LES VREGENS

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On a gagné ? Vraiment ?

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Y paraît donc, qu’ « on » a « gagné », comme ils disent. Enfin, gagné, c’est un bien grand mot. Parce qu’une fois de plus, on a voté « contre ». Ce bon Hollande a eu de la chance, il ne s’appelait pas Sarkozy. Et plus de deux millions d’électeurs ont finalement décidé d’aller à la pêche plutôt qu’au bureau de vote.

Certes, le nabot est parti. Qu’on se rassure, il n’est pas devenu un citoyen ordinaire, quoi qu’il en dise. Il s’en va avec les poches pleines. Et un avenir assuré.

Non seulement, en tant qu’ancien chef d’État, il a droit au pactole, mais comme je vous le racontais il y a quelque temps déjà, il a aussi pris soin de mettre sa petite famille à l’abri.

Il ne s’en cachait d’ailleurs même pas, déclarant en juillet 2008 dans le journal gauchiste Le Point :

« Alors moi, en 2012, j’aurai 57 ans, je me représente pas. Et quand je vois les milliards que gagne Clinton, moi, j’m’en mets plein les poches ! Je fais ça pendant cinq ans et ensuite je pars faire du fric comme Clinton. Cent cinquante mille euros la conférence ! »

Après la case « présidence », la case « conférences » … Ne dites pas « pourri », dites « décomplexé »…

Mais il est loin d’avoir été le seul a profiter de sa fonction pour « assurer ses arrières » …

Un certain Hollande François écrivait en 2006, dans son livre Devoirs de vérité :

« Une haute bourgeoisie s’est renouvelée. On est passé d’un patrimoine jusque-là détenu par l’actionnariat familial, et transmis par héritage, à un actionnariat managérial qui s’est lui-même autopromu, autorécompensé, auto-organisé et autosolidarisé. Or il s’est trouvé par un fait de circonstance – mais qui n’est pas sans conséquence sur le plan idéologique – que c’est au moment où la gauche arrivait aux responsabilités, en 1981, que cette mutation profonde du capitalisme s’est produite.

Une génération – celle issue des cabinets ministériels des années 1980, de gauche comme de droite – s’est retrouvée aux commandes d’entreprises parce que le capitalisme lui-même n’avait plus de dirigeants, faute de familles suffisamment nombreuses, faute de compétences assez solides. C’est l’appareil d’État qui a fourni au capitalisme ses nouveaux bataillons, ses nouveaux cadres, ses nouveaux dirigeants. Ainsi est apparue cette situation inédite où des hommes, des femmes – plus d’hommes que de femmes – issus de l’État, de la haute fonction publique, sont devenus non seulement des responsables d’entreprise – cela s’était déjà produit dans le passé –, mais aussi des détenteurs – en quelques années – de fortunes considérables. Venus d’une culture du service public, ils ont accédé au statut de nouveaux riches, parlant en maîtres aux politiques qui les avaient nommés.

Là est le fait nouveau. Un changement de hiérarchie s’est opéré dans l’ordre des pouvoirs : “Puisque nous, nous avons réussi, puisque nous, nous sommes les représentants du capitalisme mondialisé, nous savons aujourd’hui ce qu’il faut faire. Nous le savons mieux que vous.” Aux yeux de cette nouvelle aristocratie, l’argent est devenu une référence bien plus fiable des représentations sociales que le mode d’attribution du pouvoir politique. »

Devoirs de vérité, p. 159-160.

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