LES VREGENS

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Autre chose…

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Mea culpa.

Moi aussi j’ai ma part de responsabilité dans ce naufrage.

Comme chacun d’entre nous, probablement.

Je regarde, je m’informe, je lis, j’essaie de réfléchir, d’analyser, de prendre de la distance aussi, car ce que je vois ne me plais pas. Chaque jour, j’assiste à une descente aux enfers de mon espèce. Une descente qui semble ne jamais finir, un tonneau des Danaïdes dans lequel l’humanité serait tombée, dès le départ, comme une destinée funeste qui nous serait spécifique, intrinsèque même, comme si ce devait être notre lot normal, finalement, sans qu’on puisse lutter contre elle. Une fatalité, en quelque sorte.

Car j’ai beau crier, regimber, ruer dans les brancards, être en colère, tout le temps, depuis toujours, j’ai beau essayer de minimiser mon impact, ma participation, mon engagement même, mon implication dans ce système que je rejette violemment en conscience, j’y vis et j’y participe. Saperlipopette.

Même de la manière la plus restreinte possible, ma vie a un impact tangible sur ce monde déjanté et dérégulé, et que je le veuille ou non, le simple fait de m’habiller ou de me nourrir spolie sûrement des personnes du bout du monde, violente des gens pauvres et fragiles, accentue la misère d’inconnus désespérés. Mon objectif dans la vie n’a jamais été le luxe, le faste et le fric, mon objectif a toujours été d’être heureux quoi que je puisse avoir, ou ne pas avoir. Pour moi le bonheur n’est pas dans ce qu’on a mais dans ce qu’on est. Mais même si mon bonheur se suffit de relativement peu de choses matérielles, je sens que je suis heureux aux dépens d’autres catégories de gens, moins favorisés que moi. Beaucoup moins, même.

Quoique je tente de minimiser mon impact, j’ai une petite part de responsabilité dans la marée noire de BP, dans la guerre d’Afghanistan, dans le soutien aux régimes dictatoriaux et corrompus qui gangrènent la planète, dans l’exploitaation des femmes et des enfants, dans tout ce qui déconne méchamment. On a l’humanité ou le sort qu’on mérite entend-on souvent. C’est vrai je crois, puisque nous n’avons pas celle que nous voulons, d’humanité, mais celle que nous faisons, par chacun de nos gestes.

On est à bout de souffle, et je pense sincèrement qu’un autre système politique, quel qu’il soit, ne peut changer que dans une infime mesure quelques disparités ou injustices criantes, mais aucun fondamentalement ne peut bouleverser le système, le changer en profondeur, rétablir le bien et offrir une justice et un monde de paix à chacun d’entre nous, même si c’est le souhait de 99,99% d’entre nous, sûrement.

L’Homme est d’abord en guerre contre lui-même, c’est ça le problème.

La conscience nous a amené à un éveil au monde, à nous, aux autres, à la Vie, c’est vrai, c’est une belle chose, mais c’est peut-être la pire, elle a aussi amené la notion du Bien et du Mal qui semble n’être spécifique qu’à nous et d’aucune espèce d’utilité dans le reste de l’Univers, celui que nous connaissons tout au moins. Les choses et l’Univers se développent depuis le départ sans nos notions philosophiques, et paradoxalement, je me demande si ce n’est pas cette dimension qui nous est propre et qui nous menace. Le développement de nos facultés intellectuelles et de notre conscience devait s’accompagner d’un corollaire probablement inévitable, qui est le développement de pathologies mentales et autres troubles mentaux divers et variés. Je pense que chacun d’entre nous, à des degrés divers, souffre d’un désordre quelconque à ce niveau-là. La faille. C’est dire si l’on est bien barrés. Complètement, même. Et que ces désordres ont une fâcheuse facilité à prendre le dessus sur tout le reste. Et que souvent, les plus barrés d’entre nous arrivent à se mettre aux commandes de tout le système. En tous cas il y a toujours cette dualité très chiante, cet éternel balancement entre le Bien et le Mal, le sain et le malsain, le bonheur et le malheur, le fromage ou le dessert. Qu’est-ce que ce serait chouette si on en était resté au stade de l’amibe, intellectuellement. J’imagine BHL, et du coup ça me soulage.

Bon ben oui, arrivé là, la question qui me vient est de me dire: mais quoi faire alors pour changer tout ça, parce que si l’humanité est suicidaire, individuellement on n’a pas envie d’en finir, on aurait même envie que ça dure le plus longtemps possible, et que cela s’améliore pour tous.

Si changement il y a, il sera très très long, et vous et moi mourrons entourés des mêmes problèmes que nous connaissons et voyons chaque jour. Mais on peut commencer à changer, dans nos esprits, puis transmettre, éduquer, passer le relais, inlassablement, avec l’espoir.

Il y a longtemps que je bannis la télé dans son ensemble, et si je regarde encore quelques jités, il y a longtemps que je n’ai pas vu une émission quelconque. Je m’exerce à ne regarder que du beau ou de l’apaisant. Alors mis à part Ushuaïa ou RV en terre inconnue, le reste c’est sur France5 que ça se passe. Rarement maintenant. On se plaint d’être dans un état policier et violent, et la télé est littéralement envahie de séries de flics et de criminels. J’en n’ai pas vu une seule de ces séries à la con, je ne veux pas en voir une seule, il y a assez de flics et de criminels dans le réel pour m’en remettre une couche dans la fiction. J’en peux plus en fait de cette invasion policière et criminelle. Pourtant ces séries cartonnent, c’est donc que les gens aiment ça et en redemandent. Ben pas moi, j’en ai marre de ce que je considère comme de la médiocrité. Quand je vois des films comme la série « SAW », que je n’ai pas vus mais dont j’ai eu écho, je me dis que la liberté d’expression a des limites quand il s’agit de ce genre de films à l’attention des ados voire des enfants ou des tordus de toutes espèces. Des films d’une barbarie la plus ignoble, comme un…divertissement. Putain…

J’arrête là les exemples, ils seraient innombrables et envahissent notre vie. Si on veut changer les choses, on doit d’abord se changer soi-même. Je dois même vous confier que souvent je songe à lâcher le Canard, le seul journal que j’achète et lis, car toutes ses infos sont révoltantes, angoissantes, elles me minent. A titre d’autres exemples divers et variés qui n’ont de rapport entre eux que celui de décider soi-même et de retrouver un peu de maîtrise, je refuse de prendre l’avion, je refuse le téléphone portable, je refuse le prélèvement automatique et la carte bleue (mais comment fait-il? Mais comme vous, avec des chèques, du liquide ou des mandats, et tout se passe très bien), je refuse d’aller chez Mc Do, chez Total, dans les hyper-marchés, chez Disney…Ça ne se limite pas à ça, je refuse au quotidien des tas de petites choses, mais je me libère. Vraiment. Et finis par voir les choses autrement. Et j’ai changé.

Dans l’ensemble, je dois dire que je vais plutôt bien, j’ai trouvé il y a longtemps la thérapie de la vie (carrément) par le rire, et j’avoue que c’est un puissant apaisant, antidépresseur, tout ce que vous voulez, beaucoup plus que le chocolat. C’était vital pour moi, parce que profondément angoissé et désespéré par des périodes de ma vie difficiles, j’ai pris cette option et fondamentalement, vraiment au fond de moi, j’ai changé d’optique et de regard sur les choses, sur le monde, mais sur moi avant tout. Je profite pourrait-on dire, mais pas par la consommation, je profite de la simplicité, de ce que j’ai, je profite du temps, de la réflexion, de la nature, des animaux, du silence…Je ne me désintéresse pas de la misère et de la souffrance, mais je l’intègre aussi par la dérision, par l’acceptation. Oui mais alors allez-vous dire, c’est bizarre et paradoxal, il refuse systématiquement certaines choses plutôt dérisoires, et il accepte certaines autres plutôt sévères et de grande ampleur. Je pense en fait que si l’on reprend la maîtrise sur soi d’abord, sur ce qui nous entoure de manière proche, les choses de tous les jours, petit à petit, lentement mais sûrement, c’est nous et notre entourage qui changeons, inexorablement. La misère ne s’évanouira pas en deux coups de cuillère à pot on est d’accord, ni vous ni moi ne pouvons changer les choses rapidement et fondamentalement, mais la solution est en nous. On a le monde qu’on a voulu, j’en veux un autre.

J’ai ma part de responsabilité dans les dérives de celui-ci, je veux avoir une part de responsabilité dans un autre, meilleur. Avec mes moyens, qui sont limités. En tous cas, en moi, il subsiste un espoir. Toujours.

Bon, après relecture, je vous accorde que mes réflexions à la con sont un peu foutraques, parfois contradictoires, c’est un peu de la philosophie à deux balles, mais je fais avec les moyens du bord, j’ai pas pu faire de longues études, je ne suis pas super-intelligent, mais en tous cas j’essaie d’être toujours sincère. Et puis j’essaie de faire un peu des phrases personnelles, il faut dire, même mal, ce qui nous plaît et ce qui nous fait chier. Donc si c’est mal foutu, faut être indulgent, et puis faudrait voir à vous y habituer, pour la suite. ;o)

Bon en tous les cas, ça fait un billet de plus les gazelles et filles!

Written by superpowwow

13 août 2010 at 17 h 40 min

Publié dans Tout et rien

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