LES VREGENS

Archive for the ‘Justice’ Category

Du matériel humain bon marché

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J’ai bien aimé le commentaire de l’amie Zoz sur mon billet d’hier :

ils pensent que seuls les objets concernant la vraie vie et si possible les élèves eux-mêmes retiennent leur attention plus de 5′. donc on oublie les notions abstraites, et on utilise les migrants (hein mohammed, les migrants, ça te dit quèque chose ?!), on oublie les grands textes littéraires, la poésie, on analyse les articles de journaux et les textes (?) de NTM, et de même pour les cours optionnels genre musique, arts plastiques, etc. on fait des gens des demeurés vivant au présent le nez dans le guidon, sans plus aucune notion de l’épaisseur du passé historique, épistémologique, artistique, culturel et surtout politique. le monde commence à leur naissance.

C’est tellement vrai. Mais c’est aussi terrifiant.

Combien de fois ai-je entendu cette phrase : « je ne peux pas savoir, je n’étais pas né… »

Mais on dirait que tout est fait pour que les choses restent en l’état. Quel intérêt sonnant et trébuchant y-a t-il pour une postière ou un ouvrier d’avoir lu La Princesse de Clèves ? Surtout si leur but premier est de survivre ?

Et quand on sait qu’en France, le pays de la révolution, le pays de Victor Hugo, celui de la Commune, celui des fameuses « Lumières » et du Conseil national de la Résistance, il y a aujourd’hui des millions d’illettrés.

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Written by Gavroche

20 septembre 2017 at 12 h 14 min

Les nouveaux esclaves

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Dans un de mes derniers billets,  je vous parlais, en vrac, de mes lectures, et de ce sentiment grandissant de malaise, mais aussi de colère et de révolte, de rage même, devant le spectacle que montre notre monde. Celui d’aujourd’hui.

Face à la majorité d’une « populace » résignée, endormie, manipulée, les « élites » (ou les 1 %, ou les 10%, ou les riches et les puissants, ou l’oligarchie et son troupeau de valets, ou quel que soit le nom qu’on leur donne) sont toutes puissantes.

Cela s’est vu récemment de manière encore plus claire avec les petites phrases des uns et des autres, à commencer par le type qui se prend (et tout à fait sérieusement) pour Jupiter, en passant par tous les autres, politiques, patrons (baptisés « entrepreneurs »), médiacrates et autres « représentants » élus, qui ne représentent plus qu’eux mêmes.

Et puis, l’autre jour, je lisais que ça y est, cocorico, les JO allaient avoir lieu à Paris. Un symbole de la déconnexion des élites comme le raconte ce billet, dont l’auteur rappelle que désormais, l’utilisation du mot « olympique » n’est plus libre de droits (il n’y a pas de petits profits) et que le sport n’est plus qu’une affaire de pognon et de sponsors, et de pub pour aller avec.

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« Venge nous de la mine », Liévin 1974

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Je viens de terminer la lecture du dernier livre de Sorj Chalandon, Le jour d’avant.

Il y rend hommage aux 42 mineurs morts à la fosse 3 bis, dite Saint-Amé,  de la Compagnie des mines de Lens, le 27 décembre 1974.

A l’époque jeune journaliste de Libération, il avait couvert l’affaire, comme il couvrira la grève des mineurs anglais au début des années 80. « J’ai vécu avec ces gueules noires, on allait bouffer des potages le soir. Dans ce livre, je veux rendre hommage à l’armée des gens simples. »

Dans Le jour d’avant, même s’ils ne sont pas nommément cités (c’est un roman, et non un reportage) les visages des mineurs de Liévin apparaissent pourtant en filigrane.

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Written by Gavroche

3 septembre 2017 at 15 h 08 min

La solution (finale) à la crise

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Je crois vous avoir souvent raconté être fan de séries. Et notamment de science-fiction.

J’avais regardé l’an dernier la série Trepalium sur Arte : dans un futur proche, la population est séparée en deux par un mur, avec d’un côté, la « Zone », avec 80 % de chômeurs misérables et de l’autre, la « Ville » où vivent les 20 % d’actifs, pas franchement joyeux non plus, d’ailleurs, même s’ils mangent à leur faim.

Et aussi, une petite série brésilienne, Les 3 %, l’histoire d’un monde où vivent d’un côté les riches et de l’autre les pauvres. Pour pouvoir accéder au « paradis », les participants d’un « concours » n’auront qu’une seule chance, et se départageront autour d’épreuves où tout est permis pour évincer « l’adversaire », c’est à dire d’autres comme eux. Mais seulement 3% d’entre eux vont réussir. Peut-être.

Évidemment, ça faisait penser à plein d’autres films plus anciens, Hunger games, Bienvenue à Gattaca, ou Soleil vert. Et plus récemment, Elysium.

Tout ça, c’est de la science-fiction, me direz-vous. Oui, mais. Parfois, comme on dit, « la réalité dépasse la fiction ». En tous cas, pourrait bien nous arriver sous peu un monde comme celui de 1984, du Talon de fer et de Trepalium réunis.

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Sacco et Vanzetti, c’était il y a 90 ans

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Il y a deux jours, je lisais la rubrique « actu » du Monde. Et j’ai trouvé ça : Et l’Amérique s’en prit à ses migrants

Le journaliste auteur de l’article, s’appuyant sur les « travaux » d’un « historien », reprend les théories de l’époque, et écrit :

On sait aujourd’hui que Sacco et Vanzetti n’étaient pas les anarchistes fleur bleue décrits par les grandes plumes de l’époque (John Dos Passos, Upton Sinclair, Romain Rolland). En quête d’un idéal pur, ils fréquentaient des durs de durs, adeptes de l’action violente et de l’assassinat politique. Les attaques anarchistes visaient des procureurs, des industriels, jusqu’au ministre de la justice. Une bombe explose à Wall Street le 16 septembre 1920 : elle tue 38 personnes et en blesse 200. Les travaux de Topp confirment que Sacco et Vanzetti se trouvaient sur les lieux de plusieurs attentats lors de leur déclenchement, et qu’ils connaissaient personnellement plusieurs de leurs auteurs. Ce qui n’en fait pas pour autant les coupables du braquage et du double meurtre pour lesquels ils ont été condamnés. « Leur appartenance au groupe anarchiste a joué un rôle crucial dans l’issue du procès », souligne Michael Topp, historien des mouvements sociaux à l’université du Texas à El Paso, et auteur d’un ouvrage sur l’affaire en 2004.

Sauf que.

Je ne sais pas qui est Michael Topp. Et je n’ai pas trouvé grand-chose sur le ouèbe quant à ses publications sur le sujet. En tous cas, il a une vision quelque peu orientée de cette histoire, une vision bien dans le ton de notre époque, qui réécrit allègrement l’histoire dans le sens des intérêts de certains. Et ces intérêts ne sont pas les nôtres, à nous, les sans-dents et autres riens.

Car combien d’entre vous savent quelque chose de l’affaire Sacco et Vanzetti ?

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Un monde de fous

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Vous pensiez naïvement qu’on avait touché le fond ?

Pas encore, mais ça vient.

Parce que quand nos « représentants » et autres politocards veulent mettre les médecins psychiatres à contribution, ça donne ça :  Gérard Collomb veut mobiliser les psychiatres pour repérer les individus radicalisés

Et foin du secret médical.

Quand on sait que les psys peuvent éventuellement se tromper, voire être de complets charlatans, ou être eux-mêmes frappadingues, ou être payés pour services rendus, ça rassure. Ils deviennent (ne le sont-ils pas déjà ?) des auxiliaires de police.

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Un blanc vaut deux noirs …

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Une suite à mon dernier billet.

Alors que les noirs représentent seulement 12 % de la population américaine, et que dans la « Bible Belt » on se gargarise de bondieuseries, quelques chiffres édifiants :

– La population américaine représente 5 % de la population mondiale mais un quart des prisonniers.

– La population carcérale a augmenté de 705 % depuis 1973

40 % des prisonniers américains sont des noirs

Il y a plus de noirs américains derrière les barreaux aujourd’hui que d’esclaves en 1850

On peut faire de la prison à vie pour un vol s’il coûte plus que 100 $ (sauf quand on est patron d’une multinationale ou d’une banque)

– Il y a 10 fois plus de handicapés mentaux en prison que dans les hôpitaux (sauf Donald Trump qui lui est à la Maison Blanche, élu par les red necks qui ont « manifesté » à Charlottesville et ailleurs).

Mais l’Amérique est un « modèle ». Y Paraît …

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Strange fruit

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Ah, les jolies petites villes de Virginie. Charlottesville ou la nostalgie du « bon vieux temps » …

Celle-là, c’est la ville natale de Thomas Jefferson, troisième président des États-Unis. Elle a reçu en 2003 le titre de la « ville la plus agréable à vivre des États-Unis ».

                                                             Le bon vieux temps

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Justice pour Théo

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Je viens de mettre une pétition en ligne, afin que justice soit rendue à Théo. Et à nous tous, par la même occasion.

Justice pour Théo

Merci d’avance à celles et ceux qui voudront bien la signer et la diffuser.

Faites chauffer vos réseaux !

Written by Gavroche

14 février 2017 at 8 h 29 min

Monsieur D.

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L’autre jour, mon internet était en panne. Du coup, mon téléphone aussi.

Coup de chance, ici, on est pas en « zone blanche » ou « grise ».

Alors, avec mon vieux téléphone portable (je suis allergique aux aïephones et autres bidules tellement « modernes » que c’est tout juste s’ils ne vous font pas le café, un téléphone c’est fait pour … téléphoner, merde!) j’ai appelé la « hotline ».

M’a toujours fait penser aux Bidochon, comme truc.

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Après quelques minutes d’attente (dix minutes, quand même, à 0,34 euros la minute, elle coute un bras, Line) j’ai pu parler à un être humain.

Monsieur D.

Un accent africain à couper au couteau. Évidemment. De la musique dans la voix, pas comme tous les ceusses qui nous causent à la télé, qui n’en ont aucun, eux, d’accent.

Il a tout vérifié, la ligne, tout ça, bref, il a résolu mon problème en trois coups de cuillère à pot, avec gentillesse, efficacité, et tout et tout. Ça marche même mieux qu’avant, dis-donc.

On a fini par se causer gentiment, par rigoler ensemble, en nous appelant par notre petit nom, moi, Monsieur D. et lui, Madame G.

Il avait promis de me rappeler le lendemain, pour pas que je dépense mes sous avec Madame Hot Line, et il l’a fait.

Alors voilà, je me suis fait un copain au-delà de la Méditerranée, et ça m’a fait vachement plaisir. Ça m’est arrivé aussi un jour, en causant avec un gars qui habitait à Barcelone. Ben ouais, j’ai des copains dans tous les pays du monde, sur la terre qui est un astre.

Et sinon, j’ai lu un bouquin admirable, qui parle de plein de Monsieur D, qui viennent de là-bas, en Afrique. Qui viennent avec leurs femmes et leurs gosses. Qui viennent mourir comme des chiens aux portes de la belle Europe, cette vieille salope égoïste qui prétend représenter « les valeurs de l’humanité ». Ce livre parle d’un type banal, comme moi, comme nous tous, qui soudain, ouvre les yeux.

Ça s’appelle L’opticien de Lampedusa.

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Vous pouvez toujours écouter son auteur, Emma Jane Kirby, qui en parle sur France Inter.

L’autre invité, c’est Gianfranco Rosi, qui vient de faire un film, Fuocoammare, par-delà Lampedusa.

Le lien est là : L’heure bleue, 5 octobre 2016

Moi, les Monsieur D., je les aime, ils sont plus proches de moi, de nous, que tous ces propres-sur-eux qui prétendent nous gouverner. J’ai ouvert les yeux il y a longtemps.

 

 

 

Written by Gavroche

8 octobre 2016 at 12 h 35 min