LES VREGENS

Un de moins … Champagne !

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Gérard Filoche a touité tout haut ce que j’aurais pu écrire à propos de la mort d’un enfoiré. A vrai dire, je serais allée beaucoup plus loin, j’aurais écrit … ben le titre de ce billet.

Et comme le cirage de pompes posthume par la presse fut unanime, la levée de bouclier de nos distingués « représentants » le fut également, pour condamner ce « dérapage ». A droite, comme « à gauche », d’Eric Ciotti en passant par Valls et Cambadélis, jusqu’à Patrick Menucci, l’ancien porte serviette de Mâme Royal, et des dizaines de députés socialistes

Quant à ce pauvre Filoche, il aurait pu quitter le parti d’en rire en claquant la porte, ben non, il va se faire virer comme un malpropre. Après tout, l’avait qu’à réagir avant !

Du coup, ça m’a fait penser aux « dérapages » précédents, et aux réactions de nos distingués « socialistes ».

Les méga « dérapages » de DSK (Niouyorque, le Carlton et le reste), tranquillement revenu depuis « aux affaires » par la petite porte, au festival de Cannes, au Sénat pour y faire des conférences, etc.

Parce qu’outre les réflexions dont tout le monde se souvient avec émotion,  Y’a pas mort d’homme  (Jack Lang),  le troussage de domestique  (Jean-François Kahn), lors du retour en France du personnage, Martine Aubry, insistant sur ses liens téléphoniques constants avec DSK et sa femme, s’était déclarée très heureuse pour Dominique Strauss-Kahn et Anne Sinclair. Ou Dominique est de toutes façons utile à la France, son pays auquel il est tellement attaché, et il le sera sous les formes qu’il choisira.

Moscovici, lui, avait déclaré : Quand il souhaitera reprendre sa place dans le débat public, il faut que ce soit une voix utile à la gauche et au pays. Quant à Hollande, il évoquait, lui son rôle essentiel dans la campagne du futur candidat socialiste à la présidentielle en raison de son expertise sur la crise.

Seul Rocard avait fait preuve de bon sens : Cet homme a visiblement une maladie mentale, avec des difficultés à maîtriser ses pulsions… provoquant l’ire des « ténors socialistes » comme Laurent Fabius et Jack Lang.

Enfin, François Pupponi, maire de Sarcelles, avait même prévu l’organisation d’une « grande fête » pour le retour de Dominique Strauss-Kahn dans son ancien fief, avant de démentir et d’indiquer : Il décidera lui seul de comment les choses vont se passer.

Ça m’a fait penser au dérapage de Cahuzac, toujours pas jugé.

Au dérapage de Thévenoud, toujours député.

Aux dérapages de Julien Dray, le collectionneur de montres,  de Cambadélis,  de Sylvie Andrieu,  de Jean-Noël Guérini, de Jean-Pierre Kucheida, de Gérard Dalongeville…

Évidemment, ces dérapages là étaient le fait de gens bien, et pas de vulgaires sans-dents comme vous et moi. Leur seul tort étant finalement de s’être fait attraper la main dans la culotte le pot de confiture.

Et du coup, ça m’a fait penser à Hollande allant verser une larme aux obsèques de Maggie Thatcher, et envoyant un obscur ministricule à celles d’Hugo Chavez, ou empêchant Evo Morales de survoler notre sacro-saint territoire pour cause de possible Edward Snowden…

Dites moi qui les socialistes fréquentent, je vous dirai qui ils sont.

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Nous tisserons le linceul du vieux monde

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Suite à mon dernier billet, un ami m’a rappelé ce poème de Victor Hugo :

Joyeuse vie.
I.

Bien ! pillards, intrigants, fourbes, crétins, puissances !
Attablez-vous en hâte autour des jouissances !
Accourez ! place à tous !
Maîtres, buvez, mangez, car la vie est rapide.
Tout ce peuple conquis, tout ce peuple stupide,
Tout ce peuple est à vous !

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Vendez l’état ! coupez les bois ! coupez les bourses !
Videz les réservoirs et tarissez les sources !
Les temps sont arrivés.
Prenez le dernier sou ! prenez, gais et faciles,
Aux travailleurs des champs, aux travailleurs des villes !
Prenez, riez, vivez !
Bombance ! allez ! c’est bien ! vivez ! faites ripaille !
La famille du pauvre expire sur la paille,
Sans porte ni volet.
Le père en frémissant va mendier dans l’ombre ;
La mère n’ayant plus de pain, dénûment sombre,
L’enfant n’a plus de lait.

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Written by Gavroche

17 octobre 2014 at 12 h 47 min

Ce monde là, j’en veux pas

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Ce matin en ouvrant l’œil, j’avais dans la tête cette chanson :

Du coup, mon esprit battant la campagne, je me suis dit que nos jours, les bandits même au grand cœur avaient mauvaise presse. Et que même, ils étaient définitivement morts.

Nos héros ne sont plus les Mandrin ou les Robin_des_Bois.

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Louis Mandrin, roué vif Place des Clercs  à Valence, le 26 mai 1755

Statue de Robin des bois à Nottingham

Qui se souvient aujourd’hui de  Gaspard_de_Besse  ?

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Gaspard de Besse, qui n’avait jamais tué personne, fut condamné par  jugement du 14 octobre 1781 à être « conduit sur l’échafaud pour y avoir les bras, les jambes, les cuisses et les reins rompus et être ensuite exposé sur une roue, la face tournée vers le ciel, pour y expier et y rester jusqu’à ce que mort s’ensuive ».

Il avait 24 ans.

Qui se souvient de  Marius_Jacob  ?

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La justice sociale ne se discute pas, elle se prend !

Qui se souvient même tout simplement de Jean Valjean, sauf à travers la vilaine bobine de Depardieu dans la dernière version télé ?

Qui lit encore Les Misérables ?

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Dessin de Victor Hugo, « la conscience devant une mauvaise action », 1866

Qui lit encore, à part quelques égarés atteints par la limite d’âge ?

Quand nous étions petits, nous jouions aux gendarmes et aux voleurs, nous ne voulions jamais jouer les gendarmes. Nous étions toujours les indiens face aux cow-boys.

Nous avions envie d’être du côté des justes, qu’aujourd’hui on appelle « losers ».

Aujourd’hui, nos héros d’antan sont fatigués.  Et nous, résignés.

Aujourd’hui, on joue à la wii, tout seul dans son coin face à la machine, on a plein « d’amis » sur fesse de bouc, on touite (quelques mots, ça va, au delà bonjour les dégâts, « ça prend la tête »). On doit être des ouineurs, ou mourir.

Aujourd’hui, nos héros sont ceux qui « ont réussi ». On voudrait ressembler à Bernard Tapie, à Jérôme Cahuzac (voleurs, mais riches, eux) à un joueur de tennis ou de foutebole, à un acteur, à une star. Stars de cinéma, de la politique, de la chanson, stars de la cuisine, stars de la télé…  On voudrait gagner au loto, et être calife à la place du calife.  S’intégrer au monde, plutôt que le foutre par terre.

Nos héros, c’est ceux qui font la guerre aux méchants, comprendre les bougnoules, les autres, les pas blancs, les pas beaux, les différents, les écolos, gentiment baptisés talibans, ces empêcheurs de consommer en rond, et les musulmans forcément terroristes. Les roms forcément voleurs, les sans-papiers, les chômeurs forcément feignants, les pauvres-parce-que-c’est-leur-faute.

Nos héros, c’est Schwartzenegger ou Rambo… Nos héros, ce sont les flics des séries amerlocaines. Ceux qui « gagnent » toujours.

Des fois, je me demande ce que je fous là …

Written by Gavroche

16 octobre 2014 at 12 h 06 min

Des propos étonnants de Patrick Baudry

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c’était dans l’émission « Affaires sensibles » qui remplace le regretté « là-bas si j’y suis ».

Ecouté cette émission quelques fois, pas mal !

là il s’agissait d’une émission sur « Apollo13″ : voilà le lien pour l’écouter (disponible jusqu’au 8 juillet 2017) : ici

le plus intéressant c’est la deuxième partie : « En seconde partie, nous recevons Patrick Baudry, ancien astronaute, il a participé au premier vol franco-américain en juin 1985. Il est aujourd’hui écrivain, et consultant en activités aéronautiques et spatiales. »

en particulier l’introduction faite par Fabrice Drouelle et les premières remarques de Patrick Baudry, je crois me souvenir que celui-ci avait soutenu Sarkozy (à vérifier ) c’est pourquoi j’ai beaucoup été surpris d’entendre ce qu’il avait à nous dire.

Pour les fainéants je vais retranscrire: à environ 30 minutes)

« ….après Apollo 17 l’aventure s’arrêtera net…. pour des raisons budgétaires diront la NASA et le gouvernement américain,… c’est ainsi que la conquête spatiale oscille aujourd’hui entre projets abstraits tellement ils paraissent lointains et des petits tours autour de la Terre pour des raisons purement commerciales, on installe des satellites, on géolocalise la Terre entière, on menace nos libertés ( voir ici) et on brade nos rêves. Hé Houston, on a un problème là !. »

diffusion de « Major Tom » de Bowie

à environ 37 minutes Baudry nous dit que la conclusion sus cités est tout à fait pertinente, « qu’on n’a pas de vision du futur,  l’homme dans l’espace est galvaudé lorsqu’on l’envoie encore orbiter autour de la Terre , cela devrait être réservé à l’enrichissement personnel des gens qui auront la chance de s’offrir le tourisme spatial et les professionnels doivent être réservés pour des projets ambitieux, aller sur Mars, faire une station sur la Lune etc….Aujourd’hui on faillit à notre vocation. »

Ainsi donc à cause de la fin de la guerre froide, la conquête spatiale est juste devenue une activité commerciale, on nous géolocalise parce que ça rapporte de la tune, qu’importent les conséquences, faisons du beurre. Le Bizness tue tout…..

Written by cremedecanard

15 octobre 2014 at 13 h 31 min

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Le Nobel d’économie est français.

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Tout le monde a entendu le concert des cocoricos, non la France n’est pas finie blablabla, 2° nobel en 2 semaines, blablabla, c’est bien pour l’école de Toulouse où il enseigne, ça va attirer des bons chercheurs, et les étudiants micro-trotoirisés qui mettent en avant que c’est bon pour la renommée de l’école, et leur CV, et leur valeur sur le futur marché de l’emploi…..

Et puis sur Inter, je crois que c’était ce matin, pardon de pas dénoncer le coupable, c’est juste par flemme de rechercher. La palme pour ce commentaire que je ne citerai pas au mot près , on nous dit que ce nobel est un camouflet pour les déclinistes qui clament que la France est finie et que ça démontrerait que l’université forme encore correctement les futurs chercheurs, c’est une double manipulation , en effet :

-Etant donné l’âge du nobel en question, cela ne nous dit rien sur le système actuel mais plutôt sur le système dans lequel il a été formé ( avant que celui-ci ne décline sous les coups divers puis l’estocade de la LRU).

- Ce commentateur démontrerait sans peine que le Sahara est une terre fertile en montrant un oasis dans le dit Sahara.

Ce qui est dit mais sans être claironné c’est que ce M Tirole est un keynesien, et qu’il est récompensé d’un Nobel pour ses travaux sur la régulation de l’économie. Intéressant ça, alors que Keynes est renvoyé aux oubliettes par les politiques économiques menées depuis 30 ans dans le monde monétariste de la mondialisation de l’économie, c’est un Keynesien qui reçoit le nobel. L’humanité retrouverait-elle subitement une once de bon sens? Pourquoi bon sens me direz-vous? parce que les ravages du monétarisme sont sous nos yeux et que la traçabilité historique de la dite théorie est limpide, ce qu’on vit aujourd’hui, ce sont bien les conséquences du monétarisme ou de la remise au placard du Keynesianisme ( ce qui historiquement revient au même)

mise à jour : il semble que j’ai écrit une grosse connerie dans le paragraphe précédent et donc je modifie le titre du coup, mais je laisse ma connerie sinon le commentaire paraitra bizarre .

Personne à ma connaissance, n’a encore fait le lien avec cette remarque entendue aujourd’hui également sur Inter, le représentant de la fédération de je sais plus trop quoi , genre bâtiment ou travaux publics, qui appelle à manifester aujourd’hui. De quoi se plaignent-ils dans ce secteur? Ils se plaignent de la baisse des sommes attribuées aux collectivités locales, qui entraîne de facto une baisse de la demande et donc une perte sèche de plusieurs milliers d’emploi dans le secteur. Et voilà comment , en 2014, certaines découvrent que l’eau ça mouille et que le feu ça brûle. C’est l’effet des mesures monétaristes, être Keynesien justement c’est penser que ce n’est pas par la rigueur mais par la relance qu’on résout les difficultés économiques après une crise.

Ainsi donc les représentants des patrons du secteurs sont Keynesiens sans le savoir, et dénoncent aujourd’hui ce qu’ils plébiscitent depuis 30 ans, une baisse des charges et une baisse des dépenses publiques. Le tissu des PME devrait depuis longtemps plaider pour une relance Keynesienne, une hausse des recettes de l’état (et donc des impôts) pour relancer les dépenses publiques et ainsi nourrir les PME ( pas seulement du bâtiment). Ils ont préféré scier consciencieusement la branche sur laquelle ils étaient assis. C’est aussi ce que devrait faire un président qui s’est autoproclamé social démocrate, mais qui n’en demeure pas moins résolument monétariste.

Parallèlement , d’autres comme un vieux réac chez Taddei, vont nous dire que ce que l’on vit aujourd’hui c’est la défaite du socialisme depuis 30 ans, alors que c’est juste l’effet de l’absence de socialisme pendant 30 ans. Comme toujours la guerre du vocabulaire fait rage et chacun déforme sciemment les termes pour que plus personne ne s’y retrouve. Il faut redire encore et encore ce que sont , le socialisme, le keynesianisme, le monétarisme et appeler un chat un chat , chaque fois que l’occasion se présente.

Written by cremedecanard

14 octobre 2014 at 16 h 49 min

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Suppression de 10 000 emplois chez Peugeot

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Découvert par hasard sur le site Usine nouvelle :  PSA Peugeot-Citroën envisagerait de supprimer 10 000 emplois en France avant la fin de 2015. Et évidemment, pas un mot de cette « rumeur » ailleurs,  sauf chez les affreux gauchistes de World Socialist Web Site

Pourtant, Renault et PSA demandent « l’accélération des réformes du code du travail » et bien sûr, la réduction drastique des coûts du travail pour améliorer leur « compétitivité ».  Comprendre : leurs bénéfices.

Usine nouvelle cite une lettre confidentielle de PSA datée du 1er octobre :
Nouvelles suppressions de postes en projet chez PSA
(accès payant)

Après avoir effleuré le sujet lors d’une réunion de son Observatoire des métiers le 26 septembre, la direction de PSA Peugeot Citroën a confirmé ses intentions aux organisations syndicales (…) Sur les 86 000 salariés de PSA en France, elle voudrait supprimer 10 000 postes d’ici fin 2015. Ceux-ci s’ajouteraient aux plus de 10 000 emplois supprimés depuis 2011, notamment avec la fermeture des sites d’Aulnay-sous-Bois et de Melun.

La direction de PSA et les syndicats – qui ont signé des accords de réduction des coûts incluant la suppression d’emplois et la fermeture d’usines – on évidemment  nié l’information.

Se rappeler, que, par le passé, des documents confidentiels avaient fuité, puis avaient été démentis, pour finalement être confirmés : ainsi, en 2011, la CGT avait publié un document interne qui révélait les projets de fermeture d’usine à Aulnay (3600 emplois), SevelNord dans le nord (2800 emplois) et Madrid (3100 emplois).

À l’époque, les syndicats avaient fait profil bas, en pleine campagne présidentielle, où tout le monde ou presque soutenait François Hollande.

Mais après l’élection de Hollande, le PS avait  soutenu le projet de PSA de fermer Aulnay et de supprimer quelque 11 200 emplois en France avant la fin de 2015.  Même Petits Bras Montebourg avait déclaré, martial, qu’on n’y pouvait rien. L’État ne pouvait pas tout, © Lionel Jospin.

Ce qui n’a pas empêché le gouvernement « socialiste » de faire de jolis cadeaux sonnants et trébuchants au patronat, 40 milliards d’euros d’allègements fiscaux pour les entreprises dans le cadre des mesures d’austérité du prétendu « Pacte de responsabilité ».

Tout cela, malgré les renoncements des syndicats qui ont signé des accords pour de fortes réductions des coûts comprenant gels de salaires et flexibilité des heures de travail.

Tout cela, malgré les augmentations des ventes et des profits.

Selon le Financial Times, en septembre, où les ventes de véhicules neufs en France sont montées de 6 % comparées avec celles du même mois de l’année dernière, les ventes domestiques de PSA étaient en hausse de 17,3 %, et celles de Renault étaient en hausse de 5,3 %. Leur part de marché combinée a atteint 57 % en septembre en comparaison de 56 % au début de l’année.

PSA a ainsi annoncé un profit de 477 millions d’euros dans la première moitié de cette année, son premier profit depuis trois ans. On peut dire merci aux socialistes, qui en entrant dans le capital de la société pour quelques petits milliards d’euros, utilisent nos impôts pour renflouer les caisses de la famille Peugeot, et remplir le portefeuille de leurs actionnaires.

PSA et Renault exigent pourtant que le gouvernement intensifie les réformes du marché du travail. Toujours dans le Financial Times,  Maxime Picat, PDG de Peugeot, déclarait : Vous n’avez qu’à voyager dans le monde et regarder ce qui se passe, non seulement dans les pays anglo-saxons mais aussi en Asie, vous verrez que nous avons besoin d’accélérer nos réformes.  Des réformes ont été faites, [mais] nous en voulons davantage car nous voulons que la compétitivité du pays s’améliore…

Tout va pour le mieux dans le meilleurs des mondes, ce brave Hollande s’est d’ailleurs félicité hier, au Salon de l’Auto : Il y a deux ans, l’industrie automobile française était en crise, le gouvernement était confronté à des plans sociaux, à des fermetures, et le marché était en très grande difficulté. Des efforts ont été faits par des industriels, par l’État (pas un mot sur les « efforts » consentis par les salariés, cette bande de sans dents) pour apporter un certain nombre de fonds, de stimulations, d’incitations et les résultats sont là : l’industrie française s’est redressée et elle repart. C’est bon pour l’activité, pour l’emploi, et pour nos exportations.

Et pour les bénéfices des patrons. Mais ça, l’ennemi de la finance n’a pas osé.

Bref, compte tenu de leurs antécédents, et des bons vieux proverbes « on ne prête qu’aux riches » (bien de circonstance) et « il n’y a pas de fumée sans feu », une affaire à suivre…

Written by Gavroche

7 octobre 2014 at 11 h 03 min

Le grand supermarché de la reproduction humaine

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Tout s’achète, tout se vend.

La prostitution, bientôt un « métier » comme un autre…

Des « assistantes sexuelles » pour les handicapés.  Ça, ça existe déjà.

Encore un métier comme un autre.

Bientôt des écoles pour les former.

Faut bien faire reculer le chômage. Et se faire réélire.

J’ai même lu ce matin que drogue et prostitution contribuaient au PIB britannique pour plus de 11 milliards d’euros…

Et que bientôt, elles seraient même comptabilisées en Europe…

Y’a pas de petits profits.

Et ce dimanche 5 octobre 2014,  la Manif pour Tous va défiler à Paris et à Bordeaux, paraît-il contre « la marchandisation de l’humain ». En fait, seulement contre la gestation pour autrui (GPA), et la procréation médicalement assistée (PMA) pour les couples de femmes.

Sans doute par un heureux hasard, et malgré la récupération du vocabulaire anti-capitaliste et écologiste, la Manif pour Tous n’a jamais protesté contre la marchandisation du vivant avant le mariage gay.

 

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Nicolas Sarkozy : Il faudra inscrire dans la constitution des verrous juridiques pour réserver la PMA aux couples hétérosexuels infertiles et interdire complètement la GPA (…). Jamais je n’accepterai la marchandisation de l’enfant. (Le Figaro Magazine)

Bon, ça, c’est la droite, bien réac.

Mais la « gauche » ? Sans vraie surprise, elle cause strictement comme la droite, ainsi la « gauche » soutient la PMA, mais seulement pour les couples hétérosexuels infertiles. Du PS aux Verts en passant par le Front de gauche, du gouvernement VallsHollande au « Collectif pour le respect de la personne » (CoRP), tous unis pour la PMA et contre la GPA.

Manuel Valls :  Contrairement à la GPA, qui est et sera prohibée parce qu’elle instaure une commercialisation de l’humain, la PMA n’est pas interdite aux couples hétérosexuels rencontrant des problèmes médicaux. Elle n’est en revanche pas ouverte aux couples de même sexe. (…) Nous n’avancerons pas plus loin sur cette question tant que nous n’aurons pas l’avis du Comité consultatif national d’éthique.

Alors, le 7 octobre prochain aura lieu à l’Assemblée nationale une réunion d’information sur « Le marché de la maternité et des enfants », à l’initiative du Corp, qui certes, lance des pétitions contre la pratique des mères porteuses, mais s’abstient de critiquer la PMA. Ce qui lui permet de réunir les signatures de Jacques Testart et de René Frydman, les auteurs de la première fécondation in vitro. FIV sans laquelle aucune GPA n’est possible.

Or, la marchandisation de l’enfant commence bel et bien avec la procréation médicalement assistée.

Dans le supermarché mondialisé de la reproduction humaine, la loi de l’offre et de la demande fixe le cours de l’ovule, du sperme, et des actes médicaux. Un marché de plusieurs milliards de dollars. Chez Cryos Bank, leader mondial, le sperme est livré en 24 heures, moyennant 500 à 2 000 €. Aux États-Unis, un ovule coûte entre 2 500 et 50 000 $, selon les exigences des clients. Des catalogues en ligne offrent un choix de fournisseuses en fonction de critères toujours plus précis. Des centaines de jeunes Françaises vendent leurs ovules chaque année en Espagne. Des milliers de couples pratiquent des PMA dans des cliniques privées d’Espagne, d’Ukraine ou de Belgique.

Et ce marché de la reproduction humaine croît avec l’effondrement de la fertilité. Diminution de la qualité du sperme, augmentation des malformations génitales et de l’incidence du cancer des testicules, troubles de la fonction ovarienne, de l’implantation utérine après fécondation et de la gestation. Des ravages dus à la société industrielle : stress, tabagisme, sédentarité, et surtout empoisonnement par les perturbateurs endocriniens et polluants reprotoxiques (pesticides, hormones de synthèse, PVC, phtalates, bisphénol A). Déjà près d’une femme sur 10 doit recourir à la PMA.

Les pseudo-opposants à la « marchandisation de l’humain » se gardent bien d’énoncer cette évidence : le capitalisme détruit nos facultés naturelles et gratuites pour nous les revendre sous une forme artificielle et payante. Dépossédés de notre capacité à nous reproduire, nous sommes soumis à une technocratie en blouse blanche : médecins, inséminateurs, biologistes et généticiens. La procréation humaine est une industrie soumise à la guerre économique.

D’ailleurs, qui dit fécondation in vitro, dit diagnostic pré-implantatoire (DPI). Les embryons produits par PMA sont testés et triés génétiquement avant d’être implantés. Sur le marché du bébé, l’eugénisme est dans la pipette. Avec le DPI, soyez les designers de votre progéniture : choix du sexe, bilan sanitaire, etc. Au Fertility Institute de Los Angeles, 700 des 800 bébés de riches fabriqués chaque année ont des parents fertiles, avides de choisir leur enfant sur critères génétiques.

Laurent Alexandre, PDG de DNAvision, leader européen du séquençage ADN :  Comment empêchera-t-on des parents de préférer des enfants aux yeux bleus ou plus doués que la moyenne ? L’étude du câblage neuronal du fœtus permettra de connaître les variants génétiques qui favorisent l’intelligence. Les parents pourront être tentés de supprimer les fœtus à potentiel intellectuel limité.

 

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Miroslav Radman, directeur de l’unité Inserm « Génétique moléculaire évolutive et médicale », membre de l’Académie des sciences :  Il va bien falloir se poser la question de l’homme transgénique.

L’« homme transgénique », hybridé d’implants technologiques, « augmenté » de facultés nouvelles pour dominer la compétition de tous contre tous, est le projet totalitaire porté par les transhumanistes. La reproduction artificielle de l’humain est l’outil premier de la fabrique de l’Homme nouveau, de cette race supérieure dont ils espèrent accoucher.

Avec la généralisation du diagnostic pré-implantatoire, les inégalités économiques se doublent d’inégalités biologiques. Les riches profitent des meilleurs outils de sélection ; les pauvres seront les chimpanzés du futur. Les militants de gauche réclameront sûrement un service public de l’eugénisme pour toutes et tous, comme ils défendent déjà une « GPA éthique et responsable ». Des bébés labellisés « commerce équitable ».

Peut-il y avoir une croissance infinie dans un monde fini ? Avons-nous besoin d’enfants à tout prix ? Faire des enfants est-ce un droit ? Une obligation ? Ne pourrait-on pas tout simplement adopter des enfants orphelins ? Y compris des enfants bronzés, aux yeux noirs, des enfants malades, des enfants « pas normaux » ?

Le monde de demain sera t-il encore plus qu’aujourd’hui composé d’humains de seconde zone ?

Pour les transhumanistes, l’humain n’est plus qu’une erreur que la technologie corrige.

Lien sur l’article source, signé Alexis Escudero et l’excellent site Pièces et main-d’oeuvre

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