LES VREGENS

Posts Tagged ‘féminisme

On peut rire de tout …

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Il y a un an, au Danemark (l’info était passée quasiment inaperçue), sur proposition de plusieurs partis ultra-conservateurs, il était question, suite aux attentats de janvier en France, d’introduire « l’étude des caricatures de Mahomet » dans les cours d’histoire.

 

Et ça n’a pas raté. Ça n’arrive pas qu’aux autres, et comme disait Pierre Dac, « il peut le faire ». Ben ça y est, on l’a fait.

Révélé par Le Parisien hier :  Charlie Hebdo bientôt dans les classes

Il paraît que c’est pour aider les enseignants à causer de laïcité dans les écoles.  L’équipe du journal a donc préparé des « kits pédagogiques » pour nos chères têtes blondes.

Et tout ce petit monde viendra participer à des cours sur le sujet : des dessinateurs du journal, mais aussi Madame Badinter, la « féministe » publicitaire de service. Manque plus que Madame Fourest pour que le casting soit complet.

C'est follement drôleA propos de féminisme…

Voilà pour donner le ton.

Évidemment, ce projet est soutenu par cette bonne vieille éducation nationale…

Avec les pleins pouvoirs accordés à la maison poulaga pour emmerder un peu plus nos compatriotes un peu colorés de la tronche, et le chômage assuré pour plus tard, c’est sûr, « étudier » les dessins de Mahomet à oilpé et le cul en l’air, ça va apaiser l’ambiance.

Franchement drôle

Et puis, l’humour pipi-caca-cucul, c’est bien de leur âge, aux petiots. Plus grands, ils pourront toujours aller aux spectacles de Bigard.

Allez, pour mourir moins bête :

Charlie Hebdo pas raciste, si vous le dites …

Ces caricatures insultes politiques adressées aux musulmans
A noter, au passage, ce texte bien oublié, de Philippe Sollers (encore un « grand écrivain ») publié en 2003 dans le Monde :

D’où vient que, soudain, une jeune fille voilée attira l’attention jusqu’à focaliser sur elle tous les discours ? Elle avait dû entrer en cachant son foulard dans son sac avant de le nouer sur sa tête dans l’Hémicycle. Elle était militante, allumée, ardente, jolie, électronicienne (je crois), membre d’Amnesty International (c’est ce qu’elle disait).
On n’écoutait pas vraiment ses propos confus, mais on ne voyait plus qu’elle. En trente secondes, elle était devenue l’élément érotique de l’Assemblée.
Allait-elle jeter une bombe ? S’immoler par le feu ? Se mettre à prier en public ? Non, elle avait l’air normale.
Mais comment pouvait-elle incarner volontairement une image aussi terrible de la sujétion de la femme ? N’était-elle pas la victime de son père et de ses frères ?
Ne défendait-elle pas, sans s’en rendre compte, la condition atroce de milliers de corps emprisonnés dans l’esclavage, le fanatisme, l’obscurantisme, le terrorisme, l’absence de sport, le refus de la science et du progrès, l’horreur de l’enfermement patriarcal et le respect absurde d’un Dieu meurtrier ? On la huait, mais elle était, à l’évidence, l’objet d’un trouble massif. On avait honte pour elle, mais avec curiosité.
Cachez ce voile que je ne saurais voir, lui disait l’un. « Et s’il me plaît, à moi, d’être voilée ? », semblait-elle répondre comme un personnage inconscient de Molière. Elle était odieuse, bien entendu, mais sympathique, comme tous les opprimés. Bon, ce n’était qu’un début, continuons le débat.

Philippe Sollers dans Le Monde, le 28 juin 2003

Comme quoi, le dénommé Luc Le Vaillant (croisé) n’a rien inventé.

Written by Gavroche

8 janvier 2016 at 9 h 48 min

« La Vie domestique »

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Troisième film d’Isabelle Czajka. Le 1er c’était « L’année suivante »,la colère et l’errance d’une ado de 17 ans ; ensuite, ce fut « D’amour et d’eau fraîche », la difficile insertion dans le monde du travail d’une Bac+5 de 23 ans.

A chaque fois, les compliments pleuvent :

lannéesuivante

« Très beau film sur l’adolescence et sur le deuil sur fond de société de consommation omniprésente et oppressante… sobre et émouvant avec une jeune comédienne époustouflante ! »(in télérama.fr le 10/02/2007 à propos de « L’année suivante »)

Damouretdeaufraîche

« La peinture fine du monde du travail et d’une société qui n’épargne pas sa jeunesse la forçant à renoncer à ses rêves : un film réussi et le beau portrait d’une fille actuelle. » (in télérama.fr le 12/09/10 à propos « D’amour et d’eau fraîche »)

***

A chaque fois aussi, le regard que pose la cinéaste sur ses personnages et leur milieu de vie est sans concession, sans pour autant porter de jugement de valeur. Dans « La Vie domestique » ce sont quatre femmes encore jeunes, « bien propres sur elles », que la caméra nous montre tour à tour, ou ensemble, pataugeant dans une existence saturée d’ennui, frôlant la vacuité…

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Femme de la rue, « terrible recul de la liberté des femmes »…

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Vous n’avez pas pu y échapper, parce que tout le monde en a parlé.

Le 26 juillet dernier, la presque journaliste belge (elle est en dernière année d’école de journalisme) Sofie Peeters présentait, dans son documentaire « Femme de la rue », sa « découverte » : dès qu’elle sortait dans la rue, de gros machos pas futés lui faisaient des propositions inconvenantes, la draguaient de façon lourdingue, voire l’insultaient, surtout si elle avait eu l’idée saugrenue de se ballader en mini-jupe…

Et ça n’a pas raté : le doc a été projeté partout, sur le web, bien sûr, mais aussi à la télé, on en a parlé dans les jités, etc.

Son film aurait, paraît-il, « brisé un tabou » …

Dans ce doc, on entend une femme déclarer « qu’il y a trente ans, elle pouvait se promener tranquillement. »

Ah bon ? Que je sache, il y a trente ans, moi, je faisais gaffe aussi, et j’évitais de me ballader toute seule la nuit… Et il m’est arrivé, comme à nous toutes, de me sentir franchement pas rassurée… Bref, le tabou, ça fait longtemps qu’il dure…

Et tout le monde de geindre sur le « terrible recul des libertés des femmes ». Oubliant que pour nous, les plus grands risques d’agression se trouvent dans l’espace privé… et que c’est pépère qui nous tape le plus souvent sur la gueule… Et nous tue, aussi, parfois.

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Et dans ce doc, devinez qui sont les méchants-machos-vilains-violeurs potentiels ? Même si Sofie Peeters dit le contraire, et précise que dans le quartier où elle s’est promenée avec sa caméra cachée, la population est avant tout pauvre et ghettoïsée, le résultat, c’est qu’on lit et on entend à peu près partout que dans 95% des cas, les remarques désagréables seraient le fait de Maghrébins.

Et évidemment, nos politiques se sont emparés du sujet… condamnant « fermement » les insultes et « harcèlements de rue » subis par nous, les femmes.

Nous, les femmes, premières à être sacrifiées sur l’autel de l’austérité. Nous qui sommes plus nombreuses à aller nous faire voir chez Pôle Emploi.

Nous qui partirons à la retraite plus tard, et avec 40 % de pognon en moins que nos collègues masculins…

Nous, les femmes, dont le salaire est toujours inférieur de 20 % à celui des hommes.

Sans que cela fasse même hausser un sourcil fatigué à nos z’élus.

Eh bien oui, le brillant travail de la jeune Sofie Peters a soudainement réveillé politiques et médias endormis : on se soucie plus volontiers du sort d’une « femme blanche », égarée dans un quartier pourrave de Belgique, où règnent en maître, comme dans tous les quartiers pourraves en Europe, le chômage, le décrochage scolaire et la discrimination. Surtout quand les coupables sont des «maghrébins à 95% », à l’évidence « pas intégrés», « frustrés », et qui sait, p’têt bien des intégristes.

Quant aux femmes qui habitent ces mêmes quartiers pourraves, rien, pas un mot dans le doc de Sofie Peeters : 60 % des femmes y sont au chômage, humiliées, méprisées, discriminées pour la couleur de leur peau ou leur foulard, cherchant en vain à trouver un boulot, à mettre leurs gosses dans une bonne école, ou tout simplement à obtenir ce qu’on appelle sans rire les « droits fondamentaux ».

Et sinon, voilà le reportage de la journaliste Linda Mondry (en réponse au reportage « Femme de la rue » de Sofie Peeters)

Femme de la rue ou le reportage qu’on mérite

Written by Gavroche

8 août 2012 at 18 h 47 min

Philippe Caubère et les « fascistes anti-corrida »

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Vous le savez peut-être : Le Conseil constitutionnel va devoir trancher bientôt sur la constitutionnalité de l’article du code pénal, l’article 521-1, qui autorise les corridas.

Actuellement, cet article qui condamne les sévices graves et les actes de cruauté envers les animaux exempte de sanction les corridas « lorsqu’une tradition locale ininterrompue peut être invoquée » comme c’est le cas dans le sud de la France.

J’avais déjà donné mon avis sur cette prétendue « tradition », dans un récent billet.

Bref, il y a quelques jours, j’ai été contactée par Frédéric Taddéi himself, pour participer à un débat sur le site qu’il a créé, Newsring…

Le débat en question portait sur « faut-il interdire la corrida ? »

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Et bien sûr, je reçois depuis dans ma boîte mail, les différentes contributions à ce débat…

Et vlatipa que tout à l’heure, je reçois celle de Philippe Caubère.

Voici ce qu’il écrit :

Interdire : cette nouvelle passion, cette nouvelle drogue

08 août 2012, 11:18

Pour moi, ce débat n’existe pas. Car il en masque un autre, beaucoup plus large, plus grave et très actuel : celui de vouloir tout interdire. À cette question, la réponse générale est évidemment toujours la même : «oui, il faut tout interdire». C’est la nouvelle passion mondiale, la nouvelle drogue admise, légale.

Cette passion d’interdire ne concerne plus seulement des pays dirigés par des gouvernements totalitaires, extrémistes, elle est désormais présente partout. On veut trouver une sorte de loi morale bas de gamme, qui est produite par le ressentiment, l’aigreur, la frustration, la haine des autres, de idées des autres, des passions des autres.

Interdire, c’est la négation de tout ce qui m’a toujours constitué : mon éducation personnelle, religieuse, politique, mais également mon expérience de la vie, ce pour quoi j’ai combattu, ce pourquoi je continue à combattre, pour la liberté, pour la démocratie, pour l’art.

Où cela va-t-il nous mener? De quelle guerre civile rêve-t-on? Et quand arrêtera-t’on de vouloir toujours et tout interdire? Faut-il interdire la prostitution? Le foulard? La cigarette? La maladie aussi : la grippe, le cancer, la folie? Faut-il interdire de souffrir, de crier, d’aimer donc, et aussi? Ce débat dépasse de loin, très loin, la corrida.

Par ailleurs, les gens qui veulent que la corrida soit interdite ne cherchent pas le débat, ils crient, ils protestent, avec la même intolérance que ceux qui crient et protestent contre l’avortement, contre les caricatures de Mahomet, les Versets sataniques de Salman Rushdie ou contre ce que les catholiques intégristes (ou pas) appellent « le blasphème » dans l’art…

En fait, il y a ceux qui aiment la corrida, ceux qui ne l’aiment pas, et puis il y a ceux qui veulent simplement interdire, protester, crier, stigmatiser, haïr.

J’ai appris dans ma jeunesse étudiante à Aix qu’on ne discute pas avec les fascistes. Les groupes anti-corrida sont des groupes fascistes, avec des moyens d’action, d’expression, une manière de penser fascistes. On discute avec les démocrates, les gens de bonne foi, mais pas avec les fascistes.

Philippe Caubère, c’est le charmant garçon qui avait publié dans Libération une tribune intitulée : Moi, Philippe Caubère, acteur, féministe, marié et « client de prostituées »

Pour ceux que cette pensée profonde intéresse …

En tous cas, cet article est révélateur : Monsieur Caubère a visiblement eu quelques problèmes avec sa maman :

dès qu’il s’agissait de sexe et de plaisir, elle devenait folle, méchante, abrutie, assassine, moyen-âgeuse. Son discours, d’éclairé, progressiste et anticonformiste, surtout à l’époque, devenait obscurantiste, obscène et mortifère. Et j’ai dû, tout au long de ma longue, si longue adolescence en subir les effets, les tourments, le martyre.

En clair, Monsieur Caubère estime que, du moment qu’il paye, il peut se payer le « spectacle » de la mort d’un animal qu’on torture, ou les « services » d’une prostituée…

Il écrit :

Le ou la prostitué(e) ne fait que dévoiler et assumer le rapport d’argent et de commerce tapi sous n’importe quel rapport amoureux ou sexuel. 

Monsieur Caubère, visiblement, aime la vie, les femmes, et les animaux.

Written by Gavroche

8 août 2012 at 18 h 42 min

Comme une envie de parler d’Apocalypse bébé… et de D@ns le texte.

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Avant ce dernier livre de Virginie Despentes, je n’avais rien lu de cet auteur. Ni « Baise-moi », ni « King-Kong Théorie » ni rien d’autre. Et pour ne rien arranger je suis un homme, vingt et un  ans de mariage hétéro au compteur et quarante de plus si l’on parle simplement de l’âge du capitaine… Autrement dit « Qu’est-ce qu’un vieux schnoque d’hétéro comme toi peut trouver d’intéressant dans cette littérature là ? » est une question que l’on peut se poser et que je vous autorise à me poser. C’est même pour cela que je vais m’empresser de tenter d’y répondre !

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Written by Juléjim

30 décembre 2010 at 18 h 23 min

Opération banlieues

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Je viens de terminer la lecture d’un livre dont – est-ce vraiment un hasard ? – on a beaucoup moins parlé que du fameux « Déni des cultures » d’ Hugues Lagrange… Pour lequel comme vous le savez, la délinquance dans les « quartiers » serait causée par des facteurs essentiellement culturels, et non par la misère sociale de ses habitants.

Ce livre s’appelle « Opération banlieues ». Il a été écrit par Hacène Belmessous, qui est journaliste, et chercheur indépendant, auteur de plusieurs ouvrages, déjà, sur le sujet.

Selon lui (et il a des arguments de choc) les fameuses « politiques de la ville » successives, depuis les années 70, visent à rétablir le droit dans les cités… Qualifiées de « zones de non droit ». Mais en fait, derrière les grands discours humanistes, se cache une réalité beaucoup plus discrète, et beaucoup moins noble : la préparation d’une « guerre totale » aux quartiers, transformés en ghettos ethniques, véritables chaudrons sociaux, dont le « traitement » ne relèverait plus que de l’éradication. Par l’armée.

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