LES VREGENS

Posts Tagged ‘Justice sociale

katastroïka, le film

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ô, pauvres grecs, que peut-on faire ?

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Comment ça, pauvres?

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On ne dirait pas (Oakridge, Oregon)

Jules ne m’en voudra pas de rebondir sur son article sur les « pauvres gens », car je suis tombée sur cet éditorial du New York Times, qui explore ce que recouvre ce terme et celui, plus nouveau de « presque pauvres », une catégorie sociale qui explose en ce moment aux États-Unis. Traduction:

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Written by florence

24 novembre 2011 at 9 h 53 min

Questions

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À l’image de la statue de Zuccotti Park cernée par les premières neiges, me voici plongée en pleine perplexitude : de plus en plus, je me dis qu’indignés européens et mouvements « occupy » aux États-Unis ou à Londres sont un peu différents. D’abord dans l’intitulé : on reproche souvent aux indignés de manquer d’objet, alors qu’occupy c’est déjà occupy… quelque chose ! En plus,  occuper et manifester, marcher, c’est très différent, je trouve.

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Written by florence

16 novembre 2011 at 23 h 28 min

recette pour un panier de crabes sauce à la menthe

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Le Carré

Le roi de l’espionnage anglais a récemment publié son dernier roman, Un traître à notre goût (Our Kind of Traitor), comme toujours dans l’air du temps puisqu’il s’agit du blanchiment de l’argent d’un oligarque russe via de respectables banques britanniques, en pleine crise financière mondiale.

L’auteur n’est plus tout jeune, c’est pourquoi je voudrais modestement lui suggérer de concevoir sa prochaine oeuvre sans quitter le confort de son île natale.

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Written by florence

11 avril 2011 at 13 h 00 min

le mal de mère

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Jacqueline claqua sa portière, posa lourdement les mains sur le volant et soupira longuement avant de démarrer le moteur de sa Peugeot.
Pour sûr, elle ne s’y attendait pas à celle-là.
Depuis 3 semaines qu’elle avait commencé à faire le ménage chez ces gens là, on peut dire que jusque là, tout s’était bien passé.
C’est la coiffeuse du village qui les avait mises en relation, elle savait Jacqueline sérieuse, et puis elle trouvait intéressant de se faire bien voir auprès de l’adjoint au nouveau maire. Faut dire que la coiffeuse, Marie-Claude, était plutôt pour l’autre liste, celle du notaire et des commerçants, pas pour celle des socialos et du docteur qui avait finalement gagné. Alors, Marie-Claude, en tant que trésorière de l’union commerçante, et au nom du bon voisinage, voulait faire un peu oublier ses prises de positions passées. « Faut être adaptable quand on est dans le commerce ! » disait souvent son mari. Bref, quand la femme de l’adjoint lui avait dit, en causant, qu’elle cherchait une femme de ménage, Marie-Claude avait tout de suite pensé à Jacqueline et avait arrangé l’affaire, et c’est comme ça que Jacqueline avait obtenu ce nouveau travail.
Ça n’avait pas été pas facile pour Jacqueline : après 15 ans passés à faire du conditionnement en usine, elle avait été licenciée quand la direction américaine avait décidé de remplacer toutes les chaînes manuelles par des chaînes automatisées, plus rentables.
Les anciens bancs de conditionnement avait été déménagés dans l’usine de Pologne qu’ils venaient de racheter et ici, deux techniciens suffisaient maintenant.
Et Jacqueline et les copines : terminé.

Avec les indemnités du licenciement, Jacqueline s’était donc payé le permis. Sûr qu’il en fallait du courage à 45 ans pour le faire, c’est ça aussi qui avait plu à Marie-Claude : « Dans la vie, quand on veut, on peut ! », qu’il disait souvent son mari. Et aussi, il avait dit « Hein Jacqueline, le monde appartient ceux qui ont une auto ! » et ça, ça l’avait bien fait rigoler.
Le reste de sa prime de licenciement était passé dans sa Peugeot.
Et elle travaille depuis comme femme de ménage.
Avec ce nouvel employeur, ça se passait bien. Le soir, quand la femme de l’adjoint rentrait à la maison, elle lui proposait même un café et elle lui demandait si tout c’était bien passé, et tout ça sur le temps de travail, payé.
Alors, aujourd’hui, Jacqueline se sentait un peu perdue.
La semaine dernière, Jacqueline lui avait dit un peu sa vie. Comment elle avait quitté tôt l’école pour aller travailler, son mariage à 22 ans, avec le premier homme qui s’était intéressé à elle, les 4 enfants.
Et puis aussi, elle avait dit les tracas de la vie.
Seule avec les enfants toute la semaine, parce que Jean-Paul était chauffeur poids lourd. La grande obligée de s’occuper de ses petits frères pendant que Jacqueline est à l’usine, le travail en équipe, les roulements, le sommeil et les fins de mois difficiles…
Alors, bon, quand le petit, Anthony, a commencé à avoir des problèmes, à avoir de mauvaises fréquentations, elle en avait eu du souci, surtout que Jean-Paul a cette époque là n’avait plus de boulot, plus de permis. « L’alcool… » avait soufflé Jacqueline, avec une petite grimace entendue.
Du souci oui avec Anthony, elle en avait. Des vols, des bagarres, et puis la drogue, les gendarmes, les mises à l’épreuve….
Là, il était revenu à la maison, mais il recommençait ses histoires.
Du souci, oui ça en faisait du souci pour Jacqueline.
Elle lui avait dit tout ça la semaine dernière, à la femme de l’adjoint, en prenant le café.

Alors ce soir, quand la femme de l’adjoint lui avait dit qu’elle en avait discuté avec son mari et qu’ils ne pouvaient pas la garder, elle ne s’y attendait Dieu pas, ça non.
Oh, bien sûr, ils n’avaient rien à lui reprocher question ménage, mais voilà, avec les problèmes de drogue de son fils, ils ne sentaient pas rassurés qu’elle ait la clef de leur maison avec elle. On ne sait jamais, s’il venait à prendre la clef et à les cambrioler…
« Alors, bon, vous comprenez  Jacqueline, on est obligé d’arrêter. Mais ne vous inquiétez pas, je vais vous faire tous les papiers pour les Assedic, et puis on reste amies bien sûr. Un autre petit café Jacqueline ?».

Written by lenombrildupeuple

15 décembre 2010 at 19 h 11 min

Insurrection

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— Alors petit, tu rêves ?

Il regarda avec surprise Marcel qui l’apostrophait et lui adressa un petit sourire contrit avant de reprendre la cadence de la batteuse et d’enfourner dans la gueule de la machine les aiguilles à ballot.

Oui, il rêvait, pourtant autour de lui la machine tapait et les hommes criaient. Mais en ce début d’après-midi d’été, il s’était pris à repenser à l’avenir qu’il s’était souhaité.

A ses 14 ans, il avait annoncé à ses parents qu’il voulait devenir boulanger, mais ses parents avaient pensé qu’avec son handicap, cette poliomyélite qui lui avait mangé toute force dans la jambe gauche, ce n’était pas une bonne idée et puis, de toute façon, ils ne connaissaient pas de boulanger qui cherchait un apprenti, alors…

Il était gentil Marcel. Pas comme ce salaud de Boulet.

Tap – tap – tap, claquait avec régularité la machine.

Il le voyait le salaud de Boulet, là-haut. Le colosse trônait au sommet de la batteuse comme si le monde lui appartenait.

Chaque fois qu’ils se croisaient, ce salaud le toisait de toute sa hauteur, et immanquablement le petit avait droit à une insulte : « fainéant », « bon à rien », « merdeux » « avorton », et souvent « boîteux ».

«Boiteux ! », « boiteux ! », « boiteux ! »…Il devait le sentir ce salaud de Boulet qu’il détestait qu’on lui dise ça, et sûrement que c’est ça qui plaisait à ce salaud.

Cette semaine là, ils battaient le blé dans une ferme du côté de Rebrainville, c’était à 20 km de chez ses parents mais la veille Marcel lui avait déconseillé de rester dormir dans la grange avec les autres gars de batterie : «  Boulet veut te faire ta fête, petit, tu devrais renter chez toi ce soir ».Il ne savait pas trop ce que l’autre comptait lui faire mais au ton de Marcel, il avait décidé de suivre son conseil et de rentrer. Pourtant, 20 km, en vélo, en pédalant sur une seule jambe, après les 10 heures de travail, ça ne l’emballait pas, mais il avait senti qu’il n’avait pas vraiment le choix.

Alors, la veille au soir, il avait repris son vélo. Il en était fier de son vélo. Rouge qu’il était. Ses parents avaient rechigné, c’est que ça en coûte des sous, mais bon, c’était pour travailler, et puis son grand frère avait soutenu l’idée. Il était écouté des parents Gaston, surtout depuis 4 ans qu’il était revenu de la guerre, auréolé de ses faits d’armes dans la résistance. Il avait d’ailleurs offert au petit un ceinturon pris sur un boche.

Mais, la veille, alors que la nuit tombait, en empoignant son vélo, il découvrit que le guidon et la selle étaient tartinés de merde. Il en avait plein les mains maintenant.

Le salaud, le salaud.

Il éructait, il pleurait.

Tant bien que mal, il essuya son vélo avec des brins de mauvaises d’herbes.

Chez lui, il n’avait rien dit à ses parents, à quoi bon. Il s’était couché directement, la main sur le ceinturon pour se réconforter. Dimanche, quand Gaston viendra, il lui en parlera se promit-il.

Aujourd’hui, il s’était appliqué à ne pas croiser l’autre salaud. Surtout, ne pas lui montrer ses yeux rouges de fatigue et de misère. Pas question d’abandonner sa fierté.

Un liquide lui coula dans le cou.

Instinctivement il rentra la tête dans les épaules tandis que le rire de Boulet éclatait. Le petit leva la tête vers lui, ce salaud se tenait debout, hilare, il avait à la main la gamelle dans laquelle il urinait pour ne pas avoir à descendre de la machine.

La gamelle était vide, ce salaud se marrait.

La pisse.

Il lui avait versé sa pisse sur la tête.

La rage remonta.

— Fumier ! hurla-t-il.

— Oh, ta gueule, boiteux. C’est pour rire.

— Tu me le paieras, tu verras, tu me le paieras.

Boulet cessa de rire.

— Quoi ? Tu t’es vu ? Tu veux qu’j’te casse l’aut’ patte ?.

Et il se remit à rire plus fort encore, prenant les autres à témoins de sa bonne blague.

Le petit s’éloigna pour ne plus entendre les rires moqueurs, trouva la fontaine et se passa de l’eau sur les cheveux, le cou et le visage, essuyant larmes et pisses mêlées.

La batteuse s’était arrêtée. Les hommes s’affairaient autour.

Le petit retourna vers la machine, l’œil noir, il clopina vivement.

Boulet était penché sur un engrenage.

Le petit attrapa la burette et de toute sa force et de toute sa rage, lui asséna un coup de burette à huile sur le crâne.

Boulet s’affala au sol, le petit se jeta sur lui et assis sur son ventre, il le cogna. Gauche, droite, gauche, droite.

Ban – ban – ban, tapait avec régularité le petit.

Dans le nez, dans les yeux, dans la bouche de Boulet, qui ne réagissait plus.

Boulet n’aurait désormais plus de dent, le petit avait les phalanges en sang, mais déjà Marcel et Raymond le ceinturaient et l’empêchaient d’accomplir son œuvre.

— Laissez-moi, j’vais l’tuer, j’vais l’tuer !! Hurlait le petit.

Mais Marcel et Raymond ne le laissaient pas.

Bientôt, sa colère retomba, laissant la place à l’excitation.

— J’l’avais dit que je l’aurais, j’l’avais dit.

Marcel le tenait toujours fermement.

— Oui, mais s’il va aux flics, tu iras en taule…

Written by lenombrildupeuple

16 novembre 2010 at 19 h 02 min

De l’effet d’annonce comme méthode de gouvernement

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Battant son plein en France à l’approche des présidentielles, je découvre cette méthode à l’oeuvre au Royaume-Uni, alors que les élections viennent à peine d’y avoir lieu. Alors à qui s’adressent ces annonces, qui pourraient bien s’avérer irréalisables? Les fameuses agences de notation?

Extraits du Guardian d’aujourd’hui:

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Written by florence

25 août 2010 at 13 h 48 min