LES VREGENS

Billet méchant, mal poli et politiquement incorrect …

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… mais qui soulage.  Et puis, dans cette époque morose, faut bien se marrer un peu quand on en a l’occasion.

Il n’était pas arrivé depuis une heure que je savais déjà que j’avais fait une erreur monumentale. Une énorme connerie.

Un fâcheux, un importun, un pique-assiette, une sangsue, un parasite, doublé d’un feignant, d’un radin pathologique, d’un ado attardé, mythomane, goinfre, hypocondriaque, et auto-centré. Un boulet.

Déjà, il est arrivé (en principe) pour « nous rendre une petite visite » et on découvre que surprise ! … il reste toute la semaine, ce sont ses vacances « aux frais de la princesse » (la princesse, c’est nous). C’est qu’il a des rendez-vous blablacar, pas question pour lui de raquer pour l’essence et les péages. Pour le retour dans ses pénates, il attend donc gentiment son rencard … chez nous.

Et oui, c’est un radin, un pingre, un grippe-sou (et pas seulement pour le pognon)  : même pas une bouteille à nous offrir, histoire qu’on se bourre la gueule pour oublier qu’il est là.

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Written by Gavroche

23 août 2016 at 11 h 59 min

Le blanchiment des troupes coloniales

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J’ai regardé dernièrement un documentaire intitulé Le blanchiment des troupes coloniales.

Je ne connaissais pas du tout cette histoire.

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Elle commence à l’été 1940, au moment où De Gaulle cherchait à rallier des troupes pour constituer une armée, afin de devenir un partenaire crédible auprès des britanniques.

C’est Leclerc (lequel a rejoint De Gaulle à Londres dès la fin juillet 1940) qui va s’y coller, en ramener dans son giron les troupes coloniales de l’ Afrique Equatoriale Française dont la capitale, Brazzaville, va vite devenir celle de la France Libre.

Dans les débuts, et pratiquement jusqu’en 1944, les 2/3 des Forces Françaises Libres seront composées de troupes coloniales, et notamment africaines, ceux qu’on appelait les « les tirailleurs sénégalais ».

A ce moment là, même si les pères de certains d’entre eux avaient déjà participé à la boucherie de 14 et qu’ils suivirent leur exemple, la plupart furent recrutés un peu contraints et forcés. La promesse d’être nourris, habillés, et celle d’une solde qui permettrait de faire vivre leur famille, en ont décidé le plus grand nombre. Dans leur grande majorité, c’étaient des paysans, qui n’avaient même jamais vu un camion, un pistolet mitrailleur, et encore moins un char. C’est aussi à cette époque qu’ils participèrent aux « grands travaux » pour préparer la guerre, et notamment construire des routes, et récolter le caoutchouc pour équiper les armées alliées. Ce n’était pas de l’esclavage, dit l’historien canadien Eric Jennings (il n’y avait pas de « traite ») mais du travail forcé, certainement.

Construction de routes, été 1940

Il faut dire qu’au début de la guerre, les FFL étaient sous-équipées, leur seule richesse étant ces hommes venus des colonies.

La première victoire de la France libre, ce sont eux qui la remportèrent, à Koufra en Lybie. Dans les conditions qu’on imagine.

1er mars 1941 Koufra

L’année suivante, en 1942, la colonne Leclerc effectua une série de raids en direction du Fezzan (en Libye). En 1943, le Fezzan est conquis et la colonne Leclerc fait sa jonction avec la 8e armée britannique qu’elle accompagne dans la campagne de Tunisie en s’illustrant notamment à Ksar-Rhilane.

Beaucoup plus tard, en 1943, les américains entrent dans le jeu. C’est le moment ou va être officiellement créée la fameuse « Deuxième DB ».

Et là, le ton change. C’est la première étape du « blanchiment ». Car pour les américains, pas question de conserver des noirs dans une division blindée. Ils sont « inaptes à utiliser le matériel de la guerre moderne ». Ils seront certes déguisés en GI, mais resteront de simples troufions. Seuls les blancs seront admis aux plus hautes fonctions.

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Written by Gavroche

14 août 2016 at 10 h 23 min

Des bruits de guerre

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Je me faisais la réflexion il y a quelques jours.

L’ambiance devient délétère dans l’ancien pays des droits de l’homme. Celui de 1789, celui de la Commune.

Aujourd’hui, il plane comme des miasmes des années 30.

Je ne regarde plus du tout la télé, je lis assez peu les journaux (sauf le Diplo et Fakir, on ne se refait pas) mais les quelques fois ou je tombe sur des liens du Figaro (encore là, ça paraîtrait presque « normal », c’est le journal de Dassault, et il est à droite depuis toujours) mais de l’Obs ou de Libé (journaux « de gauche », qui certes, appartiennent désormais à des milliardaires), et quand, outre l’article lui-même, je lis aussi les commentaires, je me dis qu’on est mûrs.

Et c’est vrai aussi sur Médiapart, pourtant estampillé de gauche et indépendant.

Médiapart où les blogs commerciaux se multiplient sans que personne ne moufte. Drôle de conception du participatif. Consommez, consommez (enfin, ceux qui peuvent) surtout ne pensez pas, c’est les vacances…

Y’a plus qu’à tomber. Dans la dictature. Dans la haine. Et même dans la guerre. Et pas seulement la guerre « au terrorisme ».

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Written by Gavroche

8 août 2016 at 11 h 07 min

Pour Houria Bouteldja, lettre ouverte à Serge Halimi

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A propos de votre critique (parue dans le dernier numéro du Diplo, et réservée aux abonnés) du livre de Houria Bouteldja Les blancs, les juifs et nous. Vers une politique de l’amour révolutionnaire.

Tout d’abord, parler du « petit monde intellectuel et médiatique » au sujet de Houria Bouteldja et de son livre, paru aux éditions La Fabrique (au passage, merci à Eric Hazan pour son ouverture d’esprit) m’a juste fait sourire.

Parce qu’à mon sens, Houria Bouteldja est loin de faire partie de ce monde-là (Eric Hazan non plus) elle y est même plutôt persona non grata. C’est vade retro satanas pour la plupart des gens, même et surtout pour ceux qui ne se sont pas donné la peine de la lire.

En parlant du petit monde intellectuel et médiatique, peut-être évoquiez-vous, outre Pascal Bruckner, tous les autres éditocrates qui, comme la plupart des intellectuels (« de gauche » ou non) auraient pu avoir une (saine?) réaction à ce livre que comme eux, vous n’envisagez que comme une « provocation » (vous employez d’ailleurs ce mot à plusieurs reprises) ce qui est pour le moins réducteur.

Vous titrez votre article « Ahmadinejad, mon héros », c’est au pire une insinuation malhonnête (rejoignant en cela la plupart des critiques de ce livre, mais passons), au mieux une pure contre-vérité au sujet du contenu du livre.

Vous m’avez habituée à autre chose, et je trouve ça dommage. Je tenais donc à vous faire part de quelques remarques.

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Rocard est mort, on s’en fout

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2828303409Un éléphant rose, peut-être, mais un éléphant quand même

Alors voilà, Rocard est mort.

Même si personnellement, je m’en fiche comme d’une guigne, je n’ai pu échapper à la dithyrambe ambiante, partout, au centre, à droite, à gauche (au PS, enfin à droite, quoi), même Mélenchon s’y est mis, au gouvernement, Sarkoléon, Hollande, Valls… Pire encore que l’euro de foutebole, c’est dire. A travers la presse déchaînée, comme dit Le Canard.

Sacré Rocard, en tous cas, même mort, il me fait rire.

Parce que j’ai trouvé dans le numéro du Diplo de juillet, cet article datant de 1973, à l’époque, ce brave Rocard était seulement « secrétaire général du PSU ».

Résister aux sociétés multinationales

Il écrit :

Résultante des intérêts communs de la classe au pouvoir, l’Etat n’exprime plus, lorsque les firmes multinationales dominent, que ce qui leur est commun : la loi du profit. Il n’est plus question pour lui de définir une politique, pas plus régionale qu’économique ou financière (d’ailleurs l’idée même de monnaie nationale, de balance commerciale n’a plus de sens lorsque les échanges entre pays correspondent simplement à des transferts entre unités d’une même firme). Son seul rôle est de maintenir les conditions politiques de fonctionnement du capitalisme en diffusant l’idéologie du profit (par l’information et l’enseignement) et en réprimant ceux qui la remettent en cause (par la police et l’armée).

Un vrai gauchiste, hein.

Et plus loin :

la première tâche d’un gouvernement qui voudrait rompre avec l’évolution que connaît le capitalisme à l’heure actuelle devrait viser d’abord à constituer en Europe une vaste zone où les choix politiques faits par l’ensemble des populations concernées s’opposeraient aux décisions prises par les firmes multinationales en fonction de la seule loi du profit.

C’est sûr qu’après, il a un peu changé son fusil d’épaule, ou changé de veste, passant du t-shirt gauchiste au costard trois pièces. Vous me direz, il n’est pas le seul, y’a qu’à lire le billet d’Antoine Perraud sur Médiapart, consacré aux (très anciens) discours de Mitterrand …

Il faut dire que tous ces admirateurs du « grand homme de gauche » ont un peu la mémoire courte…

La CSG, c’est lui, le massacre des kanaks baptisé « l’affaire de la grotte d’Ouvéa », pour lequel il fut largement complice, la petite phrase « on ne peut accueillir tout la misère du monde » (si, si, même s’il a prétendu le contraire ensuite), etc. Forcément, il faisait partie de tous ceux qui, habitués aux ors de la République, ont continué d’en bénéficier longtemps après leur départ… En vertu du vieux proverbe socialiste « moi d’abord, et pour les sans-dents on verra après, s’il en reste… »

Le cout de nos ministres

La preuve

A rapprocher de ce que vous allez (peut-être) avoir le jour (lointain) où vous serez à la retraite, bande de loosers

Et pis, j’ai trouvé un autre article, vraiment passionnant (et fort instructif) tiré du livre de Daniel Bensaïd, : L’Anti-Rocard, ou les haillons de l’utopie :

Quand Rocard préparait le tournant de la rigueur

Sans commentaire, parce que tout y est. Z’avez qu’à lire.

Bref, Rocard est mort ?

Oui, dans son lit. A 85 balais.

Pendant ce temps, les petits paysans ruinés se suicident, les accidents du travail ne font pas une ligne dans les journaux, la misère est de plus en plus grande, et les migrants continuent à se noyer devant la porte de l’Europe forteresse.

Alors, Rocard est mort, oui, et franchement, on s’en fout.

 

Written by Gavroche

4 juillet 2016 at 18 h 36 min

Publié dans Actualité en France

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Hollande a raison

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 Manifestation du 23 juin 2016 à Paris

La manifestation du 23 juin 2016 à Paris

Je ne cèderai pas, a t-il déclaré cet après-midi à 13 heures.

Pourquoi le ferait-il ?

Les directions syndicales ont gentiment accepté de manifester comme le gouvernement le leur a permis, tout en déclarant sans rire qu’ils avaient « sauvé la démocratie ». C’est simple, Mailly et Martinez, c’est Zorro et Superman réunis.

Du coup, Martinez qui devait manifester à Bordeaux (là où c’était autorisé) l’a finalement fait à Paris, après avoir chanté cocorico, donc.

Les sans-dents ont donc « manifesté » sur un parcours d’un kilomètre et demi, avec des grilles tout autour, après avoir été fouillés, leurs banderoles saisies, ni casque, ni foulard, même pour les journalistes (ceux de Taranis news ont été enchristés d’entrée), et même une béquille (et tant pis pour les handicapés qui voulaient défiler, z’avaient qu’à rester à la maison, ces cons là).

Pendant que de dangereux énergumènes étaient arrêtés avant même d’entrer dans la cage,  les militants de la cégète, eux, ont distribué des fleurs aux poulets :

la CGt révolutionnaire

et leur « service d’ordre » a donné un coup de main pour canaliser un peu les abominables gauchistes inconscients qui trouvaient que c’était pas très marrant de manifester comme lors d’une promenade dans une cour de prison. Ou comme dans un zoo, mais sans qu’il soit même permis de leur jeter des cacahuètes.

Alors voilà, Hollande a raison.

Parce que quand il y a une manif, plus personne ne s’en aperçoit.

Written by Gavroche

23 juin 2016 at 17 h 31 min

La convergence des luttes ?

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Lu dans Politis ce matin un article gentillet, au sujet de « la place de la République privatisée » (par la maison poulaga).

L’article n’est pas franchement virulent, et s’il qualifie Alliance de « syndicat corporatiste », il met en avant Eric Coquerel, un des big boss du Front de gauche, présent sur place (en bonne compagnie… de CRS et de FN réunis) … et les gentils policiers de la CGT, qui eux, veulent « parler avec les gens ».

On a pourtant constaté récemment (c’était les 12 et 17 mai, à Paris) comment le « SO » de la cégète et de FO envisageait le dialogue avec « la racaille ». Musclé, et à coup de barres de fer.

Ici, le 12 mai :

Et le 17 (à partir de 12 mn)

On entend quelqu’un leur crier : « la classe ouvrière, elle est où ? »

Médiapart a d’ailleurs consacré un article sur ce sujet, c’est .

Et comme je suis bonne fille, c’est aussi là : Service d’ordre syndical contre casseurs

Et puis, dans l’article de Politis, je lis ça :

un petit groupe a par la suite incendié une voiture de police, quai de Valmy, alors que deux policiers se trouvaient dans le véhicule. Une enquête a été ouverte pour tentative d’homicide volontaire mais «on ne sait pas à ce stade s’ils en sont sortis par eux-mêmes ou si on les a aidés», a précisé une source proche de l’enquête à l’AFP.

Je suggère donc à « la source proche de l’enquête » de visionner la vidéo qu’on trouve aisément sur le ouèbe. Évidemment, il faudra qu’ils regardent la version originale, et pas celles qui ont été coupées par tous les médias aux ordres :

Il fut un temps où les « services d’ordre » des syndicats protégeaient les manifestants des violences policières. Plus aujourd’hui.

Parenthèse sur une histoire vécue :

Il y a quelques années, lors d’une manif pour nos retraites, à Cahors, on a vu un rassemblement de cégétistes/socialistes et autres rigolos (avec leurs sonos débiles, leurs ballons, leurs drapeaux, leurs slogans à la con, comme quoi, ils n’évoluent pas beaucoup) s’arrêter devant le pont Louis-Philippe, parce qu’il était bloqué par les flics (je me souviens d’un mec en civil, crâne rasé qui jouait avec sa matraque). Et pour cause, juste après le pont, c’était la zone commerciale. Pas question d’aller embêter la maison Carrefour et les cons-sommateurs. 

Comme un seul homme, les syndicalistes ont obéi bien sagement, et ont donc bifurqué au son de la fanfare…

Les seuls qui ont tenté de passer quand même, oh, pas violemment, hein, juste histoire de montrer qu’ils étaient là, c’étaient nos jeunes. Nez à nez avec les flics.   Qui à cette époque sarkozyste, n’étaient pas encore déguisés en robocops. Nos jeunes, abandonnés par toutes ces vieilles badernes, qui ne défendaient plus, finalement, que leur petit pré carré.

J’ai fait la réflexion à un professeur d’histoire (hélas), un « socialiste » qui marchait à côté de moi, « On ne va pas avec eux ? », sa réponse a été : « On ne va pas aller avec ces petits cons, ils sont manipulés par le NPA… »

Alors, avec quelques uns des « vieux », on est allés avec les jeunes, histoire d’être au moins témoins s’ils se faisaient taper dessus… Et je regrette encore aujourd’hui de ne pas avoir mis une grande tarte dans la gueule du prétendu socialiste…

Bref. Pour la « convergence des luttes », on repassera. On ne refera plus la Commune.

Written by Gavroche

20 mai 2016 at 11 h 14 min

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