LES VREGENS

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Humanisme

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Stéphane Hessel et son livre ont provoqué la polémique, non au sujet de ses prises de position sur Gaza, par exemple, étrangement ignorées des médias, (à part les habituels afficionados de l’Etat d’Israël, forcément démocratique, forcément juste) mais parce qu’il a dit qu’il était socialiste. Et qu’il voterait dans ce sens en 2012.

Alors, évidemment, on lui a reproché d’être quelque peu incohérent. Prôner la nationalisation des moyens de production, de l’énergie, des banques, se réclamer du Programme du Conseil National de la Résistanceet voter pour Dominique Strauss-Kahn, le patron du FMI, qui « serre le kiki » des peuples européens (dixit Mélenchon, je reconnais que ça m’a fait rire), effectivement c’est difficile à comprendre.


Sauf que finalement, Stéphane Hessel s’en est assez bien expliqué dans l’émission Dans le texte, présentée sur Arrêt sur Images, par un Daniel Schneidermann inattendu, et il faut bien le dire, plutôt meilleur que bien de ses collègues dans l’exercice de son métier.

L’histoire de Stéphane Hessel, sa famille, son métier de diplomate, son vécu, l’ont évidemment influencé dans le sens de la social-démocratie, qu’il revendique d’ailleurs haut et fort. La peur du totalitarisme, et des dictatures. Qu’il a vécu de très près.

Stéphane Hessel est donc un homme de convictions. Mais à mon avis, il ne faut pas oublier que cet homme-là vient aussi d’une autre époque. Une époque où être de gauche avait un sens, était porteur de valeurs humanistes, où les hommes politiques avaient encore le sens du « bien commun ». Des idéalistes.

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Résister, c’est créer… Créer, c’est résister

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Il fallait absolument que je vous fasse partager cet article de Raoul Marc Jennar…

En le lisant, j’ai beaucoup appris, et j’ai aussi compris que notre situation actuelle ne venait pas de rien. Bonne lecture.

Les valeurs du programme du Conseil National de la Résistance sont toujours d’actualité

Aborder la question des valeurs, c’est, inévitablement, s’inscrire dans le débat d’idées et, s’agissant de la manière dont s’organise une société, on ne doit pas craindre d’affirmer qu’on se trouve en présence d’une véritable bataille des idées.

Certes, il peut se trouver que des valeurs soient communément partagées par des courants de pensée différents. Mais lorsque se pose la question de la cohérence entre ces valeurs et leur application, les différences surgissent au point de devenir antagonistes. Ainsi, lorsqu’il s’est agi de concrétiser le point du programme du CNR relatif à l’extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales, la coalition qui jusque-là avait conduit les réformes a éclaté entre partisans et adversaires de la guerre en Indochine. Le maintien d’un consensus sur les valeurs résiste mal aux choix nécessités par leur mise en œuvre.

S’il a été de bon ton, au cours de ces dernières décennies, de brocarder le débat idéologique au nom d’une prétendue destinée commune, on se rend bien compte qu’à l’image des passagers du Titanic, tous ceux qui sont sur le même bâteau ne sont pas traités de la même manière. Il faut accepter cette réalité si on veut apprécier à sa juste valeur le programme du Conseil National de la Résistance. Il s’agissait, alors, non pas de traiter tous les passagers de la même manière, mais carrément de changer de navire. Il y avait une volonté de changer la nature du système qui avait prévalu avant 1940. Au point d’en créer un autre.

Pour mesurer le chemin parcouru depuis lors, il s’impose de se remettre dans le contexte de la période qui a suivi la réalisation de certains éléments de ce programme. Parce qu’en face, on n’est pas resté les bras croisés.

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Pour que la flamme de la résistance ne s’éteigne jamais

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Le désespoir est assis sur un banc

Dans un square sur un banc
Il y a un homme qui vous appelle quand on passe
Il a des binocles un vieux costumes gris
Il fume un petit ninas il est assis
Et il vous appelle quand on passe
Ou simplement il vous fait signe
Il ne faut pas le regarder
Il ne faut pas l’écouter
Il faut passer
Faire comme si on ne le voyait pas
Comme si on ne l’entendait pas
Il faut passer presser le pas
Si vous le regardez
Si vous l’écoutez
Il vous fait signe et rien ni personne
Ne peut vous empêcher d’aller vous asseoir près de lui
Alors il vous regarde et sourit
Et vous souffrez atrocement
Et l’homme continue de sourire
Et vous souriez du même sourire
Exactement
Plus vous souriez plus vous souffrez
Atrocement
Plus vous souffrez plus vous souriez
Irrémédiablement
Et vous restez là
Assis figé
Souriant sur le banc
Des enfants jouent tout près de vous
Des passants passent
Tranquillement
Des oiseaux s’envolent
Quittant un arbre
Pour un autre
Et vous restez là
Sur le banc
Et vous savez vous savez
Que jamais plus vous ne jouerez
Comme ces enfants
Vous savez que jamais plus vous ne passerez
Tranquillement
Comme ces passants
Que jamais plus vous ne vous envolerez
Quittant un arbre pour un autre
Comme ces oiseaux.

Extrait de « Paroles », Jacques Prévert

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