LES VREGENS

Archive for the ‘Société’ Category

A mes camarades Danièle Obono et Houria Bouteldja

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En lisant l’avalanche d’articles et de sujets de radio-télé sur le nouveau sujet à la mode « de l’écriture inclusive », censée « redonner une vraie place aux femmes », j’ai repensé à mon billet sur la suppression du mot « mademoiselle » dans les formulaires officiels (A lire ici : Mademoiselle vous dit merde ) et à celui, plus récent, sur le « harcèlement » (ici : le féminisme des politiques, y’a vraiment de quoi rire).  Même ceux que j’aime s’y sont mis (et je mets dans la liste un certain nombre de femmes, évidemment).

Et ça m’agace (le mot est faible) profondément.

Oui, je suis une femme, mais je n’écrirai jamais les employés.es ou les salarié.es, parce que pour moi, c’est une évidence : quand j’écris « les salariés », je pense à tous ceux (et celles) qui bossent tous les mois pour pouvoir manger. Malgré leur différences, ils sont exactement les mêmes. Généralement payés une misère pour des boulots de merde.

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A mes amis

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Salauds de pauvres !

L’autre matin, une amie, une qui me ressemble, une que j’aime, m’a téléphoné. Je ronronnais tranquille devant mon écran à écrire une bafouille inintéressante, et son appel m’a littéralement réveillée. Moi qui croyais être tellement démotivée que rien ne pouvait plus m’atteindre, ben le truc, ça m’a même sacrément mis en rogne.

Elle a reçu récemment un papelard des « services sociaux » du coin, qui aurait reçu un « signalement » (l’autre mot pour « dénonciation ») concernant ses gosses, et qui donc, la convoque, elle et son mari, pour « lui prodiguer des conseils » (passque faut pas déconner, si on laisse les ploucs élever leurs enfants tous seuls, et pis quoi encore) et autres joyeusetés concernant leur éducation et tout ça.

M’a fait penser aux enfants volés chez les britiches, tiens. Simplement parce qu’ils étaient des gosses de pauvres.

A revoir en replay

Bientôt, les pauvres, là-bas, on les stérilisera, d’entrée. Et ça pourrait bien venir par chez nous, la preuve. Toujours ça d’allocs en moins à leur filer, aux « assistés ».

Alors, certes, mon amie est pauvre.

Elle bosse pourtant beaucoup (mais alors vraiment beaucoup, du genre de 7 heures du mat jusqu’au soir 23 h, voire davantage si nécessaire) et son mari aussi. Voilà pour la légende des « pauvres-qui-sont-tous-des-feignants-même-que-c’est-leur-faute ». Ils ont une ferme en bio dans le coin, ils s’occupent de leur terre, soignent leurs bêtes, payent des crédits de fous, vivent dans un mobil-home parce la priorité, c’est la ferme, pour la maison, ils verront plus tard, et ils ont deux petits.

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L’Institut Montaigne, indépendant, vraiment ?

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La presse déchaînée,  suivie par les politiques de tout bord, se gargarise depuis quelques jours à propos du «rapport sur l’islam français» pondu par l’institut Montaigne, dont le lien originel (même si le « rapport », n’est lui, pas très original dans ses conclusions) est ici :

Un islam français est possible

L’auteur de ce rapport, comme il se doit « issu de l’immigration », est un illustre inconnu, un musulman « discret » comme on les aime par chez nous. Son CV est pourtant impressionnant :

Hakim El Karoui / Auteur

Normalien, agrégé de géographie, Hakim El Karoui a enseigné à l’université Lyon II avant de rejoindre le cabinet du Premier ministre en 2002, où il était chargé de ses discours. Après un passage à Bercy, il rejoint, en 2006, la banque Rothschild où, avec Lionel Zinsou, il anime la practice Afrique. En 2011, il rejoint le cabinet de conseil en stratégie Roland Berger où il est co-responsable de l’Afrique et du conseil au gouvernement français. En 2016, il fonde sa propre société de conseil stratégique Volentia. Hakim El Karoui est aussi essayiste (il a publié trois livres chez Flammarion qui traitent de questions économiques et géopolitiques) et entrepreneur social (il a créé le club du XXIème siècle, les Young Mediterranean Leaders et est avec Bariza Khiari à l’origine de « l’appel des 41 », paru le 31 juillet 2016 dans le JDD). 

Comme on le voit, le monsieur pratique allègrement le mélange des genres. Une pincée de politique (de gauche ou de droite, ça n’a apparemment pas beaucoup d’importance) un zeste de banque, et des livres traitant de stratégie politique et économique.

Quant au « Club du XXIe siècle » dont il serait l’un des instigateurs, il a un certain nombre de « sponsors » :
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Written by Gavroche

27 septembre 2016 at 15 h 36 min

Pour Houria Bouteldja, lettre ouverte à Serge Halimi

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A propos de votre critique (parue dans le dernier numéro du Diplo, et réservée aux abonnés) du livre de Houria Bouteldja Les blancs, les juifs et nous. Vers une politique de l’amour révolutionnaire.

Tout d’abord, parler du « petit monde intellectuel et médiatique » au sujet de Houria Bouteldja et de son livre, paru aux éditions La Fabrique (au passage, merci à Eric Hazan pour son ouverture d’esprit) m’a juste fait sourire.

Parce qu’à mon sens, Houria Bouteldja est loin de faire partie de ce monde-là (Eric Hazan non plus) elle y est même plutôt persona non grata. C’est vade retro satanas pour la plupart des gens, même et surtout pour ceux qui ne se sont pas donné la peine de la lire.

En parlant du petit monde intellectuel et médiatique, peut-être évoquiez-vous, outre Pascal Bruckner, tous les autres éditocrates qui, comme la plupart des intellectuels (« de gauche » ou non) auraient pu avoir une (saine?) réaction à ce livre que comme eux, vous n’envisagez que comme une « provocation » (vous employez d’ailleurs ce mot à plusieurs reprises) ce qui est pour le moins réducteur.

Vous titrez votre article « Ahmadinejad, mon héros », c’est au pire une insinuation malhonnête (rejoignant en cela la plupart des critiques de ce livre, mais passons), au mieux une pure contre-vérité au sujet du contenu du livre.

Vous m’avez habituée à autre chose, et je trouve ça dommage. Je tenais donc à vous faire part de quelques remarques.

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DOSSIER TAIPED – ETAD – GSPP – FEK / I

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Pour des raisons purement informatique et facebookienne, je suis obligée de passer par ce blog pour faire un dossier GSPP/FEK/ETAD-TAIPED. Désolée pour le dérangement. Celui des lecteurs du blog et celui des membres du goupe FB dédié à la pétition (https://www.facebook.com/groups/722039637925610/).

De ce côté-ci de l’UE, les choses bougent. De nouveaux partis émergent des restes fumants de Syriza, des comités anti-memorandum se forment, il y a des manifs, et on ne risque pas de se tromper en présageant une rentrée torride. Et puis, côté pétition, le renfort inespéré de Maria Ts., à la fois helléno-francophone, chien de chasse et lanceuse d’alerte, et qui m’en a appris de bien belles en quelques conversations et quelques mails, m’a plongée à la fois dans l’usine à gaz des biens publics mis en vente par le TAIPED, mais aussi dans la plus extrême perplexité et l’envie de creuser la question, pour que notre pétition soit extrêmement bien ciblée. Lire le reste de cette entrée »

Le peuple ? Quel peuple ?

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Ores, doncques, le peuple existerait, et nos gouvernants s’en seraient aperçus la semaine dernière. Étonnant, quand on sait comment ils considèrent généralement « le peuple », en ne respectant jamais ce qu’ils promettent lors des foires électorales, et en s’asseyant joyeusement sur la volonté dudit peuple, quand ce crétin ne vote pas bien.

Donc, tarari, tarara, « le peuple était dans la rue » la semaine dernière, en rangs serrés derrière ses « élus », de droite et « de gauche », français et étrangers, et ce fut une belle leçon « d’unité nationale ».

Relativisons.

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Written by Gavroche

18 janvier 2015 at 13 h 33 min

Vous avez dit violence ?

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violence
Comme vous le savez, le dernier week-end d’octobre, un jeune homme de 21 ans est mort, tué par la police. Il s’appelait Rémi Fraisse. Durant plusieurs jours, les forces de « l’ordre » ont utilisé des armes de guerre contre les manifestants opposés à la construction d’un barrage controversé en plein milieu de la zone humide du Testet, dans le Tarn.

Rémi Fraisse n’était pourtant qu’un simple botaniste, spécialiste de « la renoncule à feuilles d’ophioglosse ». Voilà qui devait sans doute justifier l’usage disproportionné de la force. Le gouvernement « socialiste » était très occupé à pleurer la mort d’un grand patron, et il a gardé le silence, un silence total, pendant deux jours, alors qu’il savait depuis le début pourquoi et comment Rémi était mort.

En bons relais de la parole gouvernementale, la plupart des politiques et des médias ont alors abondamment parlé de la responsabilité des militants, censés être de dangereux énergumènes, des violents, des drogués, des poivrots, des anarchistes, des « terroristes verts ».

Moi, cette mort m’a fait penser à ND-des-Landes, aux manifestations à la mémoire de Rémi Fraisse à Toulouse, à Marseille, et à celles plus anciennes en faveur des droits du peuple palestinien, toutes interdites, et/ou violemment réprimées par ceux qu’on appelait jadis les « gardiens de la paix ». Mais aussi à toutes ces morts anonymes, depuis des années, au cours de courses poursuites avec la police, où dans les commissariats, toutes ces morts « accidentelles », pour lesquelles personne n’a jamais été inquiété, et encore moins condamné. Toutes ces morts dont les victimes étaient des pauvres dans leur quasi totalité. Et le plus souvent des jeunes.

Pourtant, les manifestations et les saccages de bâtiments et d’installations publics par les agriculteurs de la FNSEA n’ont jamais été réprimées, celles des célèbres et mal nommés Bonnets rouges non plus. Ni celles des manifestants de droite, voire d’extrême-droite au cours de la « Manif pour tous ».

Pourquoi ce « deux poids, deux mesures » ?

Tout simplement parce que la cause première de cette violence, c’est d’abord celle exercée par un système à l’agonie. Peut-on encore croire que le vieux système néolibéral va céder sans violence une once de son pouvoir, même sous la contrainte d’un vote prétendu démocratique ? Rappelons-nous comment nos « représentants » se sont assis sur la volonté du peuple, à Versailles, en 2008.

Ce système a parfaitement compris où était l’ennemi, et qui sont ceux qui un jour, le feront tomber.

Nos politiques font tout pour retarder l’échéance fatale, et d’ailleurs, la seule chose qu’ils proposent encore dans leurs programmes électoraux, c’est de retenir le désastre, d’essayer de limiter la casse, pour que le système ne s’effondre pas tout de suite. Pour qu’il nous reste encore un peu d’espoir, histoire de ne pas nous révolter… Eux-mêmes n’y croient plus, pourquoi donc, nous les sans-dents, leur ferions-nous confiance ? Quant à l’environnement, la nature, la beauté, ils n’ont jamais rien fait pour les préserver, et ne feront jamais rien, à part des promesses.

C’est vrai partout dans le monde et pas seulement chez nous : Égypte, Turquie, Syrie, Espagne, États-Unis, etc, il y a de plus en plus souvent des gens qui essaient de prendre au sérieux la seule question qui vaille, la simple question de leur vie, de notre vie. Il y a des gens qui se retrouvent sur les places, dans les rues, sur les ZAD, dans les manifs, et même dans les émeutes. Ces gens, ce sont nos enfants. Ce sont les jeunes. Des jeunes qui ne vont plus voter (à quoi bon choisir entre la peste et le choléra) mais qui ont choisi de se défendre quand la police aux ordres leur balance des grenades, les tabasse, les mutile ou les tue.

En 2012, j’avais lu une tribune du Monde. Trois zadistes de NDDL écrivaient :

Les partisans de la non-violence semblent toujours estimer que, quand bien même on viendrait piétiner nos maisons et nos cultures, il nous faudrait rester calmes et polis. Si nous ne nous étions pas défendus, il n’y aurait probablement plus grand monde pour parler de la ZAD aujourd’hui, moins encore pour y vivre.

Dans notre monde malade, où le mot démocratie n’est plus qu’une vaste blague, il y a deux solutions : soit on rentre chez soi et on abandonne, soit on résiste.

Nos résistants en 40, tellement oubliés aujourd’hui, le savaient bien. Eux n’ont jamais renoncé. Ils étaient appelés « terroristes ».

Mandela lui-même, aujourd’hui célébré par les puissants, fut lui aussi un « terroriste ». Antonio Gramsci, lui, écrivait depuis sa prison : « Celui qui vit vraiment ne peut qu’être citoyen, et prendre parti. L’indifférence c’est l’aboulie, le parasitisme, la lâcheté, ce n’est pas la vie. C’est pourquoi je hais les indifférents. » Même Gandhi, pourtant apôtre de la non-violence, le disait : « Là où il n’y a le choix qu’entre lâcheté et violence, je conseillerai la violence. »

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