LES VREGENS

Archive for the ‘économie’ Category

Apprenons l’anglais avec la crise

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Deux articles récents vous permettront d’enrichir dans la joie et la bonne humeur votre vocabulaire anglais.

Leçon n°1: le fiscal cliff, une image neutre, vraiment ? Voici ce qu’en dit la BBC:

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Written by florence

22 décembre 2012 at 10 h 30 min

« Le mythe de l’ouvrier? » Tiens, tiens…

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Un des principaux journalistes économiques du Guardian, Aditya Chakrabortty, nous offre aujourd’hui un épilogue ahurissant (dans la section Opinion).

Précision : Arthur Scargill fut le chef des syndicats des mineurs, notamment pendant la grande grève de mars 1984-mars 1985, qui déboucha sur une défaite et les lois anti-syndicats de Mme Thatcher.

Traduction :

LE NOUVEAU STYLE SCARGILL : AU-DELA DE LA NOSTALGIE

La nouvelle ligne inspirée de l’ancien chef du syndicat des mineurs nous rappelle une époque où on prenait les ouvriers au sérieux

avril 1984

avril 1984

Jusqu’à ce week-end, je croyais que les stylistes s’inspiraient des célébrités artistiques, éthérées, éternellement sveltes. Comme Jean Seberg en pull marin. C’était avant que je découvre la nouvelle ligne Arthur Scargill de chez Burton.

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Written by florence

11 décembre 2012 at 1 h 19 min

Lutter?

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L’éditorialiste anglais Nick Cohen, lui, estime que « les Anglais ne sont plus d’humeur à lutter« , c’est le titre de son dernier article dans le Guardian. Traduction:

Winter of Discontent, 1979

Winter of Discontent, 1979

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Written by florence

9 décembre 2012 at 15 h 18 min

Anges et démons

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Florange, Gandrange, Huckange, Hayange, Morlange, Hagondangeje me souviens. Un couple d’amis, enseignants au lycée de Rombas, nous avait invités à passer la semaine de vacances de la Toussaint chez eux, en Lorraine. Je me souviens que la forêt est belle, en automne. Je me souviens de ce collègue, prof de philo, qui peignait les hauts fourneaux, mêlant fumées rouges et nuages gris cendre sur des toiles à la Nicolas de Staël. Je me souviens qu’à cette époque Bernard Lavilliers, le stéphanois, chantait « la Fensch Vallée ». Lire le reste de cette entrée »

Written by Juléjim

7 décembre 2012 at 11 h 11 min

Conte de Noël

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Dernier épisode: corruption, bêtise, incompétence?

Même le grand magicien d’Oz n’a pu sauver le studio qui devait sauver la petite ville de Pontiac (Michigan). Ce studio, équipé pour réaliser des blockbusters, avait été construit sur les ruines d’un site General Motors, et conçu par un petit groupe d’investisseurs malins : le projet devait attirer des grands réalisateurs, créer des emplois et renflouer l’économie locale. Mais à Pontiac, les histoires finissent mal en général.

carte postale de 1941

carte postale de 1941

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Written by florence

5 décembre 2012 at 1 h 12 min

Publié dans économie, Etats-Unis, Société

Au Texas, des frontières floues

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2° partie de la série du New York Times sur l’optimisation fiscale des entreprises américaines, financée à grande échelle par le public.

On voit beaucoup le Gouverneur, Rick Perry dans les dîners politiques texans mais on remarque moins G. Brint Ryan, conseiller fiscal. Sa spécialité, c’est d’aider ses clients, comme ExxonMobil, à décrocher des avantages fiscaux auprès de l’État et des villes. Au Texas, c’est une activité qui marche bien.

Le mystérieux M. Ryan avec le Gouverneur Rick Perry

Le mystérieux M. Ryan avec le Gouverneur Rick Perry

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Written by florence

3 décembre 2012 at 21 h 21 min

Publié dans économie, Etats-Unis, Société

Créateurs de richesse?

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Surprise : un laborieux épluchage de chiffres par le New York Times démontre que les preneurs d’otages ne sont pas les vilains syndicalistes, mais les gentils « créateurs de richesse », vous savez, les entreprises. Voici un digest, car l’article est très long.

L'usine General Motors de Ypsilanti après 200 millions de dollars d'avantages fiscaux

L’usine General Motors de Ypsilanti après 200 millions de dollars d’avantages fiscaux

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Written by florence

2 décembre 2012 at 14 h 29 min

Publié dans économie, Etats-Unis, Société

paysans…sans terres

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J’en avais causé dans ce petit billet https://cafemusique.wordpress.com/2011/11/04/coup-de-projo-sur-des-gens-de-la-campagne/.

Il y avait Marie-Claire et Florent jeunes paysans du Limousin qui tentent de se dépatouiller des difficultés pour s’installer, et Stéphanie artiste et réalisatrice du Lot, militante et sensible aux combats de ceux qui veulent perpétuer une certaine agriculture, comme elle le dit dans ses documentaires et les textes de son blog.
Aujourd’hui il y a un évènement qui va les réunir, avec plein d’autres gens, sur le plateau de Millevaches, du 10 au 12 août.

lire (et voir) ce billet chez Stéphanie ici :

http://paroledecitoyens.blog4ever.com/blog/lirarticle-155111-9407312.html

Marie-Claire et Florent

Croissance sans conscience

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Vous vous en rappelez certainement, le nouveau pantin qui habite à l’Élysée (avec sa bonne femme, Valérie Tweetweiler, qui-a-bien-le-droit-merdalors-de-continuer-à-travailler-pour-un-journal-de droite-vu-que-c’est-une-vraie-femme-pas-une-potiche) nous racontait il y a peu, qu’il refuserait – non mais, qui c’est le chef – de signer le dernier traité en date pour « sauver l’Europe ». Mâme Merkel n’avait qu’à bien se tenir, cette grosse dinde.

Bon c’était avant les élections. Il racontait qu’il allait, manu militari s’il le fallait, « renégocier » un « volet croissance » à ce traité… Histoire de rajouter, paraît-il, un tout petit peu – mais alors vraiment un petit peu hein, faut pas déconner – de « justice sociale » dans le bouzin.

Car depuis trente (quarante ?) ans, pour les pingouins qui nous gouvernent, toutes obédiences confondues, « la croissance » signifierait le bonheur, la joie, l’égalité-poil-au-nez, etc.

D’ailleurs, cette propagande a toujours cours : devinez qui j’ai vu hier au jité de la France « socialiste » nous asséner ses vérités premières concernant l’économie ? Je vous le donne Émile, Élie Cohen. Si, si, le même qui causait dans le poste sous Sarkozy…

Mais « la croissance » c’est quoi ?

Ben c’est tout bête : c’est l’augmentation du Péibé, c’est à dire « l’ensemble des biens et services produits contre rémunération. »

Les amis du journal « La Décroissance » nous en parlent depuis quelques années maintenant, et, alors qu’au début, on les prenait pour des allumés, adeptes du désormais célèbre « retour à la bougie », à présent, certains économistes, comme Jean Gadrey, commencent à dire que nous vivons aujourd’hui notre « crise de croissance ». Et que, quelque part, c’est tant mieux.

C’est aussi ce que je pense : quand le « système » capitaliste se sera définitivement cassé la gueule, peut-être l’humanité aura-t-elle le bon sens d’inventer autre chose.

C’est l’histoire – le conte de fées même pas drôle – du gâteau qui doit forcément grossir pour qu’on puisse laisser quelques miettes aux plus pauvres. Et jamais, jamais, on ne parle de faire des parts plus équitables de ce même gâteau … Etonnant, non ?

Jean Gadrey explique :

D’abord, à qui ont profité les dix années de croissance aux USA, entre 1997 et 2007 ? Ça s’est accompagné d’une stagnation, voire d’une régression, pour 90 % des ménages. Une très belle croissance, donc, mais qui ne profitait qu’aux 10 % et surtout au 1 % les plus riches. Les parts étaient de plus en plus inégales. Et surtout, le gâteau qui grossit sans cesse, il est de plus en plus bourré de substances et d’actifs toxiques. Il est de plus en plus empoisonné. Partager un gâteau empoisonné, qui ça fait vraiment saliver ?

Et il n’est pas optimiste :

La croissance privée dans l’austérité publique. Le sacrifice des biens communs par rapport aux biens privés. Des restrictions de budget pour la santé, l’éducation, les retraites, bref, ce qui nous apparaît le plus précieux, et des encouragements à consommer des téléphones, ou à construire des autoroutes.

Ou un aéroport à Notre Dame des Landes.

En 1968, le gauchiste Robert Kennedy (le frère de l’autre) écrivait (juste avant d’être assassiné) :

Notre PIB prend en compte la publicité pour le tabac et les courses des ambulanciers qui ramassent les blessés sur nos routes. Il comptabilise les systèmes de sécurité que nous installons pour protéger nos habitations et le coût des prisons où nous enfermons ceux qui réussissent à les forcer. Il intègre la destruction de nos forêts de séquoias ainsi que leur remplacement par un urbanisme tentaculaire et chaotique. Il comprend la production du napalm, des armes nucléaires et des voitures blindées de la police destinées à réprimer les émeutes dans nos villes. Il comptabilise la fabrication du fusil Whitman et du couteau Speck, ainsi que les programmes de télévision qui glorifient la violence dans le but de vendre les jouets correspondants à nos enfants…

En revanche, le PIB ne tient pas compte de la santé de nos enfants, de la qualité de leur instruction, ni de la gaieté de leurs jeux. Il ne mesure pas la beauté de notre poésie ou la solidité de nos mariages. Il ne songe pas à évaluer la qualité de nos débats politiques, ou l’intégrité de nos représentants. Il ne prend pas en considération notre courage, notre sagesse ou notre culture. Il ne dit rien de notre sens de la compassion, ou du dévouement envers notre pays. En un mot, le PIB mesure tout, sauf ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue.

Du coup, tout ça m’a fait penser à cet article que j’avais lu il y a quelques mois, qui évoquait le joli monde qui nous attend, bientôt :

50 ans de terrorisme agricole

Extrait :

1970-2011 : silence radio assourdissant, omerta, marginalisation des agriculteurs atteints, désinformation, publicité, média-mensonges, chantage au nombre de bouches à nourrir, alibi des ravageurs des cultures… Difficile de ne pas y voir un complot ! Par leur rôle de sentinelles muettes, complices ou mercenaires, de plus en plus de paysans sont bel et bien complices de l’épidémie de maladies chroniques qui s’annonce maintenant et qui débouchera dans les décennies à venir sur un nombre croissant de cancers. Cette crise sanitaire sans précédent parce que sans réponse et sans remède résultera d’une contamination insidieuse et irrémédiable de notre milieu et de notre alimentation. Ce billet d’humeur est dédié aux animaux non-humains qui souffrent plus et davantage depuis l’avènement de l’agriculture industrielle et de son corollaire l’élevage concentrationnaire, ainsi qu’aux victimes humaines des produits agricoles pétris de résidus chimiques. Mais pas seulement. Je le dédie aussi à la pétro-tomate sans saveur, au poivron en deuil de son sol, à la pomme de terre aux gènes de poulet, de phalène, de virus et de bactérie, au maïs aux gènes de luciole, de pétunia, de blé, de scorpion, au riz aux gènes de haricot, de pois, de bactérie et d’humain, à la fraise-melon et au melon-fraise ou kiwi, à la banane empoisonnée, à l’abricot qui ne mûrira plus, à la cerise qui pourrit rien qu’en la regardant. Et à tous les « fruits » de notre antimonde aux terroirs perdus. S’il est plus question que jamais de faire payer les pollueurs, il serait grand temps de présenter la facture qui revient aux gangsters de l’agrotoxique.

Et puis, pour contrer cette morosité ambiante, j’ai reçu ce matin des nouvelles des amis de Tarnac, auxquels j’avais, malgré mes modestes moyens, chômage oblige, adressé quelques sous. Car contrairement au percepteur, qui fait ce qu’il veut de votre pognon, y compris « sauver les banques » et fermer les hôpitaux et les écoles, à Tarnac, eux, ils créent du lien…

Grâce à l’argent collecté, ils ont agi, créé…

Contact les amis de la commune de Tarnac : act@boum.org

Adresse postale : Les Amis de la Commune de Tarnac 12, rue du Tilleul19170 Tarnac

Le blog de Jean Gadrey

Chômage au fond de la vallée

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Ce matin, j’ai reçu une proposition de boulot de Pôle Emploi :

Bonjour,

Pole-Emploi vous propose une offre de disitributeur/trice d’annuaires, vous préparerez et effectuerez la distribution des annuaires auprès des particuliers et des entreprises selon les consignes et les impératifs de délais pendant la période du 4 au 29 juin. vous devez avoir le permis B et un véhicule . vous interviendrez sur le département du … contrat à temps partiel.

salaire :smic+ indemnités km+ congés payés et prime de précarité.

Vous êtes intéressé(é) appeler M …

Sachant que j’ai l’honneur et l’avantage d’encaisser chaque mois 650 euros d’allocation de retour à l’emploi (en juillet, ce sera fini), je me suis dit que :

  • gagner la même chose en parcourant tout le département sous la flotte, ça le fait moyen…
  • gagner cette somme-là avec les diplômes que j’ai (bac+4 et plus) ça me fait quand même un peu chier que ce soit vraiment tout ce qu’ils aient trouvé à me proposer.

Effectivement, je me sens comme un « cancer », une assistée, une grosse feignasse qui sert plus à rien, et vieille en plus, moi qui ai pourtant cotisé pendant trente ans pour les caisses de chômage.

Bon, malgré les centaines de CV et de lettres de motivation que j’ai envoyées (même si je ne l’étais pas toujours, « motivée », mais faut bien bouffer), ça fait deux ans que je rame. Cinquante cinq ans bientôt, vivant au trou du cul du monde, dans un département sinistré. Ben non, je suis pas aide-soignante, ni comptable, ni technico-commerciale, et ça ne m’intéresse pas. Bien fait pour ma gueule, j’avais qu’à passer un CAP au lieu d’une licence d’histoire, et d’un séjour à l’IEP d’Aix-en-Provence. Parce que l’histoire, il faut bien le dire, ça ne sert à rien. L’IEP non plus. Bien fait pour ma gueule, j’avais qu’à vivre en ville. Bien fait pour ma gueule.

Pourtant, ils sont sympas à Pôle Emploi, j’ai eu droit à deux formations payées par la Région Midi-Pyrénées, une pour bosser sur des logiciels de PAO (j’ai nommé Photoshop, Indesign et Illustrator), l’autre sur Dreamweaver (pour créer des sites internet, pour les béotiens). Bon, 140 heures, ça faisait pas beaucoup pour appréhender tout ça, mais je suis débrouillarde, j’ai bossé toute seule après… à la maison. Parce qu’évidemment, je n’ai pas trouvé le moindre job grâce à ça. J’ai juste été occupée pendant 140 heures.

Je me suis aussi autofinancé une formation de correcteur d’édition : 500 e-mails plus tard, rien de rien de chez rien, sauf une proposition de contrat d’autoentrepreneur. Et encore, j’étais contente de recevoir une réponse, parce que des fois, ouvrir une lettre et lire « Nous avons le regret… gnagnagna » ça vaut mieux que le silence abyssal ou l’indifférence. Qui sont, hélas, les plus fréquents.

Alors, quand je lis qu’un crétin comme moi s’est balancé, quand je lis que partout dans ce putain de monde, les gens se tuent, en Italie par exemple, où un chômeur par jour se suicide, en Grèce, en Espagne, en Tunisie (qui se souvient encore de Mohamed Bouazizi, hein?) et même chez nous, ben, ça me déglingue grave :

En trois ans, de la fin 2008 à la fin 2011, la crise économique a accru le nombre de chômeurs officiels de 648.500. Elle a eu un autre impact, plus dramatique mais largement passé sous silence : un surcroît, durant cette même période, d’environ 750 suicides et 10.780 tentatives.

Vous étiez au courant, vous ? Moi non.

Extrait de la lettre d’une jeune femme de 23 ans qui s’est suicidée récemment :

J’ai l’impression d’être en sursis. Je commence à avoir peur de tout, même de l’espoir, comme une malade condamnée… J’ai pourtant envie de vivre mais je ne sais plus comment m’en sortir. Je cherche ce qui va pouvoir me faire vivre …

Source ici.

Et pendant ce temps, le discours d’état sur les chômeurs-feignants fonctionne toujours. La manipulation des chiffres aussi.

Pendant ce temps, pendant qu’Hollandréou fait des ronds de jambe aux Zétazunis, et de l’humour avec son pote Obama, pendant que les « journalistes » se gargarisent avec « la première dame », la droite la plus crade est toujours là, à la chasse aux pauvres.

Cette chasse aux pauvres, tellement injuste.

Cette chasse qui est un mensonge éhonté…

Alors, à la fin des fins, »nous les petits, les sans-grade », les assistés, les feignants, le cancer de la société, on a deux solutions  :

  • se suicider, vu qu’on ne sert plus à rien
  • aller braquer une banque, comme Séraphin Dedroit. Au moins, en taule, on est nourri-logé, et on a plus le souci du lendemain…

Edit :

Continuant mes recherches, j’ai tapé « distribuer des annuaires » sur gogol, et je suis tombée sur le billet d’un jeune homme qui a fait ce travail :

La distribution d’annuaires, un des salaires les plus bas… 

Les commentaires, dont certains datent de quelques jours à peine, sont édifiants… 3,50 € de l’heure…

Merci Pôle Emploi !