LES VREGENS

Et maintenant ?

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En 68, le slogan, c’était ça :

En 2017, c’est plutôt ça :

Parce que voilà, le bon peuple est allé jouer le rôle pour lequel il était programmé : élire celui qu’on lui avait désigné comme le sauveur, face à la menace « fasciste ». Le désormais célèbre et toujours d’actualité « votutile ». La fonction « barrage » a été activée, et elle a parfaitement fonctionné.

Comme le dit si bien un de mes amis, plutôt que le fascisme camembert-saucisson-pinard, on a « choisi », le fascisme caviar-champagne, et je rajouterais CAC40.

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8 mai 2017 at 18 h 01 min

Les vraies statistiques du premier tour

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Adresse aux partisans du barrage…

Les suffrages exprimés

En 2012

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7 mai 2017 at 9 h 51 min

Ouf !

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Dans une prochaine vie, je me recyclerais bien politologue, ou Madame Irma (ce qui, je vous l’accorde, revient à peu près au même) vu la teneur (et la conclusion) d’un de mes derniers billets.

Comme dans La quatrième dimension, ou comme dans Les Guignols, « vous pouvez éteindre la télévision et reprendre une activité normale. »

Parce que, ça y est, enfin, selon les médias en folie en tous cas, on a enfin un présidu. Enfin un chef. Un truc, quoi. Un pantin pour habiter l’Elysée.

Parce que, même en râlant, tout le monde va bien sagement y aller, pour « faire barrage ». Quitte à recommencer dans cinq ans, mais bon …

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Written by Gavroche

27 avril 2017 at 11 h 09 min

Publié dans Actualité en France

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Le grand barnum de la campagne électorale

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La politique n’est « que le règne de la feinte et de la manigance » Dans un entretien exclusif, Julien Coupat et Mathieu Burnel, deux membres du groupe de Tarnac portent un regard ironique sur la campagne présidentielle, un « cirque qui a assez duré ».

Le Monde, 20 avril 2017

Quel jugement portez-vous sur la campagne présidentielle ?

Quelle campagne ? Il n’y a pas eu de campagne. Il n’y a eu qu’un feuilleton, assez haletant à vrai dire, rempli de rebondissements, de scandales, de tension dramatique, de suspense. Beaucoup de bruit, un peu de fureur, mais rien qui soit à même de percer le mur de la perplexité générale. Non qu’il manque, autour de chaque candidat, de partisans diversement fanatisés tournant en rond dans leur bulle virtuelle. Mais ce fanatisme même ne fait qu’ajouter au sentiment d’irréalité politique.

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Un graffiti, laissé aux abords de la place de la Nation par la manifestation du 1er Mai 2016, disait : « Il n’y aura pas de présidentielle. » Il suffit de se projeter au lendemain du second tour pour s’aviser de ce que ce tag contenait de prophétique : quel qu’il soit, le nouveau président sera tout aussi fantoche que l’actuel, sa légitimité à gouverner sera tout aussi introuvable, il sera tout aussi minoritaire et impotent.

Cela ne tient pas seulement à l’extrême usure de la politique, au fait qu’il est devenu impossible de croire honnêtement à ce qui s’y fait et à ce qui s’y dit, mais au fait que les moyens de la politique sont dérisoires au regard de la profondeur de la catastrophe en cours.

Que peut la politique et son univers proclamatoire quand s’effondrent concomitamment les écosystèmes et les subjectivités, la société salariale et l’ordre géopolitique mondial, le sens de la vie et celui des mots ? Rien. Elle ne fait qu’ajouter au désastre. Il n’y a pas de « solution » au désastre que nous traversons. Penser en termes de problèmes et de solutions fait précisément partie de ce désastre : ce n’est qu’une manière de nous préserver de toute remise en question sérieuse. Or ce que l’état du monde met en cause, ce n’est pas seulement un système politique ou une organisation sociale, mais une civilisation, c’est-à-dire nous-mêmes, nos façons de vivre, d’être, de se lier et de penser.

Les bateleurs qui montent sur des estrades pour vanter les « solutions » qu’ils se font fort de mettre en œuvre une fois élus, ne parlent qu’à notre besoin d’illusion. A notre besoin de croire qu’il existerait une sorte de changement décisif qui nous épargnerait, qui nous épargnerait notamment d’avoir à combattre. Toutes les *« révolutions » *qu’ils promettent ne sont là que pour nous permettre de ne rien changer à ce que nous sommes, de ne prendre aucun risque, ni physique ni existentiel. Ils ne sont candidats qu’à l’approfondissement de la catastrophe. De ce point de vue, il semble que chez certains le besoin d’illusion soit impossible à rassasier.

Vous dites cela, mais jamais dans une élection il n’y a eu autant de candidats jurant de « renverser la table » ? Et comment pouvez-vous tenir pour rien l’enthousiasme soulevé ces dernières semaines par la candidature de Jean-Luc Mélenchon ?

Jean-Luc Mélenchon n’est rien, ayant tout été, y compris lambertiste. Il n’est que la surface de projection d’une certaine impuissance de gauche face au cours du monde. Le phénomène Mélenchon relève d’un accès de crédulité désespéré. Nous avons les expériences de Syriza en Grèce ou d’Ada Colau à la mairie de Barcelone pour savoir que la « gauche radicale », une fois installée au pouvoir, ne peut rien. Il n’y a pas de révolution qui puisse être impulsée depuis le sommet de l’Etat. Moins encore dans cette époque, où les Etats sont submergés, que dans aucune autre avant nous.

Tous les espoirs placés en Mélenchon ont vocation à être déçus. Les gouvernements de « gauche radicale », qui prétendent s’appuyer sur des « mouvements populaires », finissent plutôt par en venir à bout, non à coups de répression, mais de dépression. La virulence même des mélenchonistes atteste suffisamment de leur besoin de se convaincre de ce qu’ils savent être un mensonge. On ne cherche tant à convertir que de ce à quoi l’on n’est pas sûr de croire. Et en effet, nul n’a jamais renversé un système en en respectant les procédures.

Au reste, les élections n’ont jamais eu pour fonction de permettre à chacun de s’exprimer politiquement, mais de renouveler l’adhésion de la population à l’appareil de gouvernement, de la faire consentir à sa propre dépossession. Elles ne sont plus désormais qu’un gigantesque mécanisme de procrastination. Elles nous évitent d’avoir à penser les moyens et les formes d’une révolution depuis ce que nous sommes, depuis là où nous sommes, depuis là où nous avons prise sur le monde.

S’ajoute à cela, comme à chaque présidentielle dans ce pays, une sorte de résurgence maladive du mythe national, d’autisme collectif qui se figure une France qui n’a jamais existé. Le plan national est devenu celui de l’impuissance et de la névrose. Notre puissance d’agir se situe en deçà et au-delà de cet échelon débordé de toute part.

Mais alors, que proposez-vous ? De laisser Marine Le Pen accéder au pouvoir ?

Il est patent que Marine Le Pen a une fonction précise au sein du système politique français : forcer par la menace qu’elle représente la participation à des procédures auxquelles plus personne ne croit, faire voter les uns et les autres « en se bouchant le nez », droitiser jusqu’à l’absurde les termes du débat public et figurer au sein du système politique une fausse sortie de celui-ci – alors même qu’elle en forme la clef de voûte.

Evidemment que la question n’est pas de sortir de l’euro, mais de sortir de l’économie, qui fait de nous des rats. Evidemment que le problème n’est pas l’envahissement par les « étrangers », mais de vivre dans une société où nous sommes étrangers les uns aux autres et à nous-mêmes. Evidemment que la question n’est pas de restaurer le plein-emploi, mais d’en finir avec la nécessité de faire tout, et surtout n’importe quoi, pour « gagner sa vie ». Evidemment qu’il ne s’agit pas de « faire de la politique autrement », mais de faire autre chose que de la politique – tant il est devenu évident que la politique n’est, à tous les niveaux, que le règne de la feinte et de la manigance.

Aucune révolution ne peut être plus folle que le temps que nous vivons – le temps de Trump et de Bachar, celui d’Uber et de l’Etat Islamique, de la chasse aux Pokémon et de l’extinction des abeilles. Se rendre ingouvernable n’est plus une lubie d’anarchiste, c’est devenu une nécessité vitale, dans la mesure où ceux qui nous gouvernent tiennent, de toute évidence, la barre d’un navire qui va au gouffre. Les observateurs les plus mesurés admettent que la politique se décompose, qualifient cette campagne d’« insaisissable » pour ne pas dire inexistante. Nous n’avons aucune raison de subir un rituel devenu si évidemment nocif. Nous sommes lassés de comprendre pourquoi tout va mal.

Vous pensez donc qu’il n’y a rien à attendre de ces élections ?

Si, bien sûr : leur débordement. Il y a un an, il a suffi de quelques youtubeurs et d’une poignée de lycéens pour lancer un intense conflit de plusieurs mois au motif de la loi travail. Ce qui s’est alors traduit par des affrontements de rue réguliers n’était que l’extrême discrédit de l’appareil politique, et par contrecoup le refus de se laisser gouverner.

Croyez-vous qu’au lendemain d’élections qui prennent cette fois dès le premier tour la forme du chantage à la démocratie, le dégoût de la politique sera moindre qu’alors ? Croyez-vous que chacun va sagement continuer de constater devant son écran la démence du spectacle de la politique ? Qu’il ne viendra à personne l’idée d’investir la rue de nos corps plutôt que les candidats de nos espoirs ? Croyez-vous que ces élections aient quelque chance d’apaiser l’inquiétude des âmes ? Il faut être naïf pour penser que la génération qui s’est formée politiquement dans le conflit du printemps dernier, et n’a pas cessé depuis lors de se former encore, va avaler cette supercherie parce qu’on leur propose désormais du bio à la cantine et une assemblée constituante.

Depuis plusieurs mois, il ne s’est pas passé deux semaines sans que des affrontements n’éclatent aux quatre coins du pays, pour Théo, contre la police ou tel ou tel meeting du FN. Evidemment, cela reste minoritaire et les élections, en tant que non-événement, vont bien avoir lieu. La question est donc la suivante : comment faire pour que le vide intersidéral qui éclatera au lendemain des élections, quel que soit le vainqueur, ne soit pas le seul fait des « jeunes », immédiatement réduits par un déploiement policier démesuré ?

Pour cela, il nous faut d’urgence réarmer nos perceptions et notre imagination politiques. Parvenir à déchiffrer cette époque et à déceler les possibles qu’elle contient, les chemins praticables. Et tenir qu’il n’y a pas eu de présidentielle, que tout ce cirque a assez duré, que ce monde doit être mis à l’arrêt au plus vite partout où nous sommes, sans attendre l’abîme. Cesser d’attendre, donc. Reprendre confiance en nous-mêmes. On pourra alors dire, comme Benjamin Fondane (1898-1944) : « Le monde est fini. Le voyage commence. »

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Vient de paraître aux éditions La Fabrique :

Maintenant, Comité Invisible

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21 avril 2017 at 10 h 38 min

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Aujourd’hui la Grèce … et demain, à qui le tour ?

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Merci à l’amie Sylvie pour m’avoir envoyé ce lien. Édifiant.

De bon matin, ça réveille…

Et ça donne des idées.

Ne pas voter est un acte politique

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Participer au carnaval électoral ?

Plus jamais.

Pourquoi ?

Parce que jusqu’en 2012, j’y ai cru, même si j’avais des doutes.

Jusqu’à ce que « mon candidat » appelle à voter pour Hollande « comme si c’était pour lui », alors qu’ancien socialiste lui-même, il était quand même bien placé pour savoir quelle ganache c’était. Il s’est même proposé ensuite pour être le premier ministre de ce gouvernement socialiste-comme-je-suis-bonne-sœur.

Jusqu’à ce que « mon candidat » tienne des propos que je ne partageais pas, sur les jeunes de banlieue qualifiés de bouffons, sur les musulmans et les musulmanes qui « faisaient de la provoc » sur les plages, sur la police « républicaine » (qui vote FN à au moins 50 %, mais passons), sur les migrants qu’on devrait aider à rester chez eux, etc.

Jusqu’à ce que les « insoumis » soient tellement soumis qu’ils ne mettent plus en doute la sainte parole (avant, on appelait ça « la ligne » du parti) et dégueulent sur ceux qui se permettent de le faire, même un peu. Ce qui laisse augurer des lendemains qui chantent pour leurs contradicteurs si jamais ils arrivaient au pouvoir. C’est simple, ils me font parfois penser aux fillonistes purs et durs (et aveugles).

Alors, c’est vrai, je lui en veux, à « mon candidat ». Et je m’en veux d’y avoir cru. Et tant pis pour ceux qui y croient encore.

Parce que pour moi, tout ça est finalement assez simple.

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12 avril 2017 at 16 h 55 min

L’ermite de Cercoux

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J’ai regardé l’autre soir un reportage de France 3 Aquitaine.

Visible ici.

L’histoire se passe à quelques kilomètres de chez moi, sur la commune de Cercoux :

Dans leur jeune temps, M. et Mme Belmon (80 balais aujourd’hui) avaient acheté un petit bois, juste pour y passer les vacances. Et puis, « réformes » après « réformes » (de droite, puis « socialistes »), et la vieillesse et la maigre retraite finissant par arriver, ils se sont retrouvés tous les deux quelque peu dans la mouise, ce qu’on appelle pudiquement en langage administratif « sous le seuil de pauvreté ».

Alors, au lieu d’aller vivre dans un studio HLM, avec leur minimum vieillesse (1), ils ont décidé de se construire une cabane dans les bois. Dans leur bois. Une citerne pour l’eau, un panneau solaire, un potager pour les légumes, bref, une petite maison écolo à pas cher. Sans rien demander à personne. Ni argent public, ni subventions, ni rien. Un peu anars, les Belmon. Un peu tapis dans l’ombre…

Sauf que Jeanne Blanc, Madame la maire du village de Cercoux depuis 2014, ne l’a pas entendu de cette oreille. Cette construction « sauvage » était illégale, parce que bâtie en zone naturelle. Et point barre.

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Written by Gavroche

9 avril 2017 at 12 h 39 min