LES VREGENS

Rêve général, ouais…

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En ce moment, les médias bien propres prétendent que Hollande aurait « fait naufrage » avec l’abandon de la réforme de la constitution.

Je crois au contraire que le petit gros qui habite l’Élysée est très malin. Contrairement à son apparence de chien aux yeux tristes, ce n’est pas un faible. Lui et ses sbires sont au service des puissants, et ces gens là, la constitution, les migrants, le terrorisme, ils s’en foutent. Ces problèmes là ne sont que des prétextes pour occuper les gogos. Pas pour rien qu’on a parlé que de ça. La constitution, ils s’arrangeront toujours (la preuve, ça a bien marché jusqu’à maintenant), les migrants, ça fait de la main d’œuvre à pas cher pour les négriers français ou européens, quant au terrorisme, c’est nous qui mourrons, eux ont des gardes du corps. Nos morts, leurs guerres.

Le (p)résidu « cède » sur un point, d’façons l’état d’urgence, il existe bel et bien (sauf pour les ploucs de la FNSEA qui eux, ont le droit de mettre le oaï) et il peut-être prolongé « tant que les circonstances l’exigent ».

Il « cède » donc, mais pour mieux « rester ferme » sur un autre sujet, foutrement plus important : faire passer la loi travail, qui fait tellement plaisir à M’sieu Gattaz.

Quitte à nous concocter un joli « remaniement » (à peu près aussi important comme truc que les désormais célèbres « primaires », ça y est, on fait de la « politique » comme les amerlocains) Et au passage, faire taire les (vrais) opposants, à coups de matraque dans la tronche, on le voit avec la multiplication des « évacuations musclées » ou autres « bavures », à peu près systématiquement contre les jeunes, de préférence basanés, ou les écolos-terroristes.

Ben ouais, notre pays est dirigé par de vieux comptables rassis, même s’ils ont la gueule de Macron.

D’ailleurs, la commission européenne vient de faire savoir hier que la loi travail,  c’était vachement bien, et qu’il ne fallait surtout pas écouter le populo, qui ne sait pas ce qui est bon pour lui. Quand on se rappelle comment on a traité le peuple grec (qui avait pourtant élu des gens censés être de gauche) il n’y a pas beaucoup de raisons de croire que nous français serons mieux traités. Nous sommes en démocratie, y paraît.

A moins d’un sursaut ?

Franchement, vous y croyez, vous ?

Parce qu’à part quelques gentilles manifs et rassemblements « d’indignés » ici et là … un peu comme au moment de la « réforme des retraites », quoi.

Mais où sont les Indignados espagnols ? Chez Podemos ? Alors, là, si ce n’était pas si triste, je rigolerais … Podemos, et voilà l’travail…

Ou sont les gentils Occupy amerlocains ? L’occasion de relire Thomas Frank, et son article du Diplo sur le piège d’une contestation sans revendication

Et chez nous, dans les manifs, même la cégète est bien sage, mais représente-t-elle encore les « travailleurs » ?

Tiens, ça m’a rappelé l’attitude des syndicats dans une manif à Cahors, pour les retraites justement, où ils avaient laissé « les jeunes manipulés par le Npa » aller seuls à la rencontre des flics, pendant qu’eux mêmes suivaient l’itinéraire balisé par la préfecture …

A part Merci patron (merci Ruffin, et je m’aperçois que je l’avais senti venir, le truc)…

A part Lordon (mais qui l’écoute, si ce ne sont les convaincus ?) …

Bref, Rêve général c’est joli, mais grève générale, ou soyons-fous, Vive la sociale, c’est mieux.

Et tiens, un article vraiment génial, que je partage, comme une bouteille à la mer, au cas où quelqu’un lirait les liens :

La république

Written by Gavroche

3 avril 2016 at 12 h 13 min

Merci Patron ! Merci Fakir !

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 Fakir-Merci-patron

 

J’ai regardé hier l’émission d’Arrêt sur images consacrée au film de François Ruffin, Merci patron !

Avec un Ruffin tel qu’en lui-même, simple, sans langue de bois, sympa, militant, plein d’énergie (à se demander comment il fait, mais en tous cas de quoi nous donner envie de ne jamais baisser les bras, c’est le but de son film, nous dit-il, et il a raison), proche des « vrais gens » (pourquoi le blog où j’écris ces lignes porte-t-il ce nom-là, d’après vous?).

Et un Lordon qui prend assez peu la parole, mais pour dire l’essentiel.

Ce film, et au-delà, ce qu’on pourra en faire, ce qu’il pourra devenir, où nous emmènera t-il, voilà l’important. That is the question, comme disait l’autre.

Car oui, quand on regarde ces images, la maison de la famille Klur, qui vit avec 400 euros par mois alors que M. Bernard Arnault ne sait plus quoi foutre de son pognon, on se dit que nous, la « petite bourgeoisie cultivée » nous avons consenti, consenti à ce que les trois quarts de la population française vive dans cette misère là. Sans même parler de celle des restes du monde, censée représenter « la guerre de civilisation » chère à M. Huntington. Eux les barbares, contre nous, les civilisés. La guerre de tous contre tous, selon le vieil adage toujours d’actualité « diviser pour régner ». Ou « classes laborieuses, classes dangereuses ».

Nous avons accepté, parce que ça nous arrangeait, confortablement installés dans nos petites vies. On ne nous confondait plus avec la populace. Nos indignations étaient propres sur elles, forcément non violentes même quand les bien nommées « forces de l’ordre » nous tapaient sur la gueule. Nos révoltes étaient « citoyennes », ce n’étaient pas des « émeutes », réservées aux voyous et aux « rats à capuche ». On voulait bien s’indigner, mais pas se salir les mains et l’âme, même quand les circonstances l’auraient exigé.

Même les quatre millions de Charlies de janvier dernier, c’était ça. Les autres, les pas Charlies, pourtant majoritaires, étaient devenus les ennemis, les « complices des terroristes ». Faut dire qu’on nous a dit et répété : (tenter de) comprendre, c’est déjà excuser.

Nous avons cru, crétins que nous sommes, que nous faisions partie de l’élite, alors que nous n’étions que son alibi.

Tout ça m’a fait penser que ça fait quelques décennies que nous considérons « les classes populaires » avec mépris. Nous regardons de haut les Bidochons, en passant par les Dupont la joie, et aujourd’hui, les musulmans restés au Moyen Age et pas féministes pour deux sous, ni laïques comme nous, tous ces pauvres qui trouvent refuge dans la religion, celle de l’islam ou celle du consumérisme, tous ces pauvres qui votent à droite, « comme chacun sait », nous dit la presse aux ordres.

Et ce qui manque à cette gauche, notre gauche (d’ailleurs, droite et gauche, cette notion a t-elle encore un sens?) atone, anesthésiée, c’est une perception partagée de la situation. Une perception partagée entre nous, la petite bourgeoisie intellectuelle pas forcément fortunée, mais en tous cas, cultivée, et tous les autres, les ouvriers, les écolos, et comme le dit Lordon, et ça me paraît essentiel, la jeunesse de banlieue. Celle qu’on a abandonnée. Des Goodyear à Notre Dame des Landes. Des Contis au Testet. Des combats des paysans aux révoltes des banlieues qualifiées d’émeutes pour leur ôter tout caractère politique.

Tiens, j’ai lu un très bon article sur Médiapart, intitulé Ahmedy Coulibaly Retour sur ses années de prison.

Un article qui raconte cette jeunesse perdue, qui parle des enfants du chaos tellement bien décrits par Alain Bertho dans son livre éponyme (un livre vraiment essentiel que tout le monde devrait lire). Cet article, signé Warda Mohamed, raconte sa rencontre (en 2008) avec Ahmedy Coulibaly, dont on connaît aujourd’hui la triste fin. Qui cause drôlement bien, pour un gars supposé inculte. Moi, cet article m’a mis les larmes aux yeux devant ce gâchis organisé.

Leurs guerres, nos morts.

Alors, Merci Patron ! est un film « transclasse », dit Ruffin, pour opérer la jonction « des intellos aux prolos » et lycée de Versailles. De Frédéric Lordon à la famille Klur. Ou comme le disent si bien les copains de Tarnac dans A nos amis, la jonction « entre les anarchistes et les mémés catholiques ». Et comme l’explique Lordon, cette jonction et nos actions futures ne passeront pas par les institutions politiques telles qu’on les connaît aujourd’hui.

Le message d’espoir est là : ensemble, oui, on peut. Les intellos tous seuls ne peuvent rien, les Goodyear et autres Contis non plus.

Et nos élites savent bien que le monde ne peut pas continuer comme ça, que la cocotte minute est en surpression, et que « ça va péter ». Que « les fourches sont prêtes », et qu’elles seront dirigées vers l’oligarchie et ses privilèges. Car ce sont bel et bien « les minorités agissantes qui font tout »… genre une nouvelle nuit du 4 août. L’état d’urgence n’est d’ailleurs pas né de rien, il est né de « leur grande trouille », il n’est pas là pour nous protéger nous, mais pour les protéger, eux. Il est là pour nous séparer.

Alors, qu’est-ce qu’on attend ?

Written by Gavroche

22 février 2016 at 16 h 56 min

Bienvenue à Calais

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Je sais bien que je ne devrais plus regarder la télé. Et en particulier les jités. Mais on ne se défait pas de nos vieilles habitudes.

Alors, hier, sur la trois, y’avait comme sujets, outre le froid aux z’états-unis (là-bas, c’est comme chez nous, du coup on est plein d’empathie pour les nioullorquais), les manifs à Calais. Et là, pas d’empathie. Juste « les braves gens excédés ».

24 migrants, montés sur un ferry à destination de l’eldorado angliche, ont « bloqué le port de Calais » pendant des heures. En fait, en écoutant ce qui se racontait, ce sont plutôt les robocops qui ont bloqué le port de Calais pendant des heures, pour aller récupérer manu militari les 24 migrants en question … Une déferlante de poulets pour aller récupérer 24 personnes. Pas un mot sur les conditions de vie de ces gens qui vivent là, sans eau, sans électricité, dans un des pays les plus riches du monde. Dans le pays où un ministre banquier « socialiste » balance à la gueule des chômeurs en fin de droits combien c’est dur d’être un patron.

Puis, le reportage montrait une « famille paniquée ». Laquelle a sorti les fusils.

Voir ici le reportage de la trois, diffusé à midi

J’ai trouvé une vidéo sur le ouèbe, qui n’est pas tout à fait la même que celle – soigneusement expurgée – diffusée dans le journal.

Hier soir, sur la trois, le gars en question, « paniqué », racontait sans rigoler au journaliste qui l’interrogeait, que « c’était juste pour leur faire peur », que l’arme n’était pas chargée… Un pauvre qui s’attaque à plus pauvre que lui.

Soyons rassurés, les migrants en question, et les « terroristes » No Borders qui les accompagnaient, seront jugés ce matin en comparution immédiate. L’allumé de la gâchette, lui, non. Les braves gens qui manifestaient contre les migrants non plus : ceux-là étaient bien propres sur eux. Des blancos. Manquait plus que Valls en tête de cortège.

Alors, Calais, c’est un laboratoire de l’extrémisme qui en dit long sur ce qui nous attend. Sur ce qui attend, surtout, les réfugiés. Pas seulement parce qu’on peut y trouver des frontistes pures souches et autres nationalistes allumés. Non. Calais, c’est la traduction concrète, avant l’heure, des ravages du racisme diffus qui ruisselle jusqu’au lit du prolétariat et qui fait monter la haine entre des galériens laborieux et leurs voisins besogneux.
Calais, c’est le prémisse d’un avenir assombri par des années de stratégies électoralistes basées sur l’insécurité, qui auront permis de banaliser le traitement inhumain des réfugiés. Calais, c’est l’introduction à la fronde réactionnaire qui ne demande qu’à gagner tout le pays. C’est l’avant-goût d’un pays d’extrême droite, comme chantait Mano Solo, un pays où « si t’es pas de la bonne couleur t’es transparent », un pays où « la justice porte le képi, peine de mort au coin de la rue ».

Lien

Voilà. Et ce matin, en pensant à l’état de mon pays, je me suis souvenue du poème de Baudelaire :

Une charogne

Rappelez-vous l’objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d’été si doux :
Au détour d’un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,

Les jambes en l’air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d’une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d’exhalaisons.

Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande Nature
Tout ce qu’ensemble elle avait joint ;

Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s’épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l’herbe
Vous crûtes vous évanouir.

Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D’où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.

Tout cela descendait, montait comme une vague,
Ou s’élançait en pétillant ;
On eût dit que le corps, enflé d’un souffle vague,
Vivait en se multipliant.

Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l’eau courante et le vent,
Ou le grain qu’un vanneur d’un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.

Les formes s’effaçaient et n’étaient plus qu’un rêve,
Une ébauche lente à venir,
Sur la toile oubliée, et que l’artiste achève
Seulement par le souvenir.

Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d’un oeil fâché,
Épiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu’elle avait lâché.

– Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Étoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion !

Oui ! telle vous serez, ô la reine des grâces,
Après les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l’herbe et les floraisons grasses,
Moisir parmi les ossements.

Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j’ai gardé la forme et l’essence divine
De mes amours décomposés !

Pour le reste, pour changer le monde, pour le rendre plus juste, on attendra. Le bon vouloir d’un chef, peut-être. Parce que pour la révolution, c’est pas la peine d’y compter : la Grèce est couchée, Podemos s’allie avec ses socialistes, et nous, tous unis derrière Valls et Macron, on est occupés à chasser le muslim et le migrant …

Mise à jour, 26 janvier :

Suite à l’information donnée par l’ami Partageux, j’ai effectivement trouvé QUI étaient les porteurs de fusils. Ils sont des « militants actifs » de l’association d’extrême droite « Sauvons Calais ».

Lien

Sauf que. Ils sont en fait bien plus que ça :

Portrait du « riverain excédé »

Et bien évidemment, notre bonne vieille télé des familles n’en a pas dit un mot …

Written by Gavroche

25 janvier 2016 at 7 h 11 min

On peut rire de tout …

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Il y a un an, au Danemark (l’info était passée quasiment inaperçue), sur proposition de plusieurs partis ultra-conservateurs, il était question, suite aux attentats de janvier en France, d’introduire « l’étude des caricatures de Mahomet » dans les cours d’histoire.

 

Et ça n’a pas raté. Ça n’arrive pas qu’aux autres, et comme disait Pierre Dac, « il peut le faire ». Ben ça y est, on l’a fait.

Révélé par Le Parisien hier :  Charlie Hebdo bientôt dans les classes

Il paraît que c’est pour aider les enseignants à causer de laïcité dans les écoles.  L’équipe du journal a donc préparé des « kits pédagogiques » pour nos chères têtes blondes.

Et tout ce petit monde viendra participer à des cours sur le sujet : des dessinateurs du journal, mais aussi Madame Badinter, la « féministe » publicitaire de service. Manque plus que Madame Fourest pour que le casting soit complet.

C'est follement drôleA propos de féminisme…

Voilà pour donner le ton.

Évidemment, ce projet est soutenu par cette bonne vieille éducation nationale…

Avec les pleins pouvoirs accordés à la maison poulaga pour emmerder un peu plus nos compatriotes un peu colorés de la tronche, et le chômage assuré pour plus tard, c’est sûr, « étudier » les dessins de Mahomet à oilpé et le cul en l’air, ça va apaiser l’ambiance.

Franchement drôle

Et puis, l’humour pipi-caca-cucul, c’est bien de leur âge, aux petiots. Plus grands, ils pourront toujours aller aux spectacles de Bigard.

Allez, pour mourir moins bête :

Charlie Hebdo pas raciste, si vous le dites …

Ces caricatures insultes politiques adressées aux musulmans
A noter, au passage, ce texte bien oublié, de Philippe Sollers (encore un « grand écrivain ») publié en 2003 dans le Monde :

D’où vient que, soudain, une jeune fille voilée attira l’attention jusqu’à focaliser sur elle tous les discours ? Elle avait dû entrer en cachant son foulard dans son sac avant de le nouer sur sa tête dans l’Hémicycle. Elle était militante, allumée, ardente, jolie, électronicienne (je crois), membre d’Amnesty International (c’est ce qu’elle disait).
On n’écoutait pas vraiment ses propos confus, mais on ne voyait plus qu’elle. En trente secondes, elle était devenue l’élément érotique de l’Assemblée.
Allait-elle jeter une bombe ? S’immoler par le feu ? Se mettre à prier en public ? Non, elle avait l’air normale.
Mais comment pouvait-elle incarner volontairement une image aussi terrible de la sujétion de la femme ? N’était-elle pas la victime de son père et de ses frères ?
Ne défendait-elle pas, sans s’en rendre compte, la condition atroce de milliers de corps emprisonnés dans l’esclavage, le fanatisme, l’obscurantisme, le terrorisme, l’absence de sport, le refus de la science et du progrès, l’horreur de l’enfermement patriarcal et le respect absurde d’un Dieu meurtrier ? On la huait, mais elle était, à l’évidence, l’objet d’un trouble massif. On avait honte pour elle, mais avec curiosité.
Cachez ce voile que je ne saurais voir, lui disait l’un. « Et s’il me plaît, à moi, d’être voilée ? », semblait-elle répondre comme un personnage inconscient de Molière. Elle était odieuse, bien entendu, mais sympathique, comme tous les opprimés. Bon, ce n’était qu’un début, continuons le débat.

Philippe Sollers dans Le Monde, le 28 juin 2003

Comme quoi, le dénommé Luc Le Vaillant (croisé) n’a rien inventé.

Written by Gavroche

8 janvier 2016 at 9 h 48 min

La France, c’est mon pays, pas le leur

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L’état d’urgence, dans un pays « démocratique », ça fait un peu tache, faut bien le dire. Pour les pignoufs qui nous gouvernent, l’état d’urgence serait un bouclier censé « protéger la démocratie ». Mais le problème, et ce sont les historiens qui le disent, c’est que ce machin a toujours accompagné les dictatures. Ainsi, dans les années qui ont précédé la prise du pouvoir par Hitler, les gouvernements sociaux-démocrates (ben oui, encore eux) de le République de Weimar l’avaient déjà si souvent utilisé que l’Allemagne n’était déjà plus une démocratie. Hitler a juste continué dans le même sens, et du coup, les atrocités commises par les nazis étaient donc parfaitement légales… Un pareil scénario pourrait parfaitement avoir lieu en France  : on imagine sans peine un gouvernement d’extrême droite utiliser l’état d’urgence que les « socialistes » auraient mis en place. On serait déjà habitués. Sauf que 2017, et la Pen au pouvoir, c’est demain …

Alors, après nous avoir bien agité le chiffon rouge sous le nez, devant la levée de boucliers des restes de la gauche, nos chefs ont donc préparé la parade… pour que la pilule passe.

Ainsi, l’égérie, l’icône de la gauche en 2012, la femme que tout le monde encensait, « issue des populations colonisées » comme on dit (pour ne pas dire noire ou antillaise) j’ai nommé Christiane Taubira, a décidé de présenter un projet de loi qui va permettre de faire exactement la même chose que l’état d’urgence, mais sans le dire.

On pensait que cette brave dame avait tout bonnement disparu, mais non, elle bossait tranquillement dans son coin pour la caste qu’elle défend. Comme les autres. Ni plus ni moins que Valls, Hollande et Cazeneuve. Tante Tom au service des puissants.

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Written by Gavroche

6 janvier 2016 at 15 h 16 min

J’ai fait un rêve

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Bonne année

Palais de l’Élysée, 1er janvier 2016, 6 heures

François se réveille, la tête un peu dans les nuages. Faut dire qu’hier soir, il a fêté la nouvelle année avec force coquetèles. Il a l’œil chassieux, le teint brouillé, le cheveu (enfin ce qui lui reste) quelque peu en bataille, l’haleine d’un fennec, l’estomac qui fait du yoyo, et le crâne dans un casque en béton.

Et surtout, il est inquiet.

Parce qu’il a fait un rêve. Dans lequel cela ne s’était pas du tout passé comme ça.

Tiens, par exemple, dans ce rêve :

– il avait tenu ses promesses
– il avait nationalisé les banques, l’énergie, la Poste, les hôpitaux, la santé était devenue entièrement gratuite, même les dents et les lunettes !
– il avait décidé que désormais, la « dette », on en avait plus rien à cirer
– il avait envoyé promener l’Europe, et même sa copine Angela
– du coup, le temps qu’il passait à Bruxelles à blablater pour ne rien dire, à la place, il était allé voir les gens, et il avait beaucoup appris
– il n’avait pas fait la guerre, ni en Afrique, ni nulle part
– d’ailleurs, il avait diminué le budget de l’armée, pour le donner à l’éducation, à la santé et à la culture
– il n’avait pas nommé Manuel comme premier ministre (il était retourné en Espagne) mais tout simplement Mauricette, qu’il avait rencontré lors d’une bouffe vachement sympa dans son appartement HLM à la Courneuve
– il était fâché avec Gattaz, parce qu’il n’était pas question d’allègement de « charges », qu’on appelait maintenant « cotisations de solidarité nationale »
– il était fâché avec les actionnaires, qui de toute façon étaient de moins en moins nombreux, et remplacés par les employés, tous en coopératives
– il avait abandonné le truc débile d’aéroport à Notre Dame des Landes, et décidé qu’on allait construire à la place des centrales marémotrices
– Sivens n’avait jamais existé, et Rémi continuait d’étudier la renoncule à feuille d’ophioglosse
– il y avait des épiceries tapies dans l’ombre partout
– d’ailleurs, la France était désormais pionnière en matière d’énergies renouvelables, le nucléaire était en train de disparaître
– le SMIC était désormais à 2000 euros net, et la semaine de travail de 30 heures, du coup, les gens dépensaient plus et le chômage n’existait plus
– désormais, comme on foutait la paix aux musulmans et autres arabes en les laissant prier, manger ou s’habiller comme ils voulaient, il n’y avait plus de terroristes. La Bataclan donnait toujours des concerts. Cabu et Wolinski continuaient de dessiner. D’ailleurs, plus personne ne voulait partir en Syrie, parce que tout le monde vivait mieux qu’avant, et que les jeunes avaient désormais un avenir ouvert. Même que les prisons étaient dépeuplées, et que les matons s’emmerdaient toute la journée à ne rien faire…
– et le gouvernement était de gauche.

François se réveilla en sursaut, l’œil chassieux, le teint brouillé, le cheveu (enfin ce qui lui restait) quelque peu en bataille, l’haleine d’un fennec, l’estomac qui faisait du yoyo, et le crâne dans un casque en béton.

Ouf… ce n’était qu’un rêve…

Bonne année !

Bonne année

 

Written by Gavroche

1 janvier 2016 at 9 h 54 min

Publié dans Voeux

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Winter is coming

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hiver

 

Cette année 2015 a été révélatrice de la crise profonde du capitalisme. Partout dans le monde, les régimes politiques tentent de le maintenir en place, par tous les moyens, et à n’importe quel prix.

Au prix de la mise en place d’un état policier, de la relégation des opposants, et pour remplacer le juif des années 30, de la création du nouveau bouc-émissaire du XXIème siècle : le musulman.

En Grèce, malgré un soutien populaire à plus de 60 %, Syriza a montré son vrai visage : celui du maintien de la misère et de la chasse aux migrants à coups de police anti émeutes. Comme ailleurs, il n’y a plus d’argent pour les gens, mais il y en a toujours pour acheter des armes à l’Allemagne.

En Espagne, les élections ont placé Podemos en troisième position, et déjà se profile une alliance avec les « socialistes » espagnols, les mêmes que les nôtres.

En Norvège, c’est un fasciste qui est nommé « ministre de l’immigration », en opposition à « la dictature de la bonté »…

Au Danemark, on prendra désormais l’argent et les bijoux des migrants venus frapper à la porte de la forteresse Europe. Il n’y a pas de petits profits.

En France, les récentes élections régionales ont montré encore un peu plus l’effondrement de la démocratie. Organisées sous le régime de l’état d’urgence décrété par le parti prétendu socialiste, avec des forces de police lourdement armées patrouillant partout, y compris devant les bureaux de vote, elles ont vu la montée du soutien apporté à la famille Pen. Faut dire qu’en face, il n’y avait pas grand monde : le « choix » proposé aux électeurs, c’était la droite ou la droite, baptisée « front républicain », qui se sont échangé les (bonnes) places sans aucune pudeur. Ça, et les restes peu reluisants des partis de gauche, devenus groupuscules, et sans véritable projet politique : européistes, convertis au « social-libéralisme », comme si ces deux mots étaient compatibles, critiques du gouvernement, mais ralliés au second tour, histoire de garder quelques places. Ces mêmes partis de « gauche » qui ont eux aussi voté sans sourciller la mise en place d’un état policier.

Pas grave, les « socialistes » ont décidé que le tripartisme à la française sera bientôt gravé dans le marbre :  dans notre démocratie de pacotille, plus de place pour les « petits partis » censés être peu représentatifs. Seuls seront sur le devant de la scène politico-médiatique les partis compatibles avec le capitalisme, FN compris.

Les « socialistes » bien décidés à inscrire l’état d’urgence permanent dans la constitution, continuent de respecter à la lettre la politique d’austérité désormais gravée dans le marbre, grâce aux traités européens. Les caisses sont vides pour l’école, l’université, la santé, les collectivités locales, mais la clique est prête à sacrifier le célèbre « pacte de stabilité » pour financer la police et l’armée : François le petit a en effet décidé de faire ses guerres.

Du flouze, des pépètes, du fric pour les « allègements de charges » pour les patrons, censés créer des emplois d’esclaves sous-payés pour compenser (on a vu le brillant résultat avec un chômage qui n’a jamais été aussi élevé). Du fric aussi pour les bistrotiers, avec la baisse de la TVA (quelques milliards en moins dans les caisses de l’état)  alors que des solutions simples existent, mais ne vont pas dans le sens de la doxa libérale. En revanche, pas d’argent pour les sans-dents, même pas un petit « coup de pouce » au SMIC. J’ai lu un billet très intéressant ce matin, si on donne pas de pognon pour les pauvres, c’est seulement parce que ces cons-là, ben ils ne savent pas « gérer leur budget ».

Et la dernière en date : les banques en faillite pourront désormais  se servir sur les comptes des déposants.

Oh, plein de gens vont dire que ça ne concernera que les comptes disposant de plus de 100 000 euros. Ça me fait penser que cet été, j’ai fait partie des riches quand j’ai vendu ma maison pour cause de dèche permanente, en attendant d’en acheter une autre, plus petite et moins chère, les 100 000 euros, je les avais. Je les ai plus.

Dans la suite, une modification de la constitution va accorder des pouvoirs illimités à la police : perquises à tout va, mises en détention ou assignations à résidence. Sans la moindre intervention d’un juge (mais qui s’intéresse à ce vieux truc moisi qui s’appelle la séparation des pouvoirs?) la maison poulaga pourra décider en toute impunité que le « comportement » de Mohamed le musulman ou de Rémi Fraisse l’écolo, leurs amis, leurs déclarations ou leurs projets sont dangereux pour « l’ordre public ». Mohamed s’est rasé la barbe (ou il l’a laissé pousser) et Rémi s’est un peu trop promené à Sivens pour ramasser des renoncules.

La liberté d’expression est bel et bien morte. Le vote est une mascarade. Bientôt, la plupart d’entre nous seront « fichés S ». Et certains, internés dans des Guantanamo à la française. Nostalgie des camps d’internement de jadis. Bientôt les opposants seront qualifiés de terroristes (ayatollahs écolos, le terme est déjà pris). Bientôt, les sites internet seront inaccessibles voire interdits, les emails seront écoutés, analysés, décortiqués. Comme en Chine, mais c’est notre partenaire commercial. Comme en Arabie Saoudite, mais c’est aussi notre partenaire commercial, ou les grévistes et autres dissidents vont au trou, pour le plus grand bonheur des puissants. Foin des droits de l’homme quand l’argent est en jeu.

Liberté, Égalité et Fraternité ? Macache. Faut bien que le capitalisme survive, alors place à la dictature, à l’austérité et à la guerre. Winter is coming.

Written by Gavroche

22 décembre 2015 at 11 h 45 min

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