LES VREGENS

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Ne pas voter est un acte politique

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Participer au carnaval électoral ?

Plus jamais.

Pourquoi ?

Parce que jusqu’en 2012, j’y ai cru, même si j’avais des doutes.

Jusqu’à ce que « mon candidat » appelle à voter pour Hollande « comme si c’était pour lui », alors qu’ancien socialiste lui-même, il était quand même bien placé pour savoir quelle ganache c’était. Il s’est même proposé ensuite pour être le premier ministre de ce gouvernement socialiste-comme-je-suis-bonne-sœur.

Jusqu’à ce que « mon candidat » tienne des propos que je ne partageais pas, sur les jeunes de banlieue qualifiés de bouffons, sur les musulmans et les musulmanes qui « faisaient de la provoc » sur les plages, sur la police « républicaine » (qui vote FN à au moins 50 %, mais passons), sur les migrants qu’on devrait aider à rester chez eux, etc.

Jusqu’à ce que les « insoumis » soient tellement soumis qu’ils ne mettent plus en doute la sainte parole (avant, on appelait ça « la ligne » du parti) et dégueulent sur ceux qui se permettent de le faire, même un peu. Ce qui laisse augurer des lendemains qui chantent pour leurs contradicteurs si jamais ils arrivaient au pouvoir. C’est simple, ils me font parfois penser aux fillonistes purs et durs (et aveugles).

Alors, c’est vrai, je lui en veux, à « mon candidat ». Et je m’en veux d’y avoir cru. Et tant pis pour ceux qui y croient encore.

Parce que pour moi, tout ça est finalement assez simple.

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Written by Gavroche

12 avril 2017 at 16 h 55 min

Le message a été entendu (y paraît)

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Alors, voilà, y paraît que « le message a été entendu ». Pas trop tôt, vu que ça faisait déjà deux ans (putain, deux ans) qu’à peu près tout le monde le gueulait à plein poumons, ce foutu message.

Ils doivent être sourds et aveugles, là haut…

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D’ailleurs, les « opinions favorables » à notre (p)résidu, nouveau guignol de l’Élysée, se cassent encore un peu plus la gueule chaque jour. Bientôt, le parti « socialiste » pourra tenir ses mitinges dans une cabine téléphonique.

Or, doncques, le message est entendu. Nous v’là bien. En guise de réponse au message en question, le président normal va « réajuster ». En clair, ce réajustement va probablement consister à remplacer quelques pingouins par d’autres, genre virer le Ayrault qu’est fatigué par le p’tit Manu, le soi-disant fils de républicain espagnol (et mon cul, c’est du poulet?), et qui a les dents tellement longues qu’elles rayent le parquet. Le futur « homme providentiel » pour 2017. On va changer cette équipe qui perd, mais le scénario dégueulasse du mauvais film de série B restera le même.

Toujours le même film, dont les médias font allègrement la promo. Les intempéries, les faits divers, les magouilles politiques, et la sacro-sainte « sécurité ».

Or, même si les français souffrent de l’insécurité, c’est surtout sur celle du lendemain, comme l’indique le rapport de ce gauchiste de Jean Lassalle, qui lui, est parti, et à pied s’il vous plaît, pour rencontrer « les vrais gens ». Qui finalement se révèlent être autre chose que des chiffres dans une colonne.

 

Et comme une image vaut tous les discours :

 

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En clair, l’avenir de nos gamins, ce sera no future, chômage et précarité. Mais nos « représentants », bien installés dans leurs confortables fauteuils, en bons professionnels de la politique, issus des mêmes milieux, et sortis des mêmes écoles, qu’ils soient de droite ou « de gauche », n’ont plus aucune idée de ce que vivent au quotidien les biens nommés habitants de la France d’en bas, ceux qu’on nomme pudiquement les gens « modestes » (au lieu de dire, en langage cru et dru, les pauvres). Combien de chômeurs ou de « précaires », combien d’ouvriers ou de petits paysans parmi « la classe » politique ?

Bienvenue en France.

Et puis, alors que les Molex viennent de gagner aux prud’hommes, après cinq ans (!) de lutte (on se demande où était Petit Bras Montebourg pendant ce temps, lui qui prétend sans rire vouloir « réindustrialiser la France ») le Conseil constitutionnel, lui, vient de « retoquer le loi Florange », pour « entrave au droit de propriété et à la liberté d’entreprendre ».

 

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En clair, pour ceux que la novlangue appelle « les sages »(où l’on constate que « la sagesse » est donc personnifiée par une majorité de vieux barbons décrépits, que la « république », bonne fille, a gentiment recasé, pour bons et loyaux services, la liste est ici ) la « liberté d’entreprendre », que voilà une « valeur » qu’elle est bonne à défendre.

Cette « valeur » là (sonnante et trébuchante) vaut donc plus que la vie des gens.

Qui ne sont bons, en définitive, qu’à aller même un bout de papier dans une boite, une fois de temps en temps. Pour justifier un simulacre de démocratie. Et accessoirement, pour faire « barrage à l’extrême-droite ».

Si on se mettait à écouter le populo, ce grand enfant qui vote mal (ou va à la pêche), mais où irait-on ? On l’a bien vu en 2008, quand nos z’élus ont gentiment enterré le vote populaire.

Or doncques, en ce qui me concerne, moi-même, et personnellement, si le Fhaine arrive aux manettes, que tous ces démocrates de pacotille se démerdent. C’est eux qui en sont responsables. Comme disait Mélenchon pendant la campagne présidentielle, à la fin des fins, ce sera nous contre le Front national, les autres seront cachés sous la table.

 

moutons-abbattoir

 

Électeurs, éternels cocus…

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Je ne sais pas pourquoi, mais cette phrase de Jean-Luc Mélenchon m’avait marquée.

C’était dans l’émission « des paroles et des actes » pendant les présidentielles : « A la fin, ce sera nous, seuls contre le FN. Les autres seront cachés sous la table. 

Ben ouais. Mélenchon a perdu, La Pen pavoise, et les autres, y compris et même surtout les « socialistes », se réjouissent.Tout, même le fascisme, plutôt que le pouvoir au peuple…

Grâce au redécoupage électoral effectué par la droite (et accepté par « la gauche ») sous Sarkozy, le FDG, avec plus de voix qu’aux dernières législatives (6,9 % au premier tour contre 4,2 % pour le PC en 2007) aura moins de sièges à l’Assemblée nationale.

La gauche désormais appelée « radicale » (par rapport à la gauche dite « socialiste », mais on se demande bien pourquoi le PS conserve ce nom là…) n’aura probablement même plus de groupe parlementaire…

Désormais, donc, ce sera le règne définitif et sans partage du bipartisme – et de la « démocratie » – à l’amerlocaine.

Avec d’un côté, une droite dure, limite extrême, enfin aujourd’hui, on dit pas fasciste, on dit « décomplexée » (mais où sont les gaullistes, qui se sont battus contre les nazis???) avec l’UMP qui flirte ouvertement avec le FN …

Et de l’autre coté, une « gauche » très vaguement centriste, en tous cas juste gestionnaire du capitalisme.

Hollande a d’ailleurs été parfaitement clair, sur la Grèce par exemple :

«Différer tous les engagements revient à sortir mécaniquement de la zone euro. Ce qui est négociable, c’est la croissance, ce n’est pas le respect des disciplines budgétaires.»

Source : Hollande redoute la victoire de Syriza

Tsipras n’a d’ailleurs pas été jugé digne d’être reçu par la nouvelle marionnette de l’Elysée.

Ce sera donc la croissance pour le portefeuille des actionnaires, la « discipline budgétaire » pour les pauvres. On constate tous les jours qu’au fond, rien de change.

Les « socialistes », comme la droite, sont membres du Siècle, et autres Bilderberg, là où est le vrai pouvoir, là où nos mornes lendemains se décident. Entre gens du même monde, sortis des mêmes écoles, issus des mêmes familles…

Juste comme ça, pour les naïfs, qui veulent attendre avant de juger, une des premières décisions du ministre Valls : virer un sans-papiers…

Tout ça laisse largement augurer ce qui nous attend. Après les législatives. Nous avions des députés godillots de droite, maintenant, nous aurons des godillots de « gauche ».

Car la prise du pouvoir n’a pas d’odeur. Ce qui compte pour la « classe » politique, finalement, c’est la place. Bien chaude et rémunératrice, pour pouvoir caser les petits copains. Soit on « en est », soit non.Et pour la place, ils sont prêts à toutes les vilenies. 

Les éternels cocus, c’est donc encore et toujours nous. Les électeurs, pauvres naïfs, qui votent « utile ». Pas utile pour eux, pour « l’intérêt général », cette vieille valeur quelque peu décatie. Non. Juste utile pour les puissants. Classe politique, médias, au service de l’ordre libéral. Aujourd’hui, celui qui prétendrait aux suffrages pour servir le bien public, paraîtrait au mieux un démagogue, ou au pire, un « populiste »…

Sans doute les gens ne s’y trompent guère, la preuve, les 42 % d’abstentions. Alors, depuis vingt ans, on nous fait régulièrement la morale : voter serait un devoir civique. Ouais. A Neuilly, les bureaux de vote sont remplis de petites vieilles emperlousées, et en Seine Saint Denis, les petits jeunots à casquette à l’envers se font rares…

Selon Sofres Logica (Le Monde, 12 juin), la participation se serait élevée à 75 % des électeurs de plus de 60 ans, contre 34 % des électeurs de 18 à 24 ans.

Et sans surprise, c’est chez les pauvres, et chez les chômeurs qu’on vote le moins : les politiques ne font rien, laissent les banlieues dans leur crasse (de temps en temps, on leur envoie les flics) et les chômeurs dans leur merde, l’important n’étant pas la vie des gens, mais « la compétitivité des entreprises »… donc, il ne sert à rien de les élire…

Dans cet article Alain Garrigou écrit :

C’est sur le calcul inverse que les Français se sont ralliés au suffrage universel au XIXe siècle : la capacité de l’Etat à améliorer leur vie. C’est donc dire aussi combien l’idéologie dominante du libéralisme, notamment sous l’aspect d’une croisade pour « dégraisser » l’Etat voire, pour imposer un Etat modeste, sinon minimal, détruit les incitations à voter. De même, la valorisation de la réussite économique, l’extension des calculs consuméristes de la sphère économique à toutes les sphères sociales rendent plus dérisoires, pour ne pas dire irrationnels, une citoyenneté qui se révèle dans le vote de chacun une contribution infinitésimale. « Un homme, une voix », devient une toute petite voix perdue et qui ne change rien.

D’ailleurs, qui a été ou sera député ? Ni vous, ni moi.

INSEE 1999

Assemblée 2002

Agriculteurs

3.59%

2,79%

Artisans, commerçants, chefs d’entreprise     

5.41%

6,32%

Cadres supérieurs et professions libérales      

8.13%

20,10%

Professions intermédiaires                      

15.17%

61,35%

Employés

22.92%

2,60%

Ouvriers

21.23%

0,93%

Inactifs et chômeurs n’ayant jamais travaillé

23,55%

0

Sont-ils bien légitimes, tous ces pingouins ? Nous représentent-ils ?

Un pays gouverné par les élus des riches et des vieux… Bientôt, quand tous les vieux seront morts, on aura plus besoin de voter… Parce que finalement, à quoi ça sert ?

Et mieux vaut en rire…