entend  » Bokassa fais ci, Bamboula fais ça !! « . Et pour les coups de pieds au cul, un de plus ou un de moins…

Il continue à passer la serpillère entre les tables en repensant à sa vie d’avant, quand personne ne l’appelait Bokassa, quand personne ne le battait, quand il vivait sous le soleil de Bamako ; avant.

— Tu verras mon Kofi, on sera bien en France. En France, tous les gens ont de beaux habits, tous les gens ont des belles voitures, ils ont des grandes maisons. On sera bien. Je vais trouver un monsieur blanc pour s’occuper de nous.

Maman le serrait alors fort contre son cœur. Elle le berçait avec ses promesses douces.

— Il faudra être gentil avec lui. On sera bien là-bas.

Depuis six mois, il y étaient. Maman avait donné toutes ses économies à madame Coulibaly pour passer une annonce dans le Sasseur Français. Le Sasseur Français, c’est le journal pour trouver un mari en France.  Kofi connaissait plein de femmes de son quartier qui étaient partis en en France après une annonce comme ça.

Kofi veux bien être gentil mais il ne veux plus recevoir les coups.

Tout était allé très vite. Kofi avait même trouvé très drôle qu’on le vieillisse de deux ans sur les papiers. De 14 ans, il était officiellement passé à 16 ans. La tête d’Ibrahim et de Fatou quand il leur avait montré le passeport tout neuf. Elle lui manquait Fatou, et leur balades au milieu du Grand Marché, la poussière rouge qui collait aux sandales… C’est monsieur Blondeau qui avait dit qu’il fallait changer son âge, « pour le travail » il avait dit.

Depuis Maman s’occupe de toute la vaisselle du restaurant, et d’éplucher les légumes aussi et lui Kofi, il nettoie le restaurant de monsieur Blondeau, il reçoit des claques, il sort les poubelles, et tout et tout.

Ce n’est pas vraiment ça qu’il avait imaginé.

Il pensait que le mari en France sera comme sur l’affiche du cinéma Babemba, avenue Kassé Keita,  un grand homme blanc avec un regard gentil ou alors qu’il ressemblera à Zinedine Zidane, le meilleur foortballeur du monde, et qu’il emmènera Kofi au stade, et Kofi deviendra aussi champion du monde , il jouera pour la France et pour le Mali et maman sera enfin heureuse, ce sera bien.

Kofi laisse là son balai et ses rêves pour descendre rapidement à la cave. Il n’aime pas y aller, c’est sombre, plein de poussière et d’humidité. Il tâtonne pour trouver le bouton de la lumière. L’ampoule éclaire pauvrement les toiles d’araignées. Il s’accroche à la rampe, cherche à calmer sa respiration.

En bas de l’escalier,  il s’assoit quelques instants sur la dernière marche. La bouteille de Morgon est face à lui, tout en haut, sur la dernière étagère.

Il n’arrive pas à l’attraper.

Souvent les clients trouvent qu’il est petit pour son âge. Monsieur Blondeau explique alors que c’est à cause de la nourriture dans ces pays là, mais que ici il allait prendre force, grâce à lui.

Il traîne une caisse moisie pour se hisser.  Il grimpe dessus. Il tire délicatement la bouteille du casier, Kofi sait qu’il prendra une sacrée volée si la précieuse  bouteille tombe et se brise…

Written by lenombrildupeuple

23 février 2011 at 15 h 58 min

Elia dans les Balkans

with 12 comments

C’est vous qui l’avez voulu! Il était une fois…

titre

… or donc, il était une fois 3 frères nés à Samakof (Empire Ottoman, Bulgarie actuelle).

Lire le reste de cette entrée »

Written by florence

20 février 2011 at 18 h 55 min

Publié dans autres cultures, Europe, histoire, Hommage

Tagged with ,

Juste en passant

with 13 comments

J’avais lu il y a très très longtemps The Songlines (Le champ des pistes) de Bruce Chatwin. Et aujourd’hui j’ai traîné mon fils au Musée du Quai Branly, où l’on voit dans des conditions idéales un panneau entier de peintures sur écorce d’Australie.

Ce livre et ces images parlent d’une très étrange mythologie dont le grand attrait, pour moi, est qu’elle fonde une identité qui prend racine sur l’exact contraire d’un terroir. Tout y est mouvement, souffle, fluidité,

ce que Chatwin résume d’une formule: There is a connection between instinct and story telling.

Lire le reste de cette entrée »

Written by florence

18 février 2011 at 0 h 57 min