LES VREGENS

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Winter is coming

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hiver

 

Cette année 2015 a été révélatrice de la crise profonde du capitalisme. Partout dans le monde, les régimes politiques tentent de le maintenir en place, par tous les moyens, et à n’importe quel prix.

Au prix de la mise en place d’un état policier, de la relégation des opposants, et pour remplacer le juif des années 30, de la création du nouveau bouc-émissaire du XXIème siècle : le musulman.

En Grèce, malgré un soutien populaire à plus de 60 %, Syriza a montré son vrai visage : celui du maintien de la misère et de la chasse aux migrants à coups de police anti émeutes. Comme ailleurs, il n’y a plus d’argent pour les gens, mais il y en a toujours pour acheter des armes à l’Allemagne.

En Espagne, les élections ont placé Podemos en troisième position, et déjà se profile une alliance avec les « socialistes » espagnols, les mêmes que les nôtres.

En Norvège, c’est un fasciste qui est nommé « ministre de l’immigration », en opposition à « la dictature de la bonté »…

Au Danemark, on prendra désormais l’argent et les bijoux des migrants venus frapper à la porte de la forteresse Europe. Il n’y a pas de petits profits.

En France, les récentes élections régionales ont montré encore un peu plus l’effondrement de la démocratie. Organisées sous le régime de l’état d’urgence décrété par le parti prétendu socialiste, avec des forces de police lourdement armées patrouillant partout, y compris devant les bureaux de vote, elles ont vu la montée du soutien apporté à la famille Pen. Faut dire qu’en face, il n’y avait pas grand monde : le « choix » proposé aux électeurs, c’était la droite ou la droite, baptisée « front républicain », qui se sont échangé les (bonnes) places sans aucune pudeur. Ça, et les restes peu reluisants des partis de gauche, devenus groupuscules, et sans véritable projet politique : européistes, convertis au « social-libéralisme », comme si ces deux mots étaient compatibles, critiques du gouvernement, mais ralliés au second tour, histoire de garder quelques places. Ces mêmes partis de « gauche » qui ont eux aussi voté sans sourciller la mise en place d’un état policier.

Pas grave, les « socialistes » ont décidé que le tripartisme à la française sera bientôt gravé dans le marbre :  dans notre démocratie de pacotille, plus de place pour les « petits partis » censés être peu représentatifs. Seuls seront sur le devant de la scène politico-médiatique les partis compatibles avec le capitalisme, FN compris.

Les « socialistes » bien décidés à inscrire l’état d’urgence permanent dans la constitution, continuent de respecter à la lettre la politique d’austérité désormais gravée dans le marbre, grâce aux traités européens. Les caisses sont vides pour l’école, l’université, la santé, les collectivités locales, mais la clique est prête à sacrifier le célèbre « pacte de stabilité » pour financer la police et l’armée : François le petit a en effet décidé de faire ses guerres.

Du flouze, des pépètes, du fric pour les « allègements de charges » pour les patrons, censés créer des emplois d’esclaves sous-payés pour compenser (on a vu le brillant résultat avec un chômage qui n’a jamais été aussi élevé). Du fric aussi pour les bistrotiers, avec la baisse de la TVA (quelques milliards en moins dans les caisses de l’état)  alors que des solutions simples existent, mais ne vont pas dans le sens de la doxa libérale. En revanche, pas d’argent pour les sans-dents, même pas un petit « coup de pouce » au SMIC. J’ai lu un billet très intéressant ce matin, si on donne pas de pognon pour les pauvres, c’est seulement parce que ces cons-là, ben ils ne savent pas « gérer leur budget ».

Et la dernière en date : les banques en faillite pourront désormais  se servir sur les comptes des déposants.

Oh, plein de gens vont dire que ça ne concernera que les comptes disposant de plus de 100 000 euros. Ça me fait penser que cet été, j’ai fait partie des riches quand j’ai vendu ma maison pour cause de dèche permanente, en attendant d’en acheter une autre, plus petite et moins chère, les 100 000 euros, je les avais. Je les ai plus.

Dans la suite, une modification de la constitution va accorder des pouvoirs illimités à la police : perquises à tout va, mises en détention ou assignations à résidence. Sans la moindre intervention d’un juge (mais qui s’intéresse à ce vieux truc moisi qui s’appelle la séparation des pouvoirs?) la maison poulaga pourra décider en toute impunité que le « comportement » de Mohamed le musulman ou de Rémi Fraisse l’écolo, leurs amis, leurs déclarations ou leurs projets sont dangereux pour « l’ordre public ». Mohamed s’est rasé la barbe (ou il l’a laissé pousser) et Rémi s’est un peu trop promené à Sivens pour ramasser des renoncules.

La liberté d’expression est bel et bien morte. Le vote est une mascarade. Bientôt, la plupart d’entre nous seront « fichés S ». Et certains, internés dans des Guantanamo à la française. Nostalgie des camps d’internement de jadis. Bientôt les opposants seront qualifiés de terroristes (ayatollahs écolos, le terme est déjà pris). Bientôt, les sites internet seront inaccessibles voire interdits, les emails seront écoutés, analysés, décortiqués. Comme en Chine, mais c’est notre partenaire commercial. Comme en Arabie Saoudite, mais c’est aussi notre partenaire commercial, ou les grévistes et autres dissidents vont au trou, pour le plus grand bonheur des puissants. Foin des droits de l’homme quand l’argent est en jeu.

Liberté, Égalité et Fraternité ? Macache. Faut bien que le capitalisme survive, alors place à la dictature, à l’austérité et à la guerre. Winter is coming.

Written by Gavroche

22 décembre 2015 at 11 h 45 min

La campagne du referendum, telle que les grecs l’ont vécue

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AUJOURD’HUI, MES PRIERES AUX DIEUX DE L’OLYMPE TIENNENT EN UN MOT : OXI

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Grèce: attention… espoir!

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À contrecourant des sonnettes d’alarme tirées de toutes parts, depuis les élections, devant le « risque » que la Grèce n’honore pas ses engagements, voici un article qui y voit une lueur d’espoir… mais à certaines conditions. Et si la Grèce, de statut de mauvais élève, était sur le point de devenir l’avant-garde?

 

L’auteur, Costas Lapavitsas, est un économiste d’origine grecque basé à Londres. Et le texte (cela vous surprendra-t-il?) est paru dans le Guardian. Traduction:

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Written by florence

12 mai 2012 at 12 h 30 min

La Grèce dans la dèche

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John Henley, journaliste au Guardian, vient de passer une semaine en Grèce, parti à la rencontre des « vrégens » de là-bas, ceux qui, à Athènes et Salonique, prennent les mesures d’austérité en pleine poire.

En attendant un article de fond, annoncé pour très bientôt, il a publié une série de courts billets qui relaient directement leurs voix.

La seule énumération des titres de ces billets donne la mesure du drame qui se joue, si près de chez nous, non : chez nous :

Sous la colère, la solidarité

On jette des femmes enceintes SDF à la rue

Les enfants d’Athènes ont trop faim pour aller en cours de sport

Un étudiant finit par se résoudre à aller à une distribution de pommes de terre

Comment les restes deviennent des repas

La Grèce reste un lieu de vacances sans danger

Les bénévoles de l’éducation

On a vu notre avenir partir en fumée

Le sida et le paludisme remontent

Le dépistage néonatal menacé

Les échanges non monétaires se répandent

Nourriture à prix cassés à Patras

L’alerte au paludisme risque de nuire au tourisme

Le problème, ce n’est pas la violence, c’est le désespoir

Des médecins bénévoles pour ceux qui n’ont plus d’accès aux soins

Le théâtre qui fait payer les billets en nourriture

Le « mouvement des pommes de terre » : directement de l’agriculteur au consommateur

 

Aujourd’hui, c’est le dernier billet. John Henley remercie ceux qui lui ont parlé :

« On m’a suggéré des histoires à couvrir, des sites à lire, on m’a envoyé des adresses, des numéros de téléphone d’amis et de parents, on m’a répondu quand je cherchais des contacts, on m’a abondamment raconté des expériences personnelles.

Des histoires ont été racontées, des voies entendues, qui sans vous n’auraient pas pu l’être. »

John Henley a couvert depuis des années plusieurs pays d’Europe pour le Guardian. Il permet ici à des anonymes de se faire entendre. À partir de ces fragments, pourtant, un vrai discours prend forme. Tout le contraire d’un éditocrate en somme.

La série complète:

http://www.guardian.co.uk/world/series/greece-on-the-breadline

Written by florence

19 mars 2012 at 22 h 21 min

Jetez donc votre ceinture!

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Paul Krugman écrit de très sérieuses analyses anti-austérité. Sa dernière chronique dans le New York Times explique par le menu que la Grèce ne montre pas ce qui se passe quand on a  trop de dettes, mais ce qui se passe quand on veut réduire ses dettes trop brutalement.

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Written by florence

15 mars 2012 at 9 h 42 min

Ne jamais abandonner … !

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L’amie Cigale me disait l’autre jour que nous avions de la chance d’avoir un Mélenchon par chez nous.  Je n’en suis pas encore vraiment sûre, mais ce que je sais, c’est que nos chers et lointains frères grecs, eux, ils ont Mikis Theodorakis et Manolis Glezos.

Et ces deux-là, c’est une sacrée leçon qu’ils nous donnent, à nous, citoyens du monde qui parfois sommes tentés de baisser les bras, et de nous résigner …

La preuve …

Traduction d’un entretien entre Mikis Theodorakis et Athens News daté du 19/02/2012, disponible ici en « vo » :

Pourquoi considérez-vous le vote du programme d’austérité comme une trahison ?

Mikis Theodorakis: En 2009, la Grèce était à un niveau de, disons, 100. En deux ans, la troïka, le FMI et notre gouvernement nous a conduit à Ground Zero, ce que le premier ministre [Lucas] Papademos a concédé. Personne ne se demande pourquoi le pays se dirige vers le chaos, même si on nous dit de temps en temps que les Européens nous ont envoyé des dizaines de milliards d’euros? Où va cet argent ? Il va directement à nos créanciers, tandis que l’état se surcharge avec une nouvelle dette et le paiement des intérêts. C’est comme cela que la dette a augmenté à 160% du PIB, et avec le nouveau paquet 130 milliards d’ euro elle augmente à 180%. Cela est sans précédent, et cela signifie que nous seront pieds et poings liés sur le pieu de la dette et de l’intérêt pour les 150 prochaines années. De quel droit les partis qui représentent une minorité (les sondages donnent le Pasok à 6% et la Nouvelle Démocratie à 20%) décident de l’avenir de la Grèce pour les 100 prochaines années?

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Soldes : la Grèce vendue pour pas cher …

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Comme je vous le disais hier, le gouvernement grec a vendu son peuple aux marchés. Passé le coup de sang (enfin, non pas vraiment) une petite analyse…

Le but de la manœuvre (en tous cas le but affiché), c’est de « réduire le budget de l’État » de 2,3 milliards d’euros, dont  :

1,07 milliards en moins pour les dépenses de médicaments
Sachant que les grecs  ne peuvent déjà plus se les payer, et que les hôpitaux ne disposent même plus de simple aspirine.

– 300 millions en moins pour la défense …
A comparer avec le chiffre précédent, et sachant que le principal fournisseur des grecs, c’est … l’Allemagne

C’est même toujours toujours d’actualité … D’après une source du journal allemand Zeit online, « Si la Grèce reçoit en mars la prochaine tranche d’aide, il y a une vraie opportunité de conclure un nouveau contrat d’armement. »

– 400 millions en moins dans les « dépenses publiques » …
sans précisions…

– 200 millions en moins dans les dépenses des institutions étatiques…

– 50 millions en moins dans le paiement des heures supplémentaires des médecins publics

Sur Okeanews, j’ai lu qu’une infirmière a eu le bonheur de recevoir 2.80€ de salaire pour le mois de janvier…

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Written by Gavroche

14 février 2012 at 19 h 40 min

4589 milliards pour les banques

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Chic alors, encore une bonne nouvelle pour les banques !

C’est au total 4.589 milliards d’euros d’aides publiques qui ont été mises à disposition du secteur financier en Europe depuis octobre 2008 et le début de la crise bancaire…


Sans compter tout le pognon refilé par les amerlocains à leurs propres banques…

Ce chiffre, je ne l’invente pas, il a été publié par la Commission européenne, gardienne de la sacro-sainte concurrence…

Le Royaume-Uni est le pays le plus généreux (850,3 milliards d’euros), suivi par l’Irlande (723,31 milliards), le Danemark (599,66 milliards), l’Allemagne (592,23 milliards), la France (351,1 milliards), l’Espagne (334,27 milliards), les Pays-Bas (323,6 milliards) et la Belgique (328,59 milliards).

Ces montants sont « considérables « , a reconnu le commissaire à la Concurrence, Joaquin Almunia, mais « ne se traduisent pas nécessairement en coûts effectifs « … Ah la bonne vieille langue de bois !

A titre de comparaison, les aides spéciales autorisées dans le contexte de la crise pour d’autres secteurs plombés par le resserrement des conditions du crédit atteignent 82,5 milliards d’euros depuis décembre 2008 et les aides publiques « traditionnelles » (pour la recherche, l’emploi, les industries vertes…) pour la seule année 2009 ont représenté 73,2 milliards.

Je ne sais pas vous, mais moi, ça me fait vraiment rire…

Et attendez ! C’est pas fini ! La bonne blague continue :

Suite à la crise financière, Bruxelles avait assoupli fin 2008-début 2009 les règles conditionnant l’octroi d’aides publiques en Europe.

Et bien, elle a décidé mercredi de prolonger d’un an, jusque fin 2011, ce régime provisoire, mais avec des conditions plus dures (attention, hein, Bruxelles montre les dents, tremblez, banquiers et capitalistes, on ne rigole plus) : à compter du 1er janvier, toutes les banques ayant besoin d’une aide publique pour se recapitaliser ou gérer la détérioration de leurs actifs devront être « restructurées ».

On s’est bien gardé de donner une date pour un retour à la normale, 2011 ? 2012 ? 2050 ?, « car personne ne peut assurer que les conditions normales seront complètement rétablies sur les marchés financiers avant la fin de l’année prochaine »…

Décidément, c’est la journée des bonnes nouvelles :

l’électricité va encore augmenter…

Bon, allez, bonne journée, quand même.

blablabla

Written by Gavroche

3 décembre 2010 at 12 h 47 min

Espèce de populiste !

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C’est un mot très à la mode en moment… C’est même devenu un lieu commun dans les commentaires des « analystes politiques » : dès qu’un mouvement ou un porte parole déroge aux règles du consensus et de la pensée unique, on le qualifie de « populiste ». Dans leur bouche, ce mot prend un sens très particulier. Comme le disait Marx, il reflète une idéologie.

Un article de Michel Soudais, dans Politis, 10 novembre 2010

Alors, le « populisme » qu’est-ce que c’est ?

Dans la réalité, le populisme existe depuis longtemps. C’était un parti américain au XIX° siècle, qui voulait défendre les intérêts des petits paysans. Mais aussi un courant russe de socialisme, ou encore des expériences très diverses de gouvernements et de partis politiques en Amérique latine. Et en France, aujourd’hui, on a Le Pen, Tapie, Mélenchon, allez hop, tous dans le même sac des vilains « populistes »…

Selon les « avis autorisés » (mais vous n’en faites pas partie, et moi non plus, comme disait Coluche) le populiste, c’est un affreux démagogue, qui met en péril la démocratie… Paraît-il…

Historiquement, l’émergence de mouvements populistes marque généralement une crise de la représentation politique traditionnelle, qui ne sait plus répondre aux attentes du peuple. On se rappellera l’émergence du parti nazi, ou du fascisme italien, au moment de la crise de 1929… On se souviendra qu’aujourd’hui, de moins en moins de gens vont voter… Faut dire que les candidats, c’est un peu bonnet blanc, et blanc bonnet.

Euh... j'hésite...

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Jolly Old England

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Même les journaux très comme-il-faut s’affolent un peu.

Le vertueux Independent (qui, il y a quelques jours, titrait « La France en feu »), détourne des classiques (Dickens, Orwell) pour signifier que cette fois, les Conservateurs exagèrent en mettant à bas les traditions nationales:

« LE CONTE DE DEUX PETITES VILLES: TOUS DANS LE MEME BATEAU… VRAIMENT?

Les restrictions de dépenses publiques auront-elles les mêmes effets pour tout le monde? En visitant la riche circonscription de Cameron et celle d’Ed Miliband, nos envoyées spéciales se sont rendu compte que certains étaient moins égaux que d’autres. »

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Written by florence

24 octobre 2010 at 13 h 40 min

Publié dans Actualité internationale, économie

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