LES VREGENS

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La campagne du referendum, telle que les grecs l’ont vécue

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AUJOURD’HUI, MES PRIERES AUX DIEUX DE L’OLYMPE TIENNENT EN UN MOT : OXI

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Corrida : la véritable histoire

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L’autre matin, j’écoutais l’émission de Jean-Noël Jeanneney, « Concordance des temps », sur France Culture, consacré à la corrida.

Dans cette émission était invité Éric Baratay, professeur d’histoire contemporaine à l’Université Jean Moulin Lyon 3 depuis 2001, et spécialiste de l’histoire des relations hommes-animaux, principalement aux époques moderne (XVIe-XVIIIe siècles) et contemporaine (XIXe-XXIe siècle).

Il venait pour parler de son livre Le Point de vue animal, une autre version de l’histoire, paru au Seuil ce printemps. Mais aussi, bien sûr, de la corrida.

Pour justifier la perpétuation de la barbarie taurine, les aficionados prétendent qu’il s’agirait d’une « tradition séculaire ». C’était d’ailleurs l’argument avancé par Nicolas Sarkozy et son ministre de la « Culture » (je sors les banderilles …) pour inscrire la corrida dans le « patrimoine culturel » de la France. J’en avais parlé à deux reprises ici.

Ce qu’est la « culture en France »

Le patrimoine culturel de la France

Dans la réalité, la corrida a des origines :

  • aristocratiques : après l’interdiction des tournois par le pouvoir séculier et par l’Eglise, les chevaliers en armure ont remplacé leurs adversaires humains par des taureaux, qu’il s’agissait de dézinguer à la lance. Ils sont en quelque sorte les ancêtres des picadors d’aujourd’hui. La noblesse guerroyant à cheval, y voyait un excellent moyen de s’entraîner. Elle s’est finalement lassée de ces pratiques, jugées peu civilisées, et les a laissées au bon peuple.
  • Car parallèlement à cette tauromachie le luxe, va débuter une tauromachie pédestre et populaire, juste au moment où les aristocrates se désintéressent peu à peu de leurs petits jeux, à la fin du XVIIIe siècle. Et ce sont les ouvriers des abattoirsqui, avant de tuer les animaux, vont « s’amuser » un peu avec. Histoire de joindre l’utile à l’agréable. Juchée sur les toits, la foule assiste à ce spectacle au grand désarroi des autorités, laïques et religieuses, qui tentent d’interdire pendant deux siècles ces pratiques non pour des raisons humanitaires, mais pour mettre un terme aux dégâts occasionnés, et au « déchainement des passions » populaires.Et peu à peu ce « divertissement » devient une profession à part entière. Les premiers toreros rémunérés sont donc d’anciens employés des abattoirs. De 1730 à 1750, la corrida va se codifier.

Une « invention » espagnole, donc, andalouse plus précisément, (les mêmes qui ont inventé l’Inquisition) dont la « technique » est fixée par le matador Pepe Hillo, dans un traité de 1796, sobrement intitulé La Tauromaquia o el arte de torear de pié y a caballo.

Si la corrida hérite des tauromachies aristocratiques le goût du sang et la recherche de la somptuosité, d’importantes différences sont à mentionner :

  • la création d’un animal spécifique (le taureau de combat)
  • la réapparition des arènes, qui pour beaucoup d’entre elles, servaient jusque là d’habitation aux plus pauvres
  • un but commercial

La technique du combat est élaborée de sorte que la mort de l’animal soit lente, sans quoi il n’y aurait point de spectacle. Il s’agit de « maintenir la vie dans la souffrance », selon la définition que Michel Foucault donne de la torture. Chaque combat dure quinze minutes, et une corrida comprend donc une série de mises à mort (à Madrid, après 1750, on tue six taureaux le matin et douze l’après-midi). Au siècle des Lumières, les récits de voyageurs allemands, anglais et italiens expriment de manière dominante un sentiment de répulsion face à la corrida, « spectacle » obligé pour les voyageurs. Pour les philosophes des Lumières, la corrida « ne devrait avoir que des bourreaux pour apologistes »

Au XIXe siècle, malgré une vive opposition à la corrida, de la part de Victor Hugo, Émile Zola, Victor Schoelcher, ou José Maria de Heredia, tous également opposés à la peine de mort, se construit en France – dans les milieux intellectuels – une « Espagne romantique » dans laquelle les toréadors occupent une place de choix. La corrida entre dans la littérature française, notamment sous la plume de Théophile Gautier, Alexandre Dumas et surtout Prosper Mérimée, ami personnel de l’impératrice Eugénie de Montijo. On constate que le mélange des genres n’est pas nouveau chez nous.

Car après le vote de la loi Gramont , en 1850, qui interdit les mauvais traitements perpétrés en public contre des animaux domestiques, promulguée grâce à la force de l’argument selon lequel la violence envers l’animal comprend en elle-même son extension à l’homme, Napoléon III fera une exception : pour les taureaux de corrida. Il faut dire qu’il était marié à l’impératrice Eugénie. Ça explique.

Et dans la foulée, ce sont les organisateurs de corridas qui vont tenter d’importer la barbarie partout en France : à Paris, à Dunkerque. Devant le peu de succès rencontré, ils vont concentrer leurs efforts dans le sud de la France, qui n’est donc pas vraiment une terre « naturellement » tauromachique…

Avant la Seconde Guerre mondiale sont élaborées toutes sortes de théories. L’Histoire de l’œil (1928) de Georges Bataille met en lumière l’érotisme morbide de la corrida. La mode est au mythe, et une interprétation « sacrificielle » est lancée en France par Henri de Montherlant dans Les Bestiaires (1926), puis par Michel Leiris dans Le Miroir de la tauromachie (1938).

Bon évidemment, tous les deux ont ensuite renié la corrida, qualifiée de « muflerie et sauvagerie » par le premier, de « snobisme » par le second … Comme quoi, tout le monde peut se tromper… Le tout est de le reconnaître.

Bref, tout est mis en place pour trouver des justifications… En un mot comme en cent, la corrida est une activité lucrative parée d’intellectualisme frelaté : « le combat de l’esprit contre la force brute »… le prétendu « danger pour l’homme » (entre 1950 et 2000 : un torero mort pour 45 000 taureaux, un match inégal)

Et on en arrive à notre époque :

En avril 1951, la corrida acquiert dans le droit français un statut dérogatoire : devant tomber sous le coup de la loi contre les actes de cruauté perpétrés en public contre des animaux domestiques, elle bénéficie d’une dérogation « lorsqu’une tradition locale ininterrompue peut être invoquée ». Sarkozy et son ministre de la « culture » n’ont rien inventé…

Toutes ces théories esthétisantes, ou qui se réfèrent à une prétendue « tradition », ne font que mieux souligner la brutalité de la corrida, car préciser que la violence est “mise en scène” ou “théâtralisée”, c’est reconnaître qu’elle est voulue, organisée, et délibérément exacerbée. Comme le savent les taureaux martyrisés, les sévices qu’on leur inflige ne sont pas fictifs, mais bien réels.

Eric Baratay était donc invité pour parler, pour une fois, de l’animal dans cette triste histoire.

Ainsi, il évoquait les propos d’un commentateur « sportif » des années 50 : « Très belle mise à mort, le taureau donne des signes évidents d’asphyxie, mais il est toujours debout… »

Selon les travaux des vétérinaires depuis trente ans, les taureaux, prétendument « sauvages », ne sont que des animaux domestiques, tout comme ceux qu’on voit brouter paisiblement dans nos prés… Et contrairement aux déclarations des aficionados, ils souffrent.

Le stress de ces taureaux commence avec « l’afeitado », une pratique qui consiste à scier plusieurs centimètres de corne pour éviter tout risque aux toreros, voilà qui démolit le prétendu « acte héroïque » de ces pingouins en costume moule-boules ridicule… Or, les cornes sont au taureau ce que les moustaches sont au chat : elles l’aident à se repérer dans l’espace. Leur mutilation brutale brouille les repères et la coordination de l’animal. Cette opération illégale, pratiquée clandestinement, provoque une intense souffrance, puisque la partie innervée de la corne est mise à vif. Et du coup, le taureau ne s’en servira pas contre son tortionnaire… Imaginez deux secondes qu’on vous lime les dents sans anesthésie…

En Espagne, la confédération des professionnels de la tauromachie, a d’ailleurs fait grève, il y a quelques années, pour s’opposer aux inspections vétérinaires destinées à vérifier, entre autres, que les cornes n’étaient pas sciées, au prétexte que les vétérinaires n’étaient pas assez expérimentés. Mais on peut aussi y voir une simple affaire de gros sous : il faut savoir qu’un matador professionnel gagne jusqu’à un million d’euros par an, et la vente de tickets rapporte plus d’un milliard d’euros chaque année …

Le stress des taureaux continue quand ils sont parqués dans l’attente d’entrer dans l’arène. Dans un espace clos, alors qu’ils vivaient dehors, dans le noir, pour qu’ils soient aveuglés en sortant, ils attendent, entendent les meuglements de leurs congénères qu’on tue, les cris des gens sur les gradins, ils sentent les phéromones de peur et d’angoisse, les odeurs de mort des cadavres qu’on emmène…

Le stress continue encore quand enfin ils sortent : désorientés, puisqu’on leur a coupé les cornes, souvent, pour échapper aux cris, au bruit, ils courent au milieu de l’arène pour s’en éloigner, ou terrifiés, se précipitent sur les gradins …

Et enfin, au cours de ce « spectacle », chaque taureau reçoit en moyenne entre 1,80 m et 2 m d’acier dans le corps. Dans des endroits sensibles, douloureux, leur système physiologique étant semblable à celui des humains…

Car comment se déroule une corrida type ?

Deux picadors montés sur des chevaux aux yeux bandés affaiblissent d’abord le taureau en lui plantant une longue pique entre les épaules, de façon à cisailler le ligament de la nuque et empêcher le taureau de redresser la tête. Ils remuent les piques pour provoquer une hémorragie conséquente.

Et il arrive parfois que les chevaux payent le prix fort. Baratay racontait qu’il y a peu, on remettait les entrailles dans le ventre du cheval blessé, on bourrait tout ça de paille, on recousait, et hop, on le renvoyait dans l’arène… (vous vous souvenez sans doute des terribles images de la mort de Xelim, le cheval du tueur Rui Fernandez à Séville, ce printemps…)

Mais comme le spectacle ne doit pas finir trop vite, il faut que le public en ait pour son fric) les picadors arrêtent avant que le taureau succombe. Ils cèdent la place aux peones, qui continuent la torture à coups de banderilles. Ces harpons, une fois enfoncés dans la chair, vont se balancer à chaque mouvement de l’animal, histoire de lui faire comprendre qui est le patron…

Enfin, quand le taureau n’a plus la force de les poursuivre, le matador (« tueur » en espagnol) peut enfin entrer en scène. Après avoir provoqué quelques charges de la part du taureau épuisé et mourant, il tente de le tuer avec son épée. Souvent, l’arme ne pénètre qu’à demi, transperçant un poumon, sectionnant une artère. Il faut alors achever l’animal en sectionnant la moelle épinière. Comme il arrive que le torero soit maladroit, le taureau est parfois encore vivant quand il est traîné par les cornes hors de l’arène. Pour clore le spectacle, les oreilles et la queue du taureau peuvent aussi être tranchées dans le vif et offertes aux spectateurs.

Tout cela, c’est ce que les aficionados appellent « un acte d’amour » entre le taureau et l’homme.

Alors que le gouvernement Sarkozy avait inscrit cette pratique barbare dans le patrimoine culturel français, un sondage de mai 2010 donne 66 % des français opposés à la corrida. Ce qui étonne, dans une société où la voix des médias, largement favorable à la corrida, fait oublier qu’ils ne sont pas nécessairement le reflet de la pensée du plus grand nombre, mais celui d’une classe sociale encore séduite par l’esthétisation de la violence.

Du pain et des jeux pour le bon peuple, vieille antienne.

Bibliographie :

– Eric BARATAY, Le Point de vue animal, une autre version de l’histoire, Seuil, 2012.

– Eric BARATAY et Elisabeth HARDOUIN-FUGIER, La Corrida, PUF, 1995.

– Elisabeth HARDOUIN-FUGIER, Histoire de la corrida en Europe du XVIIIe au XXIe siècle, Éditions Connaissances et savoirs, 2005.

– Elisabeth HARDOUIN-FUGIER, La Corrida de A à Z, Alan Suttons eds, 2010.

– Bartolomé BENASSAR, « Pourquoi l’Espagne a inventé la corrida ? », L’Histoire, mars 1993.

le site de la FLAC

Insécurité … sociale

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Ce matin, j’écoutais France Inter.

Et notamment, les trois chroniqueurs invités, pour parler des prochaines élections présidentielles, en l’occurrence, Jean-Marie_Colombani (actuellement patron de Slate, et je découvre qu’il fait partie du club le Siècle), Dominique Reynié (politologue, libéral, évidemment et … « proche de l’UMP ») et … (pardon d’avance à Mona, si elle me lit) Caroline Fourest. No comment en ce qui la concerne, je ne voudrais pas qu’on m’accuse de « cracher » sur la dame.

Pour prouver que (quand même) je ne raconte pas de craques, vous pourrez juger par vous mêmes et écouter ce machin ici.

Ces gens de bonne compagnie discutaient donc gentiment sur le futur meeting de François Hollande (honnêtement j’ai oublié où) et sur les futures élections.

Selon ces gens, de toutes façons, c’est la crise, et on ne peut pas faire grand chose (Colombani), la gauche étant faible dans les intentions de vote (Reynié), il faut surtout que notre ami Hollandréou appuie sa « campagne » sur « battre Sarkozy  » (a priori, c’est déjà le fond de son « programme ») et qu’il « se mette en scène« , qu’il prenne « une posture de capitaine » (Fourest). Sans préciser capitaine de quoi. La politique comme spectacle…

Selon ces gens, les « classes populaires » votent FN, à 39 % (ils s’appuient sur un sondage IFOP).


Et la question est posée : « les classes populaires » sont-elles « la clé du scrutin » ?

Pas vraiment, le véritable arbitre de cette élection, ce sera « le centre » (Colombani). Et de toute façon, la « classe populaire n’existe plus », parce que « les employés se considèrent comme faisant partie de la classe moyenne. » « Les catégories socio-professionnelles que nous connaissions sont obsolètes ». (Reynié). Les gens veulent de la « modération ».

Les ouvriers, eux, « naissent dans une culture d’extrême droite » (Reynié, toujours), et donc, les points importants pour les conquérir sont : lutter contre la précarité, leur donner un meilleur statut, logement, pouvoir d’achat, santé, et … immigration et sécurité (encore Reynié). Parce qu’à la fin des fins, les ouvriers se sont rendu compte que « la gauche n’a pas su les protéger »… (toujours Reynié).

Fourest : chez les classes populaires, vient en premier l’abstention, puis le vote FN. Les membres d’EELV eux, sont des « bobos » … Et « tout le monde doit penser à ceux qui souffrent le plus de cette crise ».

Nos bons experts, si loin des préoccupations du bas peuple, qui ne vont jamais « au-delà du périph » savent malgré tout de quoi ils parlent…

Reynié, approuvé par Fourest : « ce qui manque à Mélenchon » – en précisant qu’il n’est qu’à 8 % d’intentions de vote, selon les sondages – pour séduire les « classes populaires », « c’est la xénophobie. »  

Au-delà de ce que je ressens dans ce discours comme un total mépris de classe, et là pour le coup, vraiment comme un « crachat », moi, en discutant avec les vrais gens de la France d’en bas, je n’ai pas constaté du tout la haine de l’autre.

La propagande s’intensifie, mais elle marche de moins en moins bien. Dans les jités du service public, et ça se vérifie tous les soirs, les sondages donnent les chiffres : UMP, PS, Modem et FHaine. La démocratie selon les médias … Le FDG est systématiquement absent. Il n’existe pas pour les journaleux. Pourquoi, à votre avis ?

Sauf que les vrais gens de la France d’en bas ne sont pas aussi cons que ce que croient nos « élites » médiatiques. Ils ne se sentent pas agressés par l’immigré du coin, mais surtout par leurs conditions de vie de plus en plus difficiles. Mémé n’a pas peur que Mohamed lui pique son sac. Il n’y a rien dedans. Elle a surtout peur de crever toute seule dans son coin avec son minimum vieillesse. En insécurité oui, mais en insécurité sociale.

La « politologie » est un sport de combat.

Written by Gavroche

22 janvier 2012 at 14 h 34 min

Histoire(s) de Gitans

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Je dois avoir du sang gitan

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Comme un lego

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Mardi matin, sur france-inter, Pascale Clark recevait Gérard Manset. Ils ont beaucoup parlé d’Alain Bashung et Manset a tenté de faire la part entre ce qui rapprochait ces deux êtres ultra-sensibles et ce qui maintenait malgré tout une certaine distance entre eux. Au final, ils se seront donc trouvés, au coeur d’une chanson magnifique : « Comme un lego ». Paroles de Gérard Manset, musique d’Alain Bashung. Au crépuscule de la vie d’Alain.

Pascale Clark a eu la bonne idée de réserver les dix dernières minutes de l’émission à l’écoute intégrale de « Comme un lego ».

Un agriculteur a écrit à france-inter pour dire l’émotion qui l’avait saisi sur son tracteur, en plein champ, ce matin-là. Moi je roulais vers la Haute-Normandie. Il pleuvait derrière mes lunettes de soleil.

***********************

C’est un grand terrain de nulle part

Avec de belles poignées d’argent

La lunette d’un microscope

Et tous ces petits êtres qui courent

Car chacun vaque à son destin

Petits ou grands

Comme durant des siècles égyptiens

Péniblement

A porter mille fois son point sur le « i »

Sous la chaleur et sous le vent

Dans le soleil ou dans la nuit

Voyez-vous ces êtres vivants ? (x3)

Quelqu’un a inventé ce jeu

Terrible, cruel, captivant

Les maisons, les lacs, les continents

Comme un lego avec du vent

La faiblesse des tout-puissants

Comme un lego avec du sang

La force décuplée des perdants

Comme un lego avec des dents

Comme un lego avec des mains

Comme un lego

Voyez-vous tous ces humains

Danser ensemble à se donner la main

S’embrasser dans le noir à cheveux blonds

A ne pas voir demain comme ils seront ?

Car si la Terre est ronde

Et qu’ils s’y agrippent

Au-delà, c’est le vide

Assis devant le restant d’une portion de frites

Noir sidéral et quelques plats d’amibes (x2:)

Les capitales sont toutes les mêmes devenues

Aux facettes d’un même miroir

Vêtues d’acier, vêtues de noir

Comme un lego mais sans mémoire (x3)

Pourquoi ne me réponds-tu jamais

Sous ce manguier de plus de dix mille pages

A te balancer dans cette cage ?

A voir le monde de si haut

Comme un damier, comme un lego

Comme un imputrescible lego

Comme un insecte mais sur le dos

C’est un grand terrain de nulle part

Avec de belles poignées d’argent

La lunette d’un microscope

On regarde, on regarde, on regarde dedans

On voit de toutes petites choses qui luisent

Ce sont des gens dans des chemises

Comme durant ces siècles de la longue nuit

Dans le silence ou dans le bruit (x3)

*********************

http://musique.fluctuat.net/blog/33212-comme-un-lego-de-bashung-a-manset-et-retour.html

Written by Juléjim

27 mai 2011 at 12 h 08 min

Publié dans Hommage, Musique, Radio

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Je suis guérie : maintenant, j’aime Sarkozy !

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Voilà, ça y est. Je suis guérie. Grâce au Docteur Finkielkraut. Je n’ai plus de haine en moi…

Samedi matin, en buvant mon caoua, j’écoutais France Q, à 9 h du mat’. L’émission « Répliques » présentée par ce bon Finkielkraut. L’émission de samedi avait un titre évocateur « le moment Sarkozy »… Honnêtement, elle aurait sans problème pu s’appeler « Pourquoi tant de haine ? », mais bon, ça faisait pas très sérieux, faut dire.

Une révélation, ça a été…

Les invités étaient Benoît Raiski, pour son livre « L’homme que vous aimez haïr », et François Bonnet, journaliste à Médiapart, co-auteur du bouquin « N’oubliez pas, faits et gestes de la présidence Sarkozy »…

Mais qui est Benoît Raiski ? Il est, selon Wikipedia, journaliste et historien… En fait, il a surtout été journaliste à France Soir, au Matin de Paris, à Globe Hebdo et à L’Événement du jeudi.

Dans les années soixante-dix, alors qu’il écrit pour France-Soir, il prend fait et cause pour Bernard-Henri Lévy, qui décèle (déjà) dans une déclaration de Georges Marchais « le fantôme discret et familier de l’antisémitisme »…

Ce qui explique sans doute qu’il ait été invité par M. Finkielkraut, qui le présente comme « du même bord » que François Bonnet, c’est à dire sans rire, de gauche, vraiment de gauche, oui…

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Deux humoristes, deux styles

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Ce midi j’ai mis le Fou du Roi pour la première fois depuis la reprise (d’avant-hier) et suis tombé sur la chronique de Manu Pratt qui devrait rapidement déplaire à « l’actionnaire principal » (merci à sleepless pour me l’avoir fait connaitre),

[ajout du 3/9, d’après son site et via un @sinaute, c’est fait http://www.manuelpratt.net/article-chronique-france-inter-1er-septembre-2010-56374365-comments.html#anchorComment]

je voulais donc la partager avec vous,

la voici :

Du coup j’ai repensé à son copain, qui je crois, sauf erreur, n’est plus sur Inter, et que j’aime bien aussi, son parcours rock ne doit pas y être pour rien,

c’est Thomas VDB

les liens « myspace »

http://www.myspace.com/manuelpratt

http://www.myspace.com/tomvdb

Written by alainbu

1 septembre 2010 at 19 h 47 min

Nostalgie, la musique aussi…

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Les sympathiques billets de Gavroche concernant les séries télé de notre enfance/adolescence ont réveillé des tas de souvenirs mais quand elle a évoqué « Angie » des Stones j’ai carrément eu un flash 😉

Je me suis revu dans la cuisine chez mes parents à dix ans, essayant de cacher que j’aimais cette chanson qui passait à la radio, j’avais une sorte de honte de montrer que j’aimais la musique pop, un peu comme quand je ne voulais pas qu’ils voient que mon regard était attiré par une jolie fille, allez savoir pourquoi.

Faut dire que mes vieux, bien que relativement jeunes, n’étaient pas spécialement attirés par les musiques « rebelles ».

Mon père avait bien quelques excellents 45 tours de sa jeunesse, comme Henry Cording

(Henri Salvador, Boris Vian et Michel Legrand)

ou bien les Shadows

que je dois avoir kek part dans mon bordel,

mais le seul disque que je me souviens l’avoir vu acheter quand j’étais gamin, est l’insipide Oxygène de JM Jarre.

Ma mère, quant à elle, même si elle disait apprécier les Beatles, ou qu’elle est rentrée des courses un jour avec ce disque d’un chanteur inconnu,

bashung_chere-petite-chose.mp3

n’en était pas moins une fan absolue de Joe Dassin et elle m’a amené voir Michel Sardou en 1972 (ce qui n’est pas rien, je lui en ai longtemps voulu ;o))

La première chanson « pop » qui m’a donné la chair de poule a été Eloïse de Barry Ryan, classée dans les charts et autres hit parades pendant des années malgré ses presque 5 minutes et demi (j’ai choisi cette vidéo car il chante en direct avec bande son derrière, c’était rare même à l’époque).

Plus tard quand j’entre en sixième, je rencontre mon pote Michel à qui j’apprends à jouer de la batterie avec des stylos sur une trousse pendant les cours, alors que je viens de me faire payer ma première guitare sèche.

Lui il me fait découvrir l’univers des Beatles

avec les deux compils : le double rouge et le double bleu

En même temps je tombe sur une émission à la radio qui diffuse l’intégralité de cette chanson

et dans les mois qui suivent cette découverte je fais l’acquisition de tous les disques des Who, à commencer par the most fabulous :

La radio en question c’était RMC (c’était la radio du sud) et l’émission c’était Motus et elle était présentée par un certain Pierre Weill et était diffusée de minuit à 1 heures du mat, juste avant la fin des programmes. Un peu plus tard Weill a choisit comme générique de début ce morceau

et comme générique de fin la dernière partie instrumentale (à 5’47) de celui-ci

Toujours sur cette radio, un beau matin de 1978 pendant un flash info matinal était diffusée  un extrait de l’Overture de Tommy,

C’était pour annoncer la mort du batteur des Who Keith Moon, à 32 ans.

À cette époque, j’écoutais aussi pas mal de rock progressif.

Pendant un séjour à l’hosto, un voisin de chambre me passait ce disque en boucle

Mais aussi du hard rock :

Et je lisais EXTRA

Puis un pion du collège me passait en douce des « Fluide Glacial » et me racontait ce qu’il se passait à Londres

ou bien à New York

même les vieux hippies rendaient hommage à la nouvelle vague

Il y avait aussi ces australiens déjantés

Entre temps j’étais passé sur France Inter, où j’écoutais «Feedback» de Bernard Lenoir,

avec son générique :

qui m’a fait connaitre entre autres, ce disque :

À la télé le dimanche matin, il y avait Antoine Decaunes dans «Chorus»

qui présentait les groupes en live

Puis ce furent les années 80, et le rock est mort pour laisser place à U2, Duran Duran, Spandau Ballet et Desireless  😉

Enfin disons qu’il a fait une bonne sieste, et est revenu quelques années plus tard avec à des gens comme ça par exemple :

Written by alainbu

16 août 2010 at 9 h 49 min

Un petit séjour au « quartier »

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En début d’année, sur France Culture, l’émission « Sur les docks » de Jean Lebrun a proposé une série de quatre épisodes de 55 minutes consacrées au quartier dit « sensible » de La Paillade à Montpellier (rebaptisé il y a 10 ans La Mosson , du nom de la rivière qui le traverse).

http://www.franceculture.com/emission-sur-les-docks-a-la-paillade-14-1%C3%A8re-partie-trouver-la-lumi%C3%A8re-2010-02-15.html

J’avais podcasté (comme on dit)  les 5 parties à l’époque n’ayant pas pu tout écouter, ce que je viens de faire ces jours-ci.

Je suis du coin comme vous commencez certainement à le savoir 😉 et je connais bien ce quartier.

Je n’y ai jamais personnellement vécu mais je l’ai vu se construire et des personnes très proches, familiales et amicales, y ont résidé ou y résident encore.

Un journaliste originaire de Nîmes, Stéphane Bonnefoi, s’y est installé pendant deux mois pour préparer ce doc passionnant.

La Paillade est un quartier situé à 7 ou 8 kilomètres du centre de Montpellier, un ghetto construit en pleine garrigue dans les années 60 pour accueillir rapatriés et immigrés, mais aussi toute sorte de population peu fortunée pouvant emménager dans du neuf à moindre frais.

Le motif officiel de cet éloignement de la vieille ville était à l’origine le manque de place et la démographie galopante, comme en atteste ce reportage publicitaire au journal régional :

http://www.ina.fr/video/RBC9212281319/devenir-de-la-zup-de-la-paillade.fr.html

Ce quartier a accueilli jusqu’à 35 000 habitants dans les années 70, soit à l’époque autour de 15 % de la population totale de Montpellier.

http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Paillade

Stéphane Bonnefoi débarque donc à La Paillade

1 – Arrivée à La Paillade

et donne la parole, au hasard de ses rencontres ou de ses contacts, aux habitants,

pour l’essentiel issus de l’immigration maghrébine comme Meriem

2 – Rendez-vous avec Meriem

ou Rachid et Nora

3 – Rachid (et Nora)

4 – Nora (et Rachid).

Il y croise même un troubadour catalan qui lui parle du chemin de Compostelle qui traverse la cité

5 – Serge de Carcassonne1

mais aussi de son rêve de carrière musicale

6 – Serge de Carcassonne2

7 – Serge de Carcassonne3

(Voir son myspace : http://www.myspace.com/sergedecarcassonne)

Le quartier comporte également, à l’image de toute la ville et de la région, une forte communauté de gitans espagnols comme souvent très portés sur la religion

8 – Gitans,

elle-même étroitement liée à la musique

9 – Prière gitanne.

Ils ont donc leur curé, non gitan mais qui les connait bien

10 – Curé des gitans1

11 – Curé des gitans2.

Les jeunes tentent de s’en sortir tant bien que mal

12 – Ahmed

avec l’assistance des acteurs sociaux ou associatifs

13 – associations

14 – associations2

15 – associations3.

Lire aussi l’interview de Bonnefoi ici http://jmdinh.net/articles/livres/4379

L’émission n’est plus en ligne sur le site de France Culture mais on peut en trouver deux ou trois épisodes sur le net, sur le site touslespodcasts.com par exemple.

L’émission n’étant pas libre de droits, j’ai mis des extraits courts dont le total cumulé est d’une vingtaine de minutes alors que le reportage dure en totalité un peu moins de de quatre heures.

Written by alainbu

13 août 2010 at 23 h 55 min