LES VREGENS

Archive for the ‘Tout et rien’ Category

Pouvoir continuer à vivre avec « ça ».

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Je vis depuis longtemps avec l’idée de la mort. Et je peux dire assez précisément quand l’idée s’est installée profondément en moi, pour ne plus me quitter.
Un dimanche après-midi de la fin juin 1969, on est venu me dire qu’un correspondant m’avait appelé à la cabine téléphonique du restaurant de la gare. Il fallait que je le rappelle d’urgence. Une nouvelle effroyable m’attendait : mon copain Jacques, mon ami, mon jumeau, mon frère, avait trouvé la mort au petit matin dans un accident de voiture, en rentrant d’un bal populaire. La fatigue, la bière, le brouillard, un platane… Il avait 20 ans. Comme moi. Aujourd’hui, à quarante-deux ans de distance, j’ai toujours le sentiment que, de ce funeste jour, date cette conscience obsédante d’être « bêtement mortel ».
C’est aussi à l’omniprésence de cette blessure inconsolable que j’attribue l’émotion incontrôlable dans laquelle me plonge à chaque fois la seule évocation de la perte d’un proche ou d’un être cher. Lire le reste de cette entrée »

Written by Juléjim

6 mars 2012 at 19 h 09 min

katastroïka, le film

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ô, pauvres grecs, que peut-on faire ?

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Encore un instant de vie

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Ce matin, j’ai regardé le thermomètre accroché devant la fenêtre de la cuisine…
Brrr… – 10°.

Et pourtant, le soleil était déjà levé. Et en allant chercher du bois dans la grange, j’ai vu un petit rouge-gorge, tout gonflé-emplumé-duveteux, immobile et glacé, posé sur la margelle du bassin.


Je me suis approchée pour l’attraper, le réchauffer dans mes mains, et hop, il s’est envolé. Pas loin. Sur le toit. N’écoutant que ma désolation, j’ai couru chercher un gros sac de graines de tournesol, et j’en ai jeté plein partout.

Quelques minutes après, il n’était plus là. Sauvé, pour quelques heures…

Et j’ai eu encore un cadeau de dame Nature, à midi. Sur la terrasse, parmi les mésanges, charbonnières, bleues, nonnettes, pinsons, rouge-gorge, et même un bébé geai, veillé par sa maman, j’ai vu … une petite boule de plumes adorable : un chardonneret élégant.


L’espèce étant protégée, je me suis dit que quelque part, ça voulait dire merci. Et que j’étais bien en phase avec le monde. Heureuse.

Ce soir, la bise est venue. Il fait froid, très froid. Je suis près de ma cheminée, et je pense à tous mes protégés restés dehors.

Written by Gavroche

3 février 2012 at 18 h 05 min

Publié dans Tout et rien

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Plan d’eau et pellicule

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À mi-chemin entre Montpellier et le Larzac, il y avait une petite vallée au fond de laquelle coulait un ruisseau, le Salagou.

Aujourd’hui la vallée n’existe plus, elle a été recouverte d’eau suite à la construction d’un barrage à la fin des années soixante. Je me souviens de cet évènement, on en voyait des images à la télé, avec les vignes, des arbres et des maisons qui étaient peu à peu ennoyées.

Avant

Après

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Written by alainbu

13 décembre 2011 at 19 h 27 min

To be or not ?

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Jusqu’à l’âge de 37 ans je n’ai pas voulu d’enfant. Une femme, des femmes, oui, mais sans enfants. Les enfants de mes proches, de mes amis, oui. Et les nombreux petits élèves que j’ai accompagnés sur le chemin de l’école, oui, mille fois oui ! Mais avoir un, ou des enfants de moi, non !

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Written by Juléjim

29 novembre 2011 at 17 h 36 min

C’est où qu’on en est ?

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Vous avez dû le remarquer, notre mètre-et-talons fait rien qu’à réécrire l’Histoire. Et croyez-moi, ce n’est pas par hasard. 

Il y a d’abord eu le plateau des Glières, haut lieu de la Résistance, et Jaurès repris en boucle dans les discours… Puis le bon vieux temps des colonies, l’Afrique « pas entrée dans l’Histoire »…

Puis la lettre de Guy Môquet, jeune, très jeune militant communiste, mort en 1941, à 17 ans..

Puis le « parrainage » des enfants morts dans les camps par les écoliers de France…

Et puis, tout récemment, la « décision » du big boss de célébrer « tous les militaires morts pour la France », allez hop, tout ça le même jour : le 11 novembre… Il paraît que les Zétazunis le font déjà, alors, on va faire pareil.

Moi, je pleure sur le sort des malheureux poilus, dont les noms fleurissent par millions sur les monuments aux morts de nos villages, tous morts pour rien, dans une guerre atroce, où ils n’avaient rien à défendre que les intérêts impérialistes des puissants…

Je pleure sur les résistants à l’occupant nazi. Je pleure sur Jean Moulin. Je pleure sur les millions de morts civils de la guerre.

Mais je ne pleure pas sur les militaires de carrière qui ont choisi d’aller en Afghanistan. Ni sur les paras tortionnaires en Algérie. Ni sur les militaires de l’Indochine.

Mais moi, je connais un peu l’Histoire. Et j’ai de la chance.

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Qu’est-ce qui se cache derrière les choses?

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morte ou vivante, la bibliothèque des frères Collyer?

Ces jours-ci, par des détours de hasard, je m’interroge sur la valeur des objets. Car depuis que j’ai commencé à lire des petits textes de Voltairine de Cleyre, ils me sautent tous aux yeux. Cette petite étoile filante de l’anarchisme américain (1866-1912), en effet, était tout sauf matérialiste, plutôt un peu mystique même, éducation au couvent oblige, peut-être. Lutter seulement contre les circonstances matérielles de l’oppression lui semblait voué à l’échec.

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Written by florence

12 novembre 2011 at 1 h 32 min

Publié dans humeur, Tout et rien

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Coup de projo sur des gens de la campagne

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En plus du sang gitan (supposé) j’ai également du sang paysan.

Côté maternel mes grands oncles et tantes étaient agriculteurs dans le Vaucluse, tout près de l’endroit où nous avions atterris avec nos chevaux, et côté paternel dans les Alpes en Chartreuse il y en a un certain nombre, comme le cousin Félix, co-fondateur d’Accueil Paysan et son adorable femme Eliane que l’on voit ici au Vietnam

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Une fille étrange

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Ils descendaient lentement le cercueil d’Estelle au fond du caveau, pendant que son père discutait de ses prochains congés avec ses collègues de boulot.

Elle n’avait pas beaucoup d’affaires, quelques vêtements, trois-quatre disques, une mobylette et sa guitare mais son père ne voulait rien garder, finalement il a pris le cyclo dans le but de le revendre, sa mère a récupéré les habits et la guitare.

J’ai gardé des disques. Lire le reste de cette entrée »

Ce pays d’où je reviens…

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Dans ce pays d’où je reviens, à certaines heures du jour, l’air et la lumière sont chauffés à blanc par un soleil intransigeant.

Le Quercy blanc

Seuls les grands arbres et les murs des maisons parviennent à aspirer l’étuve pour en faire une ombre apaisante et vivable ; ombrages propices à la lecture, ou à la sieste. Lire le reste de cette entrée »

Written by Juléjim

2 octobre 2011 at 18 h 06 min