LES VREGENS

Archive for the ‘humeur’ Category

La solution (finale) à la crise

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Je crois vous avoir souvent raconté être fan de séries. Et notamment de science-fiction.

J’avais regardé l’an dernier la série Trepalium sur Arte : dans un futur proche, la population est séparée en deux par un mur, avec d’un côté, la « Zone », avec 80 % de chômeurs misérables et de l’autre, la « Ville » où vivent les 20 % d’actifs, pas franchement joyeux non plus, d’ailleurs, même s’ils mangent à leur faim.

Et aussi, une petite série brésilienne, Les 3 %, l’histoire d’un monde où vivent d’un côté les riches et de l’autre les pauvres. Pour pouvoir accéder au « paradis », les participants d’un « concours » n’auront qu’une seule chance, et se départageront autour d’épreuves où tout est permis pour évincer « l’adversaire », c’est à dire d’autres comme eux. Mais seulement 3% d’entre eux vont réussir. Peut-être.

Évidemment, ça faisait penser à plein d’autres films plus anciens, Hunger games, Bienvenue à Gattaca, ou Soleil vert. Et plus récemment, Elysium.

Tout ça, c’est de la science-fiction, me direz-vous. Oui, mais. Parfois, comme on dit, « la réalité dépasse la fiction ». En tous cas, pourrait bien nous arriver sous peu un monde comme celui de 1984, du Talon de fer et de Trepalium réunis.

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Une infection latente

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Je me demandais depuis quelque temps pourquoi je détestais le monde qui m’entoure.

Et puis, ce matin, en (re)lisant la préface de Si c’est un homme, de Primo Levi, j’ai lu :

Beaucoup d’entre nous, individus ou peuples, sont à la merci de cette idée, consciente ou inconsciente, que « l’étranger, c’est l’ennemi ». Le plus souvent, cette conviction sommeille dans les esprits, comme une infection latente ; elle ne se manifeste que par des actes isolés, sans lien entre eux, elle ne fonde pas un système. Mais lorsque cela se produit, lorsque le dogme informulé est promu au rang de prémisse majeure d’un syllogisme, alors, au bout de la chaîne logique, il y a le Lager ; c’est-à-dire le produit d’une conception du monde poussée à ses plus extrêmes conséquences avec une cohérence rigoureuse ; tant que la conception a cours, les conséquences nous menacent. Puisse l’histoire des camps d’extermination retentir pour tous comme un sinistre signal d’alarme.

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Written by Gavroche

18 août 2017 at 10 h 27 min

La classe nuisible

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Ce quelque chose survenu il y a une dizaine d’années nous l’appellerons donc la « disparition des lucioles ».

Pier Paolo Pasolini 1975
– un peu avant sa mort

Cette semaine, j’ai lu le remarquable article de Frédéric Lordon sur le site tout aussi remarquable Lundi matin.

Quelque peu désabusé (comme beaucoup d’entre nous) Lordon évoque cette France macronisée, moisie, frileuse, bref, détestable :

puisqu’il est décidé que tout, absolument tout, est monnayable, même le « lien social » est tarifé…

« la France de Macron » n’est qu’une petite chose racornie, quoique persuadée de porter beau : c’est la classe nuisible.

La classe nuisible est l’une des composantes de la classe éduquée, dont la croissance en longue période est sans doute l’un des phénomènes sociaux les plus puissamment structurants. Pas loin de 30% de la population disposent d’un niveau d’étude Bac+2 ou davantage. Beaucoup en tirent la conclusion que, affranchis des autorités, aptes à « penser par eux-mêmes », leur avis compte, et mérite d’être entendu. Ils sont la fortune des réseaux sociaux et des rubriques « commentaires » de la presse en ligne. La chance de l’Europe et de la mondialisation également.

Car la classe éduquée n’est pas avare en demi-habiles qui sont les plus susceptibles de se laisser transporter par les abstractions vides de « l’ouverture » (à désirer), du « repli » (à fuir), de « l’Europe de la paix », de « la dette qu’on ne peut pas laisser à nos enfants » ou du monde-mondialisé-dans-lequel-il-va-bien-falloir-peser-face-à-la-Russie-et-aux-Etats-Unis.

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Et maintenant ?

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En 68, le slogan, c’était ça :

En 2017, c’est plutôt ça :

Parce que voilà, le bon peuple est allé jouer le rôle pour lequel il était programmé : élire celui qu’on lui avait désigné comme le sauveur, face à la menace « fasciste ». Le désormais célèbre et toujours d’actualité « votutile ». La fonction « barrage » a été activée, et elle a parfaitement fonctionné.

Comme le dit si bien un de mes amis, plutôt que le fascisme camembert-saucisson-pinard, on a « choisi », le fascisme caviar-champagne, et je rajouterais CAC40.

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Written by Gavroche

8 mai 2017 at 18 h 01 min

Iz

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Pour ceux qui l’ignoreraient, je suis une grande sentimentale.

Et j’adore la série « Urgences ».

Si, si.

Elle me tire assez régulièrement des larmes. Parce qu’elle raconte des histoires de vrais gens.

Mon personnage préféré, bien plus que Doug Ross (George Clooney) c’est le Dr Mark Green, joué par un acteur à peu près inconnu,  Anthony Edwards.

Anthony Edwards dans Urgences

L’épisode le plus émouvant, c’est celui où il meurt, d’une tumeur cérébrale, sur une plage, à Hawaï.

Pourquoi je vous raconte ça ?

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Written by Gavroche

18 décembre 2016 at 9 h 34 min

A mes amis

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7_omniasuntcommunia10

Salauds de pauvres !

L’autre matin, une amie, une qui me ressemble, une que j’aime, m’a téléphoné. Je ronronnais tranquille devant mon écran à écrire une bafouille inintéressante, et son appel m’a littéralement réveillée. Moi qui croyais être tellement démotivée que rien ne pouvait plus m’atteindre, ben le truc, ça m’a même sacrément mis en rogne.

Elle a reçu récemment un papelard des « services sociaux » du coin, qui aurait reçu un « signalement » (l’autre mot pour « dénonciation ») concernant ses gosses, et qui donc, la convoque, elle et son mari, pour « lui prodiguer des conseils » (passque faut pas déconner, si on laisse les ploucs élever leurs enfants tous seuls, et pis quoi encore) et autres joyeusetés concernant leur éducation et tout ça.

M’a fait penser aux enfants volés chez les britiches, tiens. Simplement parce qu’ils étaient des gosses de pauvres.

A revoir en replay

Bientôt, les pauvres, là-bas, on les stérilisera, d’entrée. Et ça pourrait bien venir par chez nous, la preuve. Toujours ça d’allocs en moins à leur filer, aux « assistés ».

Alors, certes, mon amie est pauvre.

Elle bosse pourtant beaucoup (mais alors vraiment beaucoup, du genre de 7 heures du mat jusqu’au soir 23 h, voire davantage si nécessaire) et son mari aussi. Voilà pour la légende des « pauvres-qui-sont-tous-des-feignants-même-que-c’est-leur-faute ». Ils ont une ferme en bio dans le coin, ils s’occupent de leur terre, soignent leurs bêtes, payent des crédits de fous, vivent dans un mobil-home parce la priorité, c’est la ferme, pour la maison, ils verront plus tard, et ils ont deux petits.

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A Bysonne

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charlobyz

Chère Bysonne,

De là ou tu es, tu dois bien rigoler, de nous voir nous inquiéter pour des conneries (genre quel va être le prochain pignouf qui habitera l’Élysée, comme si ça avait encore une quelconque importance) ou de nous entendre nous engueuler et nous prendre la tête pour des riens.

De là où tu es, tu dois te dire qu’on est bien cons de se chamailler, de se fâcher, de se perdre de vue, et qu’il n’y a jamais qu’un seul truc irréparable, la preuve …

Moi comme les autres, je t’avais un peu oubliée. Oh, je pensais bien à toi de temps en temps, un chouette souvenir sur une photo ratée, prise en 2011, dans un troquet, avec les copains, à Paris, sur la terre qui est un astre. C’était il y a cinq ans.

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Written by Gavroche

7 décembre 2016 at 8 h 50 min

Publié dans humeur

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